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16/11/2015 10:37

Au nom du père II : chapitre XX : Petit coup de pouce du destin : L’évasion de Cécile…

 

Au nom du père (Chapitre XX ; Tome II)

 

Petit coup de pouce du destin : L’évasion de Cécile… 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Ça s’est passé deux jours avant, lors de son transfert de la prison vers le centre hospitalier de l’Hôtel-Dieu, l’hôpital situé au cœur de la capitale, coincée entre la préfecture de police, la Cathédrale, le marché aux fleurs, le Palais de justice, le tribunal de commerce et la Seine. 

Le fourgon cellulaire emmène deux détenues à destination de leurs juges d’instruction respectifs et deux autres à l’hôpital, Cécile et Stéphanie Roya, une codétenue souffrant d’une appendicite aiguë qu’il est question d’opérer en urgence. 

L’escorte est « légère » et le convoi entre à Paris par la nationale 20, descend l’avenue du Général Leclerc toutes sirènes hurlantes, puis le boulevard Port-Royal et le Boulevard Saint-Michel vers le boulevard du Palais et le palais de justice. 

L’entrée du fourgon est déjà prête à recueillir ses « visiteuses » par le quai de l’horloge, qui prolonge le quai de Corse, avant de faire le tour de l’île de la cité. 

Normalement, il est prévu de ressortir quai des orfèvres, par le quai du marché neuf, et de pénétrer dans l’Hôtel-Dieu par la rue d’Arcole. 

 

Mais place Saint-Michel, le fourgon est enfoncé par une voiture-bélier déboulant du quai Saint-Michel devant les touristes médusés. Le fourgon, les roues en l’air, n’a pas le temps d’arrêter sa course folle contre le trottoir du « petit-pont », que déjà deux complices sortis de nulle part à moto font sauter les serrures, ouvrent la porte et maîtrisent les deux gardiens de la pénitentiaire enfermés avec leurs prisonnières à l’arrière. 

Des coups de feu claquent. Accompagnés de cris d’hystérie. 

Les portes s’ouvrent. 

Les menottes sont ouvertes en un tour de main et les quatre pensionnaires de la pénitentiaire se retrouvent, sonnées, groggy, à la lumière du milieu de matinée. 

Deux sautent sur deux des 4 motos qui filent déjà vers le boulevard Saint-Germain ou dans la file des bus du boulevard Saint-michel qui remonte vers le sud. 

Cécile et Stéphanie, les deux « sanitaires », sans réfléchir, remontent le flux de voitures congestionné et s’engouffrent dans la station du RER… 

À peine cinq minutes plus tard, le quartier est bouclé, mais trop tard ! 

 

La fuite des « sanitaires » ne progresse pas très loin. Le RER est investi par les forces de l’ordre sans ménagement pour les voyageurs. Elles ont filé par le premier tunnel, au péril de leur vie. 

Pour bifurquer avant d’atteindre la station « Les Halles », de l’autre côté de la Seine dans une galerie d’évacuation des eaux pluviales. 

Qui mènent à une sous-station de relevage d’égouts. Par miracle, leurs poursuivants n’y pensent pas et elles se terrent là plusieurs heures, sans un bruit. 

Sans montre ni aucun repère, c’est à l’aveugle qu’elles rebroussent chemin, alors que les RER se font rares : Ce doit être la nuit, imaginent-elles. 

Stéphanie souffre, mais ne veut pas se rendre. Sauf quand elle a vraiment très mal au ventre, à ne plus pouvoir marcher ni bouger. Pour Cécile, c’est encore plus simple : Entre 90 jours de mitard et la liberté au bout du tunnel, le choix est vite fait. Et c’est elle qui motive sa camarade d’évasion, va chercher de l’eau et des épluchures de grignotage dans les poubelles de la station la plus proche quand la faim tenaille les entrailles. 

Car elles ressortent toutes les deux des voies en montant sur le quai de la station « Port-Royal », franchissant l’enceinte close et vont camper à la belle étoile à l’abri d’un arbre sur un bout de pelouse sèche du square Marco-polo, les jardins de l’Observatoire.

Deux jours de vagabondage, cachées le jour dans les fourrés du jardin du Luxembourg, siège du Sénat, derrière les bâtiments de l’École des Mines, des endroits improbables, du quartier latin, avant de pouvoir chaparder un téléphone portable. 

 

Cécile envoie un texto à Paul : « Évadée. Besoin de toi ! CW ». 

Paul est à Washington, à attendre son avion quand son téléphone vibre. 

Il n’en croit pas ses yeux et met un certain temps à répondre. 

« Pas sur Paris. DSL. Rend-toi ». 

« Pitié. Ve pas retour prison. Help me. STP » 

Puis un autre « STP… », comme d’une ultime prière. 

Ah là… Aider une fugitive, qui plus est une vraie criminelle récidiviste, faudrait vraiment qu’il soit frappé d’inconscience hallucinante pour accepter, dans sa position pour le moins ambiguë et inconfortable… 

Il a un flic aux fesses sur Paris. 

Il décide de jouer un peu, change sa puce SIM et renvoie un texto au numéro entrant : « J’ai quoi en échange ? » 

À tout hasard, Paul forme le numéro de Charles Almont avec cet appareil. Ça sonne dans le vide pour finir par tomber sur sa messagerie. « Charlotte. Vous pourriez me rappeler en urgence ? » 

Nouveau texto. « Te prie. N’importe quel prix. Ta chose. » 

Complétement déjantée. 

Almont rappelle : « Paul ? C’est quoi ce numéro ? Qu’est-ce qui se passe ? » 

Ses agents parisiens peuvent-ils récupérer une épave fugitive qui pourrait bien être utile à leurs desseins ? 

« Non. » Il s’arrête, réfléchit puis annonce : « Vos potes coréens ne pourraient-ils pas s’en charger. D’une pierre deux coups : Ils croiront vous tenir par les couilles ! Ce qui nous arrangerait, finalement, pour l’autre phase du plan ! » 

Pas idiot, en effet. 

C’est au tour de Paul de « penser fort ». « Je vais essayer. Merci ! » 

 

Entre-temps, un nouveau texto. « Paul. Pas de retour prison. Ta bête ou mort ! » 

Elle pète le neurone… La pression de l’angoisse doit être particulièrement forte. 

Là, il répond : « Une seconde » et passe un coup de fil chez lui à Paris, la ligne sur écoute. Ça sonne dans le vide. Il essaye le portable de Miho qui répond. 

« Dis donc, ma douce, tes chefs, ils peuvent recueillir une fugitive pour moi ? »

Elle ne sait pas bien sûr, sauf qu’elle peut demander. On verra bien. 

« C’est un gage. J’accepte même d’aller bosser en Chine quelques jours en échange, si ça les amuse !» 

C’est si important ? 

« Je ne sais pas. Mais essaye. »

Elle essaye pendant l’embarquement de Paul. Il va bientôt devoir couper son portable. 

Sans réponse, il renvoie un texto à Cécile. « Contact de ma part Miho (suit son numéro) et détruis la puce SIM de ton portable après ! » 

« A la vie. A la mort » reçoit-il pour toute réponse. 

L’avion s’ébranle. C’est parti pour 7 heures de vol au-dessus des flots. 

 

Miho attend la réponse de sa hiérarchie, vite mise au courant. Le téléphone sonne : C’est Cécile. 

Miho ne comprend pas tout de ce qu’elle dit, mais finalement fixe rendez-vous à proximité d’où elles se trouvent rue de l’Abbé de l’épée, sous la statue du monument à la gloire des Professeurs Pelletier et Caventou, codécouvreurs de la quinine en 1820, pour dans les deux heures qui suivent. 

Le temps que ça se bouge à son consulat. 

Si elle n’a pas de réponse d’ici-là, ou si la réponse est négative, elle n’ira pas au rendez-vous, tout simplement. 

Dans le cas contraire, elle obéira aux ordres : Ça faisait si longtemps qu’il ne s’était rien passé d’utile permettant de « retourner » Paul. Et là, c’est lui qui propose une collaboration : Impensable ! 

C’est justement ce qui arrête le Lieutenant-Colonel Li à Pyongyang, l’officier supérieur de quart au QG des services. 

Pas bien longtemps : Dans tous les cas, soit c’est un « bluff » et il sera toujours temps de jeter le fugitif à la rue en plein Paris, soit, il est rapatrié au pays pour servir de monnaie d’échange contre ce facétieux et insaisissable De Bréveuil… 

Donc, rien à perdre : Il faut saisir l’opportunité qui se présente et que lui-même offre. 

Il sera toujours temps de jauger la situation, après. 

 

C’est comme ça que les deux femmes sont opérées dans les sous-sols de la délégation Nord-Coréenne de la banlieue Parisienne, l’une d’une appendicite aiguë, l’autre d’un curetage de boucher, avant d’être évacuées quelques jours plus tard sur un cargo à destination de Hong-Kong depuis le port de Rotterdam. 

Pendant ce temps-là, les deux autres fugitives et leurs complices fuient Paris. 

La première est arrêtée au sud d’Orléans en moins de 40 heures, dans une fermette de à l’orée de la Sologne. Et l’autre finit quatre jours plus tard sous les balles des policiers, défendue par deux de ses complices dans la forêt de Compiègne, en limite du département de l’Aisne. 

 

Et Paul rentre à Paris. Son affaire prend un détour inattendu. Miho, désormais le presse de rencontrer « l’agent Hang ». 

Ce qu’il accepte de faire à l’occasion de la visite d’une maison à Marne-la-Coquette au prétexte de s’en rendre acquéreur. 

Le deux-pièces terrasse est de toute façon trop exigu pour lui et sa voisine Nathalie bien trop empressée à récupérer son chat à tout moment de la journée, les locaux du Kremlin-Bicêtre sont en pataquès total depuis quelques jours, et même pas chauffés. 

Et il s’agit d’être prudent. 

 

« Vous remercierez pour moi votre hiérarchie », commence-t-il, les présentations faites en visitant le jardinet discret de la maison de banlieue. 

« Mon honorable correspondant aura l’occasion de le faire lui-même. Nous savons qui vous êtes et j’imagine que vous n’êtes pas sans ignorer que votre vol spectaculaire au-dessus de la méditerranée a éveillé la curiosité de notre grand-voisin. » 

Et encore, il n’a rien vu du prochain vol Aubenas-Orange par les pôles ! 

En bref, ils veulent, comme les autres, savoir de quoi retournent les fameuses céramiques du Nivelle 001. 

« Je vous avertis tout de suite que j’ai de toute façon pour mission d’approcher et de jauger les performances du J 20 de Pékin. Et de rapporter à mes chefs ! À partir de ce préambule, j’ai quartier libre. » 

De l’espionnage ? 

 

« Vous en faites bien autant à l’égard des productions de la MAPEA, notez bien. » 

Mais eux savent rendre service quand c’est nécessaire. 

« Moi aussi ! Parce que le J 20, je m’en moque, vous pensez bien. Je recherche des financements pour mettre au point le Nivelle 002… qui ne s’appellera pas comme ça, mais peut-être Sukhoï 100, Mig 60, J 500, X 90, je ne sais pas encore, ou Airbus-navette, allez savoir. » 

Il s’agit de quoi ? 

 

« D’abord, je vais vous faire une petite démonstration rapidement de ce qu’est capable d’encaisser le 001. La semaine prochaine. Ensuite, j’ai en tête un avion orbital de 150 à 200 tonnes. Réutilisable, naturellement. » 

« L’agent Hang » devait avoir une formation d’ingénieur pour comprendre l’intérêt du prototype. 

« Comment est-ce possible ? » 

 

Assez simplement : Des fusées nettement plus légères mettent en orbite des petits satellites depuis des années à peu près sous toutes les latitudes. 

« Rien d’exceptionnel en réalité. La vraie difficulté, vous le savez sans doute, c’est la rentrée dans l’atmosphère. Or, les fameuses céramiques règlent une partie du problème. L’autre partie tient dans la trajectoire de l’engin au retour : C’est juste un calcul que maîtrisent bien les américains, les russes et même votre grand frère chinois. Mais seule la navette américaine est jusque-là réutilisable ! »

Tout le monde sait ça. 

 

« Et votre gouvernement, pourquoi ils ne vous proposent pas de financer votre prototype ? » 

Réponse évidente : Il n’y a pas d’argent. « Le programme Hermès a été abandonné faute de crédit. Ils ne sont pas prêts de le relancer, d’autant mieux que l’ISS va être abandonnée à son sort dans quelques mois. La conquête spatiale, ça ne fait plus rêver les foules ! » 

Tout ce qu’ils espèrent faire c’est le ZEHST, à l’horizon 2040 ou 2050. « Mes céramiques ne sont même pas essentielles pour développer ce projet ! » 

 

Et le légendaire patriotisme du Capitaine de Frégate Paul de Bréveuil, dans tout ça ? 

« Monsieur Hang, il n’est pas entamé, je vous l’ai dit : Je suis chargé d’évaluer les performances du J 20. Et rien ne m’empêche, bien au contraire d’échanger les résultats de nos travaux avec des ingénieurs et chercheurs d’autres nationalités. On n’est pas aux USA ici, il n’y a pas la même protection des secrets de fabrique des technologies sensibles ! » 

D’autant mieux, qu’en échange, Paul n’a rien à trahir : « La technique des céramiques, je crois me souvenir que ce sont même les chinois qui l’ont exportée partout dans le monde depuis la renaissance ! Il n’y a rien de fabuleusement mystérieux là-dedans. C’est juste l’usage qu’on en fait en aéronautique-spatiale qui est un peu inédit et peut-être le mode de fabrication qui est lui aussi tout juste un peu « astucieux ». À vous de voir ! » 

 

Et la « démonstration » à venir ? 

« Un vol de 12 heures sans escale autour de la Terre par les pôles. J’emmènerai Miho que vous aurez équipée d’une balise : À vous de déployer d’ici la semaine prochaine des navires pour vérifier mon passage du nord au sud au-dessus du pacifique sur l’axe 350/190 par les pôles magnétiques. »

Il en reste la bouche ouverte… 

 

Et les deux fugitives ? 

« Je les récupère. J’en aurai peut-être besoin pour une petite opération de politique intérieure que je vous expliquerai sur place, si vous le permettez. C’est la moindre des choses. Sans ça, vous pouvez les jeter à la mer : J’ai d’autres solutions probables ! »

Pas tout-à-fait content-radieux, le Coréen. 

Est-ce du lard ou du cochon ?

Il lui faut de toute façon en référer à la hiérarchie du camarade-général. 

 

« Mais alors, pourquoi nous les avoir envoyées dans les pattes ? » 

Pour rentrer en contact avec vous et aller jusqu’au J 20. « Vous voyez, je joue l’honnête avec vous ! Votre agent Miho, elle est gentille, mais elle ne bouge pas d’une oreille en attendant vos ordres qui n’arrivent pas. Et pourtant je l’ai gardée au chaud un long moment alors que je pouvais vous la renvoyer depuis le printemps dernier : Mais il fallait bien que je prenne les devants en testant jusqu’où vous étiez capables d’aller et de faire, pour me croire à votre merci, non ? L’occasion s’est présentée, j’ai sauté dessus. » 

Vous n’y êtes pas, à notre merci pense son interlocuteur tout fort qui vient de se rendre compte de cette situation parfaitement inattendue. 

« Effectivement, loin de là. Je ne suis qu’un pion dans une partie qui nous dépasse tous les deux et dont je n’imagine même pas tous les ressorts. Je pose mes conditions à mes chefs. Ils prennent où ils ne prennent pas, je m’en fous. Mais quand ils prennent, je fais. Je compte bien en faire autant avec vos galonnés et vos ingénieurs. »

 

Le Nivelle 002, si le 001 passe bien comme prévu, c’est ce qui l’intéresse et il y revient pour être un peu déstabilisé par l’aspect saugrenu de la situation : Il avait pour mission de « retourner » un brillant ingénieur, capable de faire des vols hypersoniques, lui servir pour ça le couplet « philosophique anti-impérialiste », ou celui des facilités de recherches proposées par son pays et son « grand-voisin » qui œuvrent ensemble pour la paix dans le monde… 

Et c’est lui qui annonce la couleur, son objectif d’espionnage industriel voire même militaire, sans véritable contrepartie technologique ? 

« C’est un projet, je ne garantis rien. Je veux juste aller me mettre la tête dans les étoiles en pilotant le premier vol. J’en meure ou je survis : C’est pour le plaisir de l’avoir fait, c’est tout. Le reste appartient déjà à l’humanité toute entière ! » 

Extraordinaire ! 

Comment Hang va-t-il expliquer ça à sa hiérarchie ? 

 

Miho est vraiment ravie : Elle a servi, enfin, à quelle que chose. Tous ses efforts à maintenir le contact avec son bourreau d’antan qui sont enfin récompensés ! 

Il n’y a plus qu’à confirmer les dires de Paul et attendre les ordres avant de disparaître peut-être, à se faire oublier, ou au contraire à accompagner la suite.

Et la suite, Paul n’étant pas un méchant homme, Mylène étant épuisée par sa journée de labeur, le chat rentré chez les voisines, c’est avec ravissement qu’elle se couche entre ses draps au soir. 

Il lui arrive d’être si doux et si voluptueux, quand il n’est pas énervé par une de ses pouffiasses de passages ou par Mylène et ses humeurs. 

 

(Aparté n° 30) 

 

La suite ne tarde d’ailleurs pas à se faire connaître : Paul est sous étroite surveillance avant l’arrivée d’une équipe de soutien complète. 

Le temps du vol et du décalage horaire : Elle n’en a jamais douté. 

Dès le surlendemain, il file à Aubenas.

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/11/au-nom-du-pere-chapitre-xx-tome-ii.html

 

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15/11/2015 11:15

Au nom du père II : chapitre XIX : Charles Almont vient aux nouvelles

 

Au nom du père (Chapitre XIX ; Tome II)

 

Charles Almont vient aux nouvelles 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Paul prend note des coordonnées de la « Jade » new-yorkaise. 

Il lui présente alors la photo de Lacuistre, son idée derrière la tête depuis son entrevue de province. 

Celui-là, elle ne connaît pas : Normal, un « bande-mou » qui n’use pas de pharmacopée en avait dit Valérie Truyère la pensionnaire de la prison de femmes retrouvée à Beaune avec Charlotte, la vraie. 

Elle peut tout. 

« L’idéal serait que toi ou ta sœur, ça va dépendre de vos âges, le séduise assez à l’en faire perdre la tête ! » 

Pour des photos aussi ? 

Paul ne sait pas encore. « Pour un truc plus tordu. C’est un bande-mou, sans doute éjaculateur-précoce, mais avec un peu de poudre du style viagra et une bonne dose de comédie, vous devriez pouvoir le rendre assez chèvre pour qu’il fasse n’importe quoi ! » 

Dans quel but ? 

Abattre le bonhomme. 

« Vous êtes fou ! Un type qui est rendu amoureux, parce qu’on le fait juter comme jamais, c’est possible. Mais l’abattre derrière, il y a des moyens plus facile ! Pas besoin de le séduire pour ça ! » 

L’abattre politiquement : « Qu’il sorte avec une minette qui pourrait être sa fille, voire de l’âge de sa petite-fille, on laisse faire son boulot à la presse people et il est politiquement mort. Ce sera suffisant. » 

Pourquoi ? 

« C’est un facho-traditionnaliste de la pire espèce. Ça te suffit comme réponse ? » 

100.000 dollars ? Opération que Paul financera à hauteur de 150.000 dollars pour les deux sœurs et elles commencent tout de suite ! Or, Paul n’a pas encore arrêté l’intendance ni le scénario, ce sera pour un peu plus tard. 

Et puis, ayant épuisé le principal sujet de conversation avec quelques mous dépitées, Carine passe aux choses plus sérieuses pour le détendre. 

 

 (Aparté n° 29) 

 

Très talentueuse, la petite Carine. 

Le body-massage à la thaïlandaise fait le plus grand bien à Paul. 

Il faudra qu’il pense à y revenir, pour les détails de son idée. 

Il passe son après-midi à se promener dans Washington : Une ville superbe.

Pour la finir au musée de l’air local : Un musée magnifique, où l’on peut toucher du bout des doigts le museau du X 15, ce prototype fabuleux qui va plus haut que le Nivelle, mais reste moins longtemps que lui en l’air après avoir été largué d’un B52. 

Un petit bijou de technologie des années 60/70. 

Il s’attarde à quelques stands de projets futuristes, la station spatiale, la navette, le projet Orion dévoilé il y a seulement quelques semaines est déjà installé en maquette. 

On peut même y mirer que le bouclier de protection de la capsule de rentrée atmosphérique qui est doté de 4 tuyères de moteurs fusées posés en diagonale. 

Un bouclier thermique conçu par Boeing en collaboration avec le « Ames Research Center », de cinq mètres de diamètre qui devra résister à des rentrées atmosphériques de 27.000 km/h lors de retours de l'ISS et de 40.000 km/h lors de retour de la Lune, ce qui équivaut à une chaleur cinq fois supérieure à celle d'une orbite basse. Le contrat de 14 millions de dollars a été signé en septembre 2006 avec Boeing qui en connaît donc plus que ça sur l’usage des céramiques. 

Paul n’a vraiment rien à leur apprendre. 

 

En revanche il note les séquences : Le premier étage hisse le lanceur et sa charge utile jusqu'à approximativement 66,7 kilomètres d'altitude, à une vitesse de Mach 4,5 (1,5 km/s). Exactement ce que sera capable de faire le « Nivelle 001 » dans quelques jours, et que devra faire le porteur du « 002 » avant de larguer ses boosters et d’étouffer ses statoréacteurs. 

Après séparation le premier étage tombe en chute libre jusqu'à 5 km d'altitude puis est freiné d'abord par un parachute pilote puis 3 parachutes principaux avant de plonger dans l'océan. Il est récupéré pour être remis en condition et préparé pour le lancement suivant. Le porteur planera jusqu’à un aérodrome de dégagement. Quitte à rallumer son turbo pour allonger sa portée. 

Leur deuxième étage non-récupérable est allumé durant 465 secondes, propulsé par le moteur J-2X développant 130 tonnes de poussée pour injecter le vaisseau Orion sur une trajectoire orbitale (60 km x 300 km, pour une mission à l'ISS). 

Il serait détruit par la rentrée dans l'atmosphère. 

Le « 002 », plus léger, pourra être intégralement récupéré. 

Et pour rejoindre la station spatiale internationale ou le véhicule EDS, le vaisseau Orion utilisera le moteur de son module de service, pour circulariser son orbite, et rejoindre sa destination, ou pour « décrocher » et revenir se poser comme une capsule Apollo.

 

Au retour vers son hôtel, alors qu’il s’apprête à faire ses bagages et rentrer par l’avion du soir, pendant qu’il règle ses formalités de départ, il est intercepté par des sbires du directeur Almont qui poireaute au salon de l’hôtel. 

« Eh alors, Monsieur mon meilleur agent : On passe en ma capitale sans s’annoncer, sans même une petite visite de courtoisie, juste pour s’envoyer en l’air avec une compatriote ! » fait-il en français pour qu’on ne les comprenne pas alentour, avec un large sourire et une franche poignée de main. 

On les laisse deviser devant un bourbon trop jeune. 

« Pas du tout Charles ! Je bosse pour vous, là. Mais je crois que je viens de me manger un râteau. Ma « petite-cliente » est déjà cliente de notre bonhomme et refuse de m’aider. De ce que je peux en comprendre. » 

Une question d’argent ? 

Une question de principe. 

« Où allons-nous si même les dames de petite vertu ont des principes ? » 

En attendant, il remercie le directeur de la CIA pour ses interventions en haut-lieu qui lui permettent de « respirer un peu ». 

Où en est-il ? 

Le vol du Nivelle se prépare pour la semaine prochaine. « On vous fait un tour du monde sans escale par les deux pôles ! » 

Que l’autre en tire un sifflement aigu d’admiration… 

« Pas trop dangereux ? » 

Si, si les russes leur tirent dessus par-dessus du détroit de Béring.

Il s’arrangera pour envoyer des patrouilles de F 15 dans le secteur et communiquera la position des bâtiments de la flotte du Pacifique, à utiliser en cas de pépin… Parce qu’un vol aussi long sans aéroport de dégagement, c’est quand même risqué. 

« Ne vous faites pas, je suis le spécialiste de l’amerrissage ! » lâche Paul en forme de boutade. 

 

Pour reprendre la main, Almont lui demande qui était ce type qui l’escortait jusqu’à Chicago : « Un porte-flingue détaché des services pour me fournir de faux papiers. Ils me surveillent de loin, comme ça ! Mais gentil et efficace, le Monsieur. Un ancien flic. » 

Et le but de son voyage jusqu’à L.A. ? « Quand même pas uniquement pour faire le vernissage de vos deux « broutes-minous ? » » 

Délicat… 

« Non ! J’ai à liquider la succession de Lord McShiant pour les beaux-yeux de Lady Joan. Vous connaissez, je crois. Elle va avoir des faux-frais, puisqu’elle est enceinte et va se marier à un lord ruiné par les bonnes affaires de la City… » 

Mariée et enceinte, mais quelle heureuse nouvelle : « Ça va lui faire mettre un peu d’eau dans son vin, comme vous dites ! Vous n’y êtes pour rien, je présume ? » 

Que va-t-il s’imaginer : Elle coule des jours heureux pour avoir enfin rencontré l’amour de sa vie, le vrai, puisque ce n’est pas un mariage de fric, comme le premier ! 

Et pour reprendre : « Donc, j’en suis à tenter de nouer des contacts avec quelques-uns de vos compatriotes pour vendre quelques actifs et payer tout ce beau monde, mais je rentre un peu déçu. Parce que j’espérais aussi serrer la pince à Richard Branson au Nouveau-Mexique pour lui parler du « Nivelle 002 », histoire de voir de quoi a l’air son engin. Mais là aussi, j’ai fait choux-blanc. » 

Il y a d’autres moyens pour financer le « 002 » : « Je sais, mais vous savez aussi qu’après mon tour du monde sans escale, vous allez m’organiser une petite tournée triomphale à me faire rencontrer vos meilleurs industriels. Je vous préviens, je facture à la conférence ! J’ai plus de fric, moi… 

Et j’ai loupé de jouer mon « ticket-chance » auprès de Lady Joan qui n’en pince que pour les vieux. Et ruinés comme moi de préférence ! 

Que vous, vous savez que c’est pour mieux appâter qui vous savez pour aller fouiner dans leurs usines. N’est-ce pas ce que vous souhaitiez en retour de la fin de mes emmerdements ? » 

Certes : Un bon plan. 

Quoique justement, Paul Allen, un des cofondateurs de Microsoft®, est sur le point de signer un accord avec la Nasa pour un porteur de 500 tonnes devant emporter 250 tonnes de charges vers 9.000 mètres, à partir d’un hexa-réacteur depuis le Nevada. 

« Un projet plus intéressant… J’essayerai de vous le faire rencontrer à l’occasion. Enfin, plus exactement le dénommé Burton qui a dessiné le zinc de VirginGalactic et qui bosse sur ce projet. Ils se sont fixés en Alabama à Huntsville. » 

Une vraie mine de renseignements utiles, les services de la CIA. 

 

« À propos, on dit dans votre pays que la première dame de France pourrait bientôt être enceinte. Vous n’y êtes pour rien là non plus, je présume… » 

Bé si justement ! 

« Figurez-vous que j’ai fait passer par Monsieur Albert, un prothèse rallongeant le pénis de Monsieur. C’est rustique, mais il paraît que ça marche quand on use de la bonne position du Kâma-Sûtra. Celle de la « levrette-piquée » ! » 

Pas possible ? 

« Mais bon, ça me paraît un peu trop rapide pour que ce soit ça, si elle est vraiment enceinte. Mon « cadeau de mariage » ne date que de la semaine en huit. » 

Almont cesse de rire et reprend : 

« Elle n’y est pas encore : Elle a juste pris plusieurs rendez-vous avec ses toubibs pour se faire « régler » ses poussées d’hormones comme il faut ! Elle se fait tester seulement une fois par semaine, mais c’est toutes les semaines depuis quelques-temps : Elle va y arriver, j’en suis sûr ! Ce sera la fin définitive de vos « emmerdements », comme vous dites. Mais ne me laissez pas tomber pour autant en route pour le reste, hein ! » 

Il va toujours au bout dans ses missions, une fois qu’il les a acceptées : Il devrait savoir ça, le boss-Europe de l’agence. 

 

De toute façon, le projet de vol circumterrestre est trop avancé pour ne pas aller plus loin. « Vous savez quoi, c’est mon ancien amiral qui m’a suggérer ce coup-là comme d’une idée à lui ! » 

Ils en rigolent. 

« Tout le monde est docile quand on pense à sa place. On a les même chez nous, figurez-vous. » 

Et la coréenne ? 

« Bé je me tâte à l’emmener : Elle est toujours aux ordres des services de Kim Jong Il, à ce que je sache. » 

Et correspondante des alter-ego chinois. 

« Si tout fonctionne comme nous l’avons prévu, vous devriez vous retrouver tôt ou tard à Chengdu, la capitale de leur belle province grenier à riz du sud, à portée de Hong-Kong. C’est là qu’ils ont leur école de l’armée de l’air. Leurs usines sont plus au nord. On verra s’il vous y emmène.

Mais ce n’est pas sûr : On surveille ça comme on peut. 

Si tel est le cas, notre « honorable correspondant » est une des rares femmes totalement intégrée et de type caucasien du pays : Vous ne devriez pas la louper. » 

Une ingénieure qui bosse chez le motoriste local, d’origine allemande avec un fort accent teuton, formée aux USA. Une apatride, mais loyale : « On lui donne des nouvelles de ses grands-parents assez régulièrement, des ex-nazillons récupérés des usines de V2 qui ont survécu à nos bombardement en 45, et qui sont venus s’installer chez nous avec les équipes de feu Von Braun. » 

Le père du programme Apollo. 

Elle a épousé un étudiant chinois au MIT pendant ses études, qui travaille sur place depuis et lui a fait deux enfants. 

« Normalement, elle est toute dévouée à sa patrie d’adoption, mais revient de temps en temps en Floride. Et ce n’est jamais sans être débriefée discrètement mais sérieusement par nos services, sans qu’elle ne s’en plaigne et avec bonne volonté, malgré les risques. 

L’ennui, c’est qu’elle ne peut rien sortir de Chine pour être radiographiée, fouillée et isolée avant chaque départ, et on compte sur vous pour qu’elle vous refile quelques nouveautés sur microfilms. 

À vous de vous débrouiller pour ne pas vous faire piquer avec ça sur vous : Vous pourriez ne jamais revenir de votre séjour ! » 

Charmant…

 

Et comment déjoue-t-il ce genre fouille ? 

Juste avec un sourire niais ? 

« À vous, ils n’imposeront pas un isolement. Vous avalez le bidule et on le récupère dans vos sels à votre retour. » 

Un coup à serrer les fesses, s’il ne chope pas la tourista avec autre chose. 

« C’est un risque à prendre. Mais mieux que ça, comme ce sont des joueurs, ils sont encore capables de tenter de vous piéger grossièrement. 

Donc rappelez-vous, une grande blonde aux yeux bleus en uniforme maoïste de rigueur. 

Son code c’est « Lulu », le vôtre c’est « Monsieur Paul » et votre mot de passe réciproque de reconnaissance et en français exclusivement sera : « Comment se porte la tour Eiffel ? » Ce à quoi vous répondrez : « Elle étincelle de mille feux tous les soirs pendant 10 minutes ! » Le tout en français dans le texte, hein ! » Ce qui est vrai et qui reste magnifique.

« De toute façon, elle ne parle pas d’autres mots de votre langue à part oui, non, bonjour, merci. » 

 

Paul prend congé. Dans le taxi, il pense à appeler la « belle Florence », celle de ses retrouvailles californiennes. 

« Je suis vraiment navré, je suis obligé de repartir en Europe sans vous avoir invité à déjeuner… »

C’est dommage, elle lui aurait bien fait visiter sa couche, enfin non, ce n’est pas ça qu’elle voulait dire, sa table à dessin, enfin non, pas comme ça !

Bref, elle regrette aussi, quoi ! 

« Et que diriez-vous si c’est moi qui vous invite à Paris ? J’y aurai peut-être un bâtiment à aménager après travaux et un autre à retaper… » lui offre-t-il en pensant aux locaux qui servent d’entrepôt à whisky où se démènent Mylène, Miho et « DD » pendant qu’il fait « touriste », et aux diverses baraques que cette dernière visite en permanence pour son futur restaurant, comme lui a promis Paul pour la motiver au conditionnement des caisses de bouteille. 

Là encore, elle est marrie de la proposition : Elle ne peut pas, elle a trop de travail à finir avant les fêtes de fin d’année. 

Enfin, non, ce n’est pas ce qu’elle veut dire : Elle serait ravie. 

« Oh, de toute façon, ce ne sera pas avant le début 2011 : Rien n’est encore financé, ce sont des projets ! » 

Alors, dans ce cas, comment refuser ?

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/11/au-nom-du-pere-chapitre-xix-tome-ii.html

 

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