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12/09/2017 13:39

Décryptage (2) : Conférence des Ambassadeurs.

 

La vision jupitérienne du monde

 

Le reste très étonné, et à plus d’un titre, par les discours de « Mak-Rond » et notamment celui du 29 août dernier devant vos ambassadeurs. D’autant que si vos commentateurs habituels n’ont retenu que ce « qu’on » leur avait demandé de retenir et de rapporter, on y trouve en réalité la trame, certes, à l’état de « traces », de la « pensée-dominante » qui va marquer le quinquennat, comme autant de brins d’un « fil-rouge » inquiétants.

D’autant mieux qu’il a remis le couvert à Athènes pour invoquer ses ambitions européennes. Un discours heureusement plus « soft » et encore plus complexe à décrypter.

 

Reprenons : « Cette conférence des Ambassadeurs » s’inscrit « sous le signe du changement profond ». « (…) je ne parl e pas seulement de mon élection. Je décris l’état d’esprit de nos concitoyens qui ont placé au deuxième tour deux candidats proposant de revoir radicalement la façon dont la France a été gouvernée ces 30 dernières années ».

Voilà, tout est déjà dit…

« Pour ma part, j’ai choisi la voie d’une France reprenant son rang parmi les Nations en Europe, répondant aux défis du monde actuel et faisant entendre clairement son point de vue. »

Pour être clair : « C’est l’ordre de 1989 qui est aujourd'hui bouleversé. Un ordre fondé sur la mondialisation devenue ultralibérale et l’hyper puissance d’un seul État. »

1989 : Il n’avait que 11 ans, n’était pas encore baptisé, le mur de Berlin s’effondrait, la guerre du Koweït allait commencer…

Se souvient-il vraiment ?

 

« Nous avons aujourd'hui le devoir de refonder un ordre collectif, stable et juste, avec nos alliés et tous nos partenaires. Pour refonder cet ordre du monde, la diplomatie de la France doit s’articuler autour de trois axes forts : notre sécurité qui se conjugue avec la stabilité du monde ; notre indépendance qui impose de revisiter les termes de la souveraineté y compris européenne ; enfin notre influence qui va de pair avec la défense des biens communs universels. »

Quatre surlignages passés inaperçus dans la presse d’opinion…

 

« Nos concitoyens attendent bien entendu de l’État qu’il garantisse leur sécurité (…). Cette exigence est profonde, elle est viscérale et nous devons y répondre sans faiblir (…). Je veux une France porteuse de solutions et d’initiatives lorsque se profilent des crises nouvelles et une France capable aussi bien de se faire entendre au niveau mondial que d’intervenir auprès des organisations régionales (…). Assurer la sécurité de nos concitoyens fait de lalutte contre le terrorisme islamiste la première priorité de notre politique étrangère. »

Là, tout le monde aura repris l’injonction : Pas de problème, vous en êtes informés.

On vous a même rebattu les oreilles du détail des « méthodes » diplomatiques envisagées : Je passe, tellement cette partie du discours a été abondamment commentée notamment autour de la notion des « trois D, Défense, Développement et Diplomatie ».

Juste une aparté pour signaler une référence appuyée à la « CISA et son logiciel BBR » (une pure invention romanesque de l’auteur de ce blog, mais qui prend décidément corps) : « (Une défense et expertise) dans la nouvelle dimension cyber, parmi les toutes premières au monde, la première en Europe, qui protège la France, mais aussi notre continent. »

« Si la sécurité s’impose comme une priorité c’est parce qu’elle est le socle du deuxième axe que j’assigne à notre diplomatie, celui de l’indépendance (…). L’indépendance, dont il est ici question, n’est pas celle des souverainistes se réfugiant derrière des frontières qu’ils espèrent hermétiques, c’est celle qui permet de faire entendre à la France sa voix, de faire valoir ses intérêts sur la scène internationale, celle qui permet d’influencer le cours du monde au lieu d’en être l’otage. Celle, enfin, qui permet de n’être pas l’obligée des hyper puissances, mais leur interlocuteur, c’est pourquoi le multilatéralisme est, à mes yeux, un des instruments de notre indépendance (…). Le lieu de notre souveraineté aujourd’hui c’est l’Europe»

Nous y voilà. Et il le redira le 7 septembre…

 

« (…) Ce que nos concitoyens attendent de l’Europe, c’est qu’elle les protège, du cours du monde, c’est cela la légitimité du Léviathan (… cette) protection, que nous mettons en œuvre depuis 4 mois maintenant, se tient en quatre axes.

– La protection des travailleurs, qui s’articule avec les réformes que nous conduisons dans nos pays, et à ce titre la révision des règles du travail détaché.

–  La réforme du droit d’asile et la coopération européenne en matière migratoire (…).

– La définition d’une politique commerciale et d’instruments de contrôle des investissements stratégiques dans un esprit de réciprocité.

– Enfin, le développement de l’Europe de la défense. »

« (…) Parce que, aujourd’hui c’est une refondation qu’il nous faut engager, car notre conviction européenne nous oblige (…) à ne pas laisser l’exigence de changement et le besoin de protection aux nationalistes de tous bords. Elle nous oblige à honorer la promesse initiale, qui a recousu notre continent après-guerre, la paix, la prospérité, la liberté. »

Une conviction forte chez lui, puisqu’il y reviendra à Athènes, avec toutefois d’autres mots.

 

« (…) Je crois que le référendum français de 2005, qui ensuite nous a fait tant hésiter sur tout nouveau mouvement sur l'Europe, et ce qui vient de se passer en Grande-Bretagne, montre que le temps d’une refondation de l’Europe dans les cercles fermés, ou quelques cénacles autorisés, est terminé. »

Là, j’aime bien : Il serait en effet temps que qu’on en finisse avec les incertitudes nées il y a 12 ans de ça. Nos gosses ont besoin de savoir et de visibilité.

Des choix ont été collectivement fait à l’époque – et même depuis Maastricht – il s’agit de les assumer bon gré-mal gré.

 

« (…) Le Brexit doit nous amener à deux réflexions essentielles : quand l’Europe n’est qu’un marché, elle finit par être rejetée, c’est pour cela que nous devons rebâtir une Union ambitieuse et protectrice (…). Nous devons penser une Europe à plusieurs formats, aller plus loin avec tous ceux qui souhaitent avancer, sans être entravé par les États qui désirent, et c’est leur droit, avancer moins vite ou moins loin (…). Nous devons là aussi retrouver cette ambition initiale.

(… L’Europe) c’est un principe de convergence, c’est une volonté d’aller dans une même direction, d’avoir une ambition commune, d’être capable de discuter sur nos standards communs, pas d’aller chercher le moins-disant social, le moins-disant fiscal, le moins-disant en termes de protection, parce que nous connaissons à peu près, à ce sujet, la fin de l’histoire. »

Là encore, cet aspect-là de ce discours-là, a été abondamment commenté : Je n’y reviens donc pas.

 

(…) « Lorsque nous regardons le monde autour de nous, une évidence nous frappe, l’Europe est un des derniers havres où les idéaux des Lumières que sont la démocratie élective et représentative, le respect de la personne humaine, la tolérance religieuse et la liberté d'expression, la croyance au progrès, sont encore largement partagés, et nourrissent encore un horizon collectif. Ces idéaux, je les appelle nos biens communs (…).Notre premier bien commun c’est notre planète. (…). Le deuxième bien commun est la paix, celle qui permet de choisir sa vie, de construire sa trajectoire, de fonder une famille, de rêver tous les rêves possibles (…). Notre troisième bien commun, ce sont la justice et les libertés (…).Enfin, notre bien commun c’est la culture (…).

La solidarité universaliste que la France déploie dans la défense des biens communs de l’humanité repose sur une condition : que la France elle-même offre au monde un modèle désirable. »

Là, les commentaires sont moins nombreux sur la toile et c’est normal : Il y a consensus général sur ces points depuis plusieurs siècles. C’est notre côté « universaliste »…

Et puis je vous passe également l’exposé de ses ambitions quant à la francophonie, l’attractivité du pays (100 millions de touristes, 300.000 étudiants étrangers), etc.

 

« C’est l’enjeu des transformations que nous voulons mener (…), parce qu’il revient à la France, dans ce nouveau jeu mondial, de définir un nouvel humanisme au cœur des mutations, qui affectent l’idée même que l’on se fait de l'humain. »

Moi, vous le savez, quand j’entends parler « d’humanisme », me revient immanquablement le souvenir de cet ex-commissaire de police, devenu expert-comptable (parce que sa femme ne voulait pas qu’il prenne des risques insensés) se présenter à moi, patron du service fiscal d’un des majors du moment, comme un « humaniste ».

Comme je ne pigeais pas bien – j’étais encore « jeune-kon » – il m’a dépucelé sur le champ : « Franc-maçon » !

Bon, je n’ai toujours rien contre les « minorités-agissantes », mais je reste marqué à vie.

Et comme depuis, j’ai enfin été « déniaisé » (mais il semble que j’ai été encore le dernier à en être averti, comme n’importe quel cocu), information confirmée-recoupée de façon certaine, après nombre de références disséminées durant sa campagne électorale, c’est désormais une certitude : Membre de la « Fraternité verte » après avoir fréquenté celle d’« Atlantis Aletheia », qu’aurait fréquenté également « Tagada-à-la-fraise-des-bois », l’ex-capitaine du pédalo, « Manu » est passé sous le bandeau !

Mais il paraît qu’il ne paye plus sa cotisation… 

 

Enfin, après avoir rendu hommage à tous les personnels, le bouquet final : « Au-delà de la sécurité, au-delà de la souveraineté, la France a besoin de faire entendre son identité, elle a besoin de savoir qui elle est et qui elle veut devenir, elle a besoin de diversité, d'humilité et de fierté, car la France, si elle en a la volonté et s’en donne les moyens, conservera toujours une voix originale dans le concert des nations, une voix d’expérience et d’espérance, aspirant à un ordre multilatéral de progrès et de justice, soucieuse de toutes les crises, attentive à tous les enjeux globaux, environnementaux, numériques, de développement.

En ce sens, nous sommes une puissance grande par ses ambitions, grande par ses idéaux, grande par ses espérances, et nous devons pleinement l’assumer, et c’est le cœur de votre mission. Pour cela, la diplomatie française doit être globale, conjuguant économie, défense, éducation, culture, environnement, c’est la clef de son rayonnement.

Je vous remercie. »

Applaudissements nourris…

 

Magnifique, n’est-ce pas ?

La façon dont tout cela est amené, comment c’est énoncé, tel que ça emporte l’adhésion, voire la ferveur, avec une telle fluidité et en conformité avec ces considérables initiatives internationales dont il nous a gratifié dès les premiers jours de son quinquennat et durant tout l’été, c’est remarquablement bien emmené, empaqueté…

Mais ça mériterait quelques explications : Il va où, là, « le chef » ?

 

Décodage : Vous aurez noté entre autre que selon lui, il n’y a plus de souveraineté … ni populaire, ni en « Gauloisie-démocratique », ni en Europe, donc ni démocraties nationales ni supranationales. Si l’on pousse un peu plus loin, il n’y aurait pas non plus « d’Intérêt collectif » ni de République, mais un catalogue de choses et d’idées (qu’il énumère) composant « des biens communs ».

Globalement, le boulot des ambassadeurs n’est plus de défendre les valeurs et intérêts de leur pays, mais trouver des « opportunités d’agir », probablement au nom du « Léviathan européen ».

Un pur esprit « transnational », mondialiste…

Tout simplement parce que « notre souveraineté, c’est l’Europe » et seulement elle : Basta, exit le « souverainisme-gnan-gnan » de Dupont-la-joie et autre « Marinella-tchi-tchi » : Ils se trompent tout simplement de dimension !

 

Certes, l’Union Européenne est un monstre, « un Léviathan » en présume-t-il. Elle n’a pas de légitimité populaire, mais devient légitime et acceptable, voire désirable lorsqu’elle protège ses ressortissants. Dans son format actuel, elle est dominée par le couple franco-allemand. Lui et la chancelière « teutonne » peuvent donc, ensemble, la gouverner.

Et on comprend mieux son voyage en Pologne pour aller agresser ce pays qui ne demandait rien, alors que les allemands voisins ne le peuvent pas au regard de l’Histoire, et y parler en tant que représentant implicite de l’Union, jusqu’à insulter son Premier ministre et lui rappeler que son pays n’est pas pleinement souverain.

Comme tous les autres « tenus » par les traités européens…

À bon entendeur !

 

D’ores et déjà, avec la chancelière, il a décidé d’agir dans quatre domaines :

– Ces objectifs déterminent évidemment les politiques nationales de chacun des États membres, y compris la « Gauloisie-non-démocratique ». Comme exemple, les ordonnances sur la réforme du Code du Travail exactement conforme aux instructions arrêtées depuis longtemps déjà par les fonctionnaires de Bruxelles ;

– La coopération européenne en matière migratoire qui fixe les seuils d’hospitalité permettant de faire fonctionner l’industrie allemande, avec la réforme du droit d’asile qui fixera la capacité d’accueil au sein de l’espace Schengen et l’effort de coopération avec le continent africain ;

– Enfin l’Europe de la Défense intégrant les armées de l’Union probablement au service des ambitions de l’Otan ;

– Et in fine, un ministre européen des finances, dernier refuge de la souveraineté nationale, et sa capacité, sa légitimité à lever des impôts…

Tout cela transparaît entre les lignes dudit discours sans jamais apparaître.

Du grand art !

 

Pour faire avancer l’Union européenne, on en déduit que le couple « Gauloisien-Teuton » organisera vraisemblablement des coopérations renforcées sur différents thèmes, en choisissant leurs partenaires « à la carte ». On conservera alors le principe de décision à l’unanimité, mais uniquement entre États présélectionnés comme étant déjà d’accord entre eux.

La méthode de « Beau-Raie-l’eau » (suivre les liens internes), rien de plus…

« La démocratie élective et représentative » ne s’appliquera qu’au niveau local (communautés de communes et régions administratives, les communes et les départements étant appelés à disparaître depuis « Tagada-à-la-fraise-des-bois ») puisqu’il n’y aura plus de souveraineté nationale, forcément.

« Le respect de la personne humaine, la tolérance religieuse et la liberté » devront être probablement compris au sens de la Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, et probablement plus à celui de la Déclaration de 1789 pourtant placée en préambule de la Constitution.

« La croyance au progrès » (un vieux thème récurrent de tous les « humanistes ») permettra également de mobiliser les énergies des ressortissants européens, là où le morcellement de nations-lilliputiennes ne pourrait pas suivre…

L’union fait la force, dit-on.

 

Puisque depuis la chute du Mur de Berlin et la fin programmée des souverainetés nationales, il n’y a plus d’ennemi conventionnel et, si l’on suit le raisonnement, le pays n’aura vraisemblablement plus besoin d’armée pour défendre son territoire. En revanche, elle doit faire face à un ennemi non-conventionnel, le « terrorisme islamiste », qui exige à la fois une police omniprésente et une armée de projection capable d’intervenir dans les foyers de terrorisme à l’étranger : La Syrie et l’Irak d’un côté, la Libye et le Sahel de l’autre.

C’est évidemment ce changement d’objectifs, manifestement pas intégré par « Deux-Villes-Liées » qui a conduit à la démission de son chef d’état-major des armées à peine confirmé dans ses fonctions quelques jours auparavant.

Il reste à réformer la police.

 

La lutte contre le terrorisme, c’est aussi l’asséchement de son financement. Le terrorisme n’étant pas seulement des « hommes-à-la-manœuvre » mais une méthode de combat, les attaques de Daech contre « nos intérêts, nos vies, notre peuple », la paix en Irak et en Syrie constitue « une priorité vitale pour la France ».

D’où le changement de méthode en cours depuis le mois de mai : Certes, Paris « avait (été)mis à l’écart » des négociations d’Astana, mais notre diplomatie fait aujourd’hui « avancer concrètement la situation » en discutant, un à un, avec les participants des réunions Astana.

« Manu » les aura convaincus d’adopter l’objectif fixé de longue date par le président « Haut-Bas-Mât » : L’interdiction des armes chimiques et l’accès humanitaire aux zones de conflits. Enfin, « Manu » a créé un « groupe international de contact » qui se réunira à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Onu autour de « Le-Riant ». Le retour de la Syrie dans un état de Droit « devra s’accompagner de la justice pour les crimes commis, notamment par les dirigeants de ce pays ».

Aïe, Rambo est au coin du bois…

 

Ce n’est qu’une première approche mais assez significative : Il faudra beaucoup de temps pour tirer toutes leçons de la vision du monde du président « Jupitérien ».

Le point le plus important restant probablement que le temps de la souveraineté populaire est passé aussi bien pour les « Gauloisiens » que pour les Européens en général. L’idéal démocratique peut se poursuivre au niveau local, mais devient vide de sens au niveau national.

Enfin, sa conception de la « chose-publique » (la « Res-publica ») semble également d’un autre temps. Jusque-là, il s’agissait de servir un intérêt collectif. Certes, « Mak-Rond » évoque la Justice et les libertés, mais c’est pour immédiatement placer ces nobles idéaux au même niveau que des objets, comme la Terre et les produits culturels marchands.

Curieuse démarche qui pourrait finalement se révéler « majeure » avec le temps.

Doit-on en conclure que la République est morte (ou seulement mourante) ?

Celle que nous connaissons, probablement – la loi de moralisation de la vie politique est bien là pour nous le rappeler – et va évoluer certainement vers une révision assez sublime de sa constitution, pour en revenir probablement au texte originel : Toujours la méthode de « Beau-Raie-L’eau ».

Vous verrez : Nous en reparlerons ultérieurement et si tout cela se confirme, vous serez en plus priés de lui dire « merci ».

 

I 3

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2017/09/decryptage-2-conference-des-ambassadeurs.html

 

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11/09/2017 22:56

Le monde fantastique du « Brexit »

Londres

 

En réalité, je suis arrivé en Angleterre en fin de semaine avant-dernière, envoyé en mission par « mon boss-à-moi » pour monter une « antenne-sous-marine » à lui au cœur de la capitale de l’empire britannique.

J’estime ne pas être le mieux placé dans « la boutique » pour le faire – mon anglais des affaires est bien trop exécrable, voire totalement nul ; ils conduisent « à l’envers » et même si les trottoirs sont bien balisés, j’ai du mal à m’y faire ; les steaks de vache grillés ne sont pas leur tasse de thé ; mais ils ont amélioré leur façon de faire des expresso – et puis je me plaisais bien en « vénitie » et son doux-climat.

Ceci dit, je n’avais plus rien à y faire non plus : Je ne suis pas né « banquier » ou « gestionnaire de fortune ». Je reste seulement « juriste-fiscaliste » et « analyste » de situations fiscales, financières et économiques compliquées.

Rien de plus actuellement, même si je ne dédaigne pas « redresser » et réorganiser une activité entrepreneuriale, loin de là.

 

Mais tous les autres « boys-du-boss » sont connus à la « City & environ », parce qu’ils y ont des « correspondants » de longue date et quotidiens et pas moi : À la limite, je peux passer de façon très crédible pour le « puni de service » placé dans un placard doré sur tranche, pas bien dangereux.

Or, « la mission » consiste avant tout à être « discret » pour mieux observer et « renifler » les « coups-à-faire ».

C’est en tout cas le « pari odieux » que fait mon « boss-à-moi » et je présume comme lui qu’il n’a pas totalement tort.

Parce que les britanniques sont tout de même assez spéciaux : Certes, ils conduisent « à l’envers », à contre-sens, du mauvais côté de la chaussée ; certes ils parlent un anglais où tu n’identifies pas le quart des mots qu’ils emploient, à croire qu’ils en inventent rien qu’exprès pour te faire caguer ; mais ils ont fait des pieds et des mains pour rentrer dans l’Europe et ces andouilles-là, ils ne savent même pas comment en sortir correctement !

C’est probablement ça les effets d’avoir bouffé de la vache enragée…

 

Ça fait plus d’un an que contre toutes attentes, le peuple bêtement consulté, a dit « dehors ». Ce qui est quand même dommage, parce que quelques eurodéputés et quelques euro-fonctionnaires vont perdre leur raison d’être, mais qu’en plus le gouvernement britannique ne pourra plus « peser » sur les « décisions-communautaires ».

Notez, que ça va permettre d’avancer peut-être plus vite et de façon plus cohérente dans la construction d’une Europe enfin unie, entre « continentaux ». Toutefois, le « Brexit » pose quantité de questions restant à régler et on n’avance pas bien vite jusqu’à présent.

Les jeunes, quand on vote pour une monnaie unique, il faut de façon impérative « unifier » l’environnement légal et c’est comme ça depuis une éternité.

Z’aviez qu’à pas voter pour Maastricht sur le continent, car tout le reste en découle et je me suis bien plié à la loi de la majorité à ce moment-là, alors maintenant, il s’agit d’aller au bout…

 

D’après ce que j’ai compris de la situation, la classe politique britannique ne sait même plus sur quel pied danser : Quelle sortie, avec quelles options ?

Entre « hard » et « soft » Brexit, les nuances sont nombreuses, d’autant qu’il y a consensus à Bruxelles pour qu’il y ait le minimum de concessions consenties.

Logique : Il s’agit de bien montrer que rien n’est gratuit, que tout a un coût et qu’on ne se dégage pas comme ça d’un écheveau de règles à valeur de traité comme on change de chemise. Les britanniques n’étaient qu’à « demi-entrés », pour en sortir totalement, ça va devoir leur être « compliqué » histoire de faire peur aux candidats entrants quant au niveau d’exigence réclamé, et de bien expliquer, jusqu’à Athènes qu’une sortie, ce n’est pas la solution la plus économique.

Pas de chance pour les britanniques, c’est eux qui se sont portés volontaires pour recevoir en avant-première la piqûre à donner à tous les autres « au cas où » !

 

Je résume : Partisans et opposants à l’UE s’affrontent depuis plus d’un an pour imposer dans les médias leur interprétation des conséquences politiques et économiques du Brexit.

Au Royaume-Uni, les partisans de Bruxelles avertissent que l’incapacité du gouvernement de « Théière-Mai » à sécuriser des liens étroits avec l’UE aboutirait à une catastrophe. Ces derniers espèrent secrètement susciter suffisamment de craintes et de regrets chez les électeurs pour déclencher un nouveau référendum. D’ailleurs, les débats de la loi d’habilitation ont commencé jeudi dernier au Parlement et elle devrait être rejetée en l’état ce soir pour forcer le gouvernement à revoir sa copie dans la journée. Pendant ce temps-là, les manifestations se succèdent dans les rue de Londres, encore samedi dernier, la troisième, en faveur du « Remain ».

Les sécessionnistes cherchent de leur côté à dissimuler l’asymétrie qui caractérise les négociations en cours ainsi que l’absence de stratégie cohérente du côté britannique tout en promettant que la sortie de l’Union européenne ne peut déboucher que sur des résultats positifs quoi qu’il arrive.

Le combat est sensiblement différent sur le continent : Les partisans de l’intégration politique du continent européen se plaisent à déceler partout des signes de ralentissement de l’économie britannique. Qu’importe d’ailleurs si celle-ci est en meilleure santé que la plupart des économies continentales.

Leur but, comme on vient de le dire, est de faire du Royaume-Uni un exemple, et de convaincre les électeurs européens que les Britanniques sont en train de payer un lourd tribut afin d’éviter tout risque de « contagion ».

Les mouvements eurosceptiques encouragent quant à eux leur pays à s’inspirer du Royaume-Uni et ont donc tout intérêt à embellir la situation alors que rien n’est encore joué.

 

Des postures contradictoires ont le défaut commun d’accorder à l’Union européenne une influence trop importante sur la santé d’un pays : Les eurosceptiques imputent à Bruxelles la quasi-totalité des problèmes nationaux tandis que leurs adversaires clament au contraire que l’appartenance à l’Union européenne est une condition indispensable à la prospérité d’un pays.

Des konneries en barre, car la question de la bonne ou de la mauvaise santé économique d’un pays ne dépend pas de son appartenance à l’Union européenne.

L’État-nation reste – qu’on le veuille ou non – l’acteur principal de l’économie. C’est lui qui détient principalement le pouvoir de réglementer et de taxer. C’est donc lui qui détermine si une économie croît ou décline selon la qualité de ses politiques publiques.

C’est pourquoi il existe, dans la Zone euro, des économies en bonne santé (Allemagne, Luxembourg) et en mauvaise santé (Grèce) tout comme il existe à l’extérieur de l’Union européenne des économies performantes (Suisse) ou déclinantes (Russie).

Simple constat.

 

La sortie du Royaume-Uni ne signifie donc pas grand-chose pour la santé de l’économie britannique. Tout dépend en réalité de la future stratégie du gouvernement et de la façon dont elle sera financée à travers la politique monétaire de sa banque centrale.

La question est de savoir si les britanniques vont profiter de la sortie de l’UE pour embrasser une politique économique plus libérale et ouverte aux échanges internationaux, ou au contraire, multiplier les concessions à la frange xénophobe de l’électorat anti-européen, en émettant davantage de restrictions commerciales contre les travailleurs et les opérateurs étrangers.

Le premier scénario serait économiquement favorable tandis que le second précipiterait le Royaume-Uni vers le déclin.

 

Le Royaume-Uni se dirige-t-il vraiment vers le protectionnisme ? Rien n’est encore certain. Beaucoup de commentateurs assimilent la sortie de l’Union européenne à la volonté de se couper des échanges internationaux. Cette interprétation est probablement erronée.

Au Royaume-Uni, les bénéfices du libre-échange et de la mondialisation sont généralement admis. Les principales formations politiques que sont le parti travailliste et le parti conservateur ont déjà fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas réintroduire de nouvelles barrières commerciales.

Il en va presque de même pour le parti UKIP si l’on fait abstraction des politiques migratoires.

« Théière-Mai » semble en effet vouloir conditionner une politique libre-échangiste à la conclusion d’accords commerciaux au lieu de mettre en œuvre une stratégie d’ouverture unilatérale. Compte tenu de la volonté d’un certain nombre d’États de rendre le divorce coûteux sur le plan politique et commercial, de la lenteur habituelle des négociations commerciales, ce n’est probablement pas certain.

 

En attendant, ce qui me frappe sur place, c’est la volonté du maire-local, Sadiq Khan qui ne ménage pas sa peine pour convaincre de l’attrait des bords de la Tamise : Ces gars-là vont se battre pour ne pas disparaître et en fait, il s’agit une fois de plus de financer de façon millimétrique l’accompagnement monétaire de ce rebond « à venir ».

Ce maire-là veut par exemple porter le nombre de visiteurs dans sa capitale de 31,2 millions en 2016 à plus de 40 millions en 2025, soit une hausse de 30 %. Il a aussi pour ambition de faire grimper la dépense de ces visiteurs de 14,9 milliards de livres en 2016 à 22 milliards en 2025. Pour cela, il compte sur le soutient de l’agence de promotion de la ville, London & Partners, et d’une centaine d’entreprises (aéroports, hôtels, association des attractions majeures…).

« Sœur-Âne » la parigote-sur-Seine peut se tenir à carreau avec ses empêchements à la circulation routière et autres difficultés « Mak-Roniennes », même si elle tient un atout avec les JO de 2024.

Mais saura-t-elle en tirer le meilleur parti ? De toute façon, elle ne sera plus là pour les inaugurer…

 

« Pour l’instant, l'état des réservations est bon car la baisse de la livre sterling a engendré un taux de change favorable pour les touristes depuis l’annonce du Brexit ».

C’est exact, mais il a tendance à remonter et atteint probablement et provisoirement son étiage : L’inconnue, je le répète, c’est de savoir quel cap politique va être privilégié et quel soutien va-t-il recevoir de la Banque d’Angleterre.

Rappelons qu’elle a été la première à inventer les QE pour créer de la monnaie ex-nihilo en pagaille en 2008. Et elle reste désormais capable de maîtriser ses taux d’inflation.

Mais que se passera-t-il si les cours glissent sans butoir ?

C’est le pari de mon boss-à-moi… Certes, ça va attirer le touriste, ça va faciliter les exportations mais aussi « durcir » les importations : À un moment ou à un autre, ils en viendront à vendre des pans entiers de leur patrimoine dévalué pour faire les échéances.

Il parie aussi sur la peur des « possédants » acteurs sur les marchés des changes, frileux de garder des disponibilités au frais. Mais là, à mon sens, il se met le doigt dans l’œil, parce que la City, que je découvre, a quelques décennies d’avance en la matière, même si l’exode des « compétences » a déjà largement commencé et n’est pas prêt de se tarir.

Pour l’heure, je prospecte plutôt les actifs les moins liquides, à savoir des terrains agricoles – qui pourraient devenir une mine d’or si la limite nord de la culture de la vigne est repoussée à ce qu’elle était du temps des romains…

 

L’autre « attractivité », c’est justement le « bed & breakfast ». Le tourisme représente 11,6 % du PIB de Londres, contre 9 % pour l’ensemble du Royaume-Uni, et le secteur fait travailler 700.000 personnes dans la capitale, soit 1 emploi sur 7.

Les marchés les plus prometteurs devraient être ceux des touristes chinois – attendu en progression de 103 % d’ici à 2025 –, indiens (90 %), états-uniens et émiratis (43 % de croissance chacun).

En Europe, la « Gauloisie-anglophile » reste le premier pourvoyeur de touristes (près de 2 millions par an) et Sadiq Khan en espère 2,8 millions à cette même échéance.

Et afin d’absorber dans de bonnes conditions ces nouveaux flux attendus, Sadiq Khan veut « étaler les arrivées », en multipliant les événements hors saison, comme cet automne le Design London Festival, le Jazz Festival, ou encore l’exposition Harry Potter à la British Library, et « entraîner les visiteurs en dehors des sentiers battus à la découverte de perles méconnues ».

À l’instar de la Wellcome Collection, musée privé et cabinet de curiosités autour de l’homme et de la médecine, pourtant située à deux pas de la gare de Saint-Pancras, la porte d’arrivée du TGV continental, fréquentée par des millions de voyageurs. 

 

L’hébergement hôtelier doit aussi être renforcé : Aux 146.000 chambres actuellement disponibles, 23.000 supplémentaires devraient s’ajouter d’ici à 2025 (+ 15 %, rien de moins). Côté transports, le métro va bénéficier d’une nouvelle liaison en construction, l’« Elisabeth Line ». Et parmi les chantiers de nature à séduire les touristes dans l’avenir, on peut déjà citer le nouveau quartier sur le Queen Elizabeth Olympic Park, le développement d’un parc à thème par Paramount à Ebbsfleet, et la transformation du Musée de Londres.

Des efforts financiers pour avancer malgré l’inconnue de l’impact du Brexit sur le tourisme d’affaires : « Il n’y a pas de diminution observée à ce jour. Il faudra voir en fonction des mesures précises qui seront adoptées » en disent les analystes.

 

Il faut dire que j’arrive. Mais je ne remplis pas à moi tout seul les « flux du tourisme des affaires », il ne faut pas exagérer non plus l’importance de mon nombril-personnel.

Pour l’heure, je m’informe, collecte et rapporte les rumeurs de marché, j’essaye d’écouter, de comprendre et de lire et je découvre sur Coventry Street, à deux pas de Piccadilly Circus, l’étonnant « M&M’s World » : Imaginez-vous, sur trois niveaux des colonnes transparentes aussi volumineuses que celles de Beaubourg, remplis de bombecs multicolores de ces pustules dragéifiées de chocolat merdique !

Du « poison-violent-pour-diabétique-type-2 » par centaines de tonnes…

Soufflé que j’en fus tellement c’est attractif.

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2017/09/le-monde-fantastique-du-brexit.html

 

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