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29/08/2015 11:23

Mains invisibles II : Chapitre XXVIII : Paul Allen

 

Chapitre XXVIII : Paul Allen

 

Les éclopés

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Effectivement, il y a au moins une raison pour laquelle Paul doit être plâtré : ce n’est pas lui qui va à la rencontre de Paul Allen, son « contact » des projets spatiaux, le cofondateur de Microsoft, normalement prévu pour apparaître en Normandie à l’occasion des commémorations du « D-Day », mais l’inverse.

Il passera même la nuit dans la maison de Florence et de Paul.

« Une vraie bande d’éclopés ! », en dira-t-il en les mirant tous les deux avec leurs cannes.

« Vous passez vos nuits à jouer au Mikado, tous les deux ? »

Drôle…

« Je ne peux même plus marcher normalement, pas conduire, pas piloter, même pas faire du vélo ni courir ! Je m’empâte à ne pas pouvoir faire mon footing matinal ni même piquer une tête en mer. Un vrai handicapé de la vie ! Je vais même devoir renoncer à aller au Bourget cette année ! »

Paul Allen n'ira pas, lui non plus...

Et c’est arrivé comment ?

« Si je te disais la vérité, tu ne me croirai pas ! »

Et c’est quoi, la vérité ?

« – Eh bien, c’est le soir de la naissance de Louis. Je suis descendu à la cave chercher quelques bouteilles, pour fêter ça dignement, et j’ai glissé. Je suis tombé en me tordant la cheville…

– Et tu as cassé une bouteille, au moins !

– Même pas …

– Alors je te crois ! »

Paul casser un flacon, ce n’est pas possible, même pas envisageable tant qu’il n’est pas vidé !

Comment parler sérieusement avec un tel pistolet ?

Paul se ravise à lui raconter son vécu de ce soir-là…

Ce n’est peut-être pas plus mal.

 

Après avoir fait le tour du propriétaire, ils causent des malheurs de l’un et de son prototype crashé en tuant un de ses pilotes à l’automne dernier.

« Je t’avais dit que ta machine me paraissait un peu trop fragile, trop légère, trop … « limite »… »

Il ne se souvient plus de l’avertissement.

Et l’autre de la réussite de son vol extra-atmosphérique.

Ça dure presqu’une heure sans grand intérêt…

« – Je résume : tu m’avais dit que tu y allais pour « apprendre ». Et à part ta fameuse protection « Birgit », que tu leur as laissée à eux et pas à nous, qu’est-ce que tu as appris ?

Et d’ailleurs pourquoi ce nom ?

– Si je te le disais, tu ne croirai pas !

– Dis toujours.

– C’est le prénom de ma correspondante du futur.

– Oui là, je ne te crois pas ! Tu m’aurais dit que c’était une martienne, je t’aurai cru, mais là, tu sais bien que le futur ne peux pas dialoguer avec le présent. C’est impossible !

– Ce n’était pas une martienne puisque tu sais bien que ça n’existe pas. Non, je maintiens.

– Pas la peine de poursuivre. Tu devrais dire ça à Harry n° 4 (faisant allusion à l’archi-grand-maître des francs-maçons étatsuniens : Cf. « Mains invisibles » paru aux éditions « I-Cube » l’année dernière), si ça ne le fait pas rire, ça va alimenter ses tables et autres ateliers de cogitations diverses autour de ce thème pendant un bon moment.

Si tu veux, je lui en parle : il est prévu qu’il vienne à Paris dans quelques jours dans mon sillage.

Mais avec moi, ça ne marche pas ! »

Bon, alors n’en parlons plus.

 

« En revanche, j’ai fait quelques visites intéressantes dans plusieurs centrales et laboratoires nucléaires chinois. »

Ah, là, il le croit…

« Et alors ? »

Alors rien de plus que ce que l’on sait déjà faire.

« Tu sais que je suis toujours à la recherche d’une source d’énergie primaire suffisamment puissante et fiable pour fabriquer et éjecter du plasma dans les tuyères du « 003 ».

8 Km/s de vitesse d’éjection, c’est plus deux fois plus rapide que l’hydrogène/oxygène et bien plus que notre kérosène.

Or, la poussée d’un moteur, c’est le facteur de la vitesse d’éjection par la masse des gaz éjectés à la seconde.

Et plus tu as une impulsion spécifique élevée, moins tu emportes de carburant : bon pour nos petits appareils, là ! »

Oui, il sait tout cela.

« Quel carburant tu vois ? »

Mais de l’eau de mer, tout simplement !

« C’est un fluide qui existe en telle abondance qu’il n’y a qu’à puiser ! »

Et la puissance primaire, pour faire du plasma ?

« Un petit mégawatt devrait suffire. Mais on peut doubler par précaution, voire pousser à 3 ou 5 mégawatts pour être vraiment confortable. C’est juste une question de masse au décollage. »

 

Et Paul voit ça comment ?

« En Chine, j’ai vu tourner des centrales à sels fondus. Mais des grosses machines au sodium. 800° C le fluide caloporteur. Ça me paraît « limite » aussi, mais faisable et surtout, ils n’ont aucune difficulté à les faire tourner depuis des années. Juste des problèmes de corrosion à prévoir au bout d’une décennie de fonctionnement, au pire. »

Des centrales à neutrons rapides, c’est ça ?

« – Exactement !

– Tu sais que c’est le prochain grand projet de mon co-fondateur ?

Il y en a qui cherche à mettre en place des réseaux internet orbitaux, qui cherchent à résoudre les problèmes de prévention des maladies de leurs futurs clients en traçant ainsi tout le monde en temps réel. Mais Bill, lui, il veut de l’électricité, de l’énergie pas chère et en abondance, pour tout le monde !

Et il pense depuis des années à ces technologies à neutrons rapides ! »

 

Effectivement, moins d’un mois plus tard, l’homme le plus riche du monde, s’en prendra aux énergies dites « vertes » ou renouvelables. Et il n’y ira pas par quatre chemins : il annoncera investir 1 milliard de dollars prélevés directement sur son plan d’épargne-titre personnel, pour la recherche & développement dans une firme créée récemment, TerraPower.

Et pourquoi Bill Gates s’intéresse-t-il à l’énergie nucléaire ?

Tout simplement parce que, dira-t-il, « il n’existe à l’heure actuelle aucune technologie de stockage avec des batteries permettant de fournir toute l’énergie électrique dont on a besoin exclusivement à partir des renouvelables car il est impératif de tenir compte des alternances jour-nuit et des longues périodes, inévitables également, de ciel couvert et d’absence de vent ».

 

Gates considère que les sommes colossales d’argent investies dans les énergies renouvelables telles qu’on les conçoit aujourd’hui, éolien et photovoltaïque, sont perdues d’avance car elles n’atteindront jamais leur but qui est de remplacer le pétrole et le charbon dans la production d’électricité, non seulement pour l’industrie, les services et les ménages, mais également pour les transports à moins d’une diminution brutale de la population mondiale de l’ordre de plusieurs milliards d’habitants !

 

Gates insistera sur le fait que c’est exactement ce que veulent les « verts » car ils savent, du moins ceux qui ne mentent pas, que le 100 % renouvelable est impossible à atteindre.

Ce système mis en place ne peut perdurer qu’avec des subventions provenant de taxes que paient les utilisateurs finaux et il ne profite qu’à une petite poignée d’industriels.

Pour lui, le tournant politique pris ces dernières années pour développer les énergies renouvelables est une utopie vouée à une impasse. Cette impasse doit donc, toujours selon lui, cesser et il importe de réorienter une part des investissements vers la R&D dans les technologies nucléaires de quatrième génération.

Et il sera intéressant de noter que John Gilleland, le CEO de TerraPower était, avant d’occuper ce poste, Managing Director pour les USA du projet ITER.

Gilleland n’utilise pas non plus de périphrases à propos du projet ITER : « C’est un truc (ITER) sur lequel je ne peux même pas espérer pour mes petits-enfants. À TerraPower nous nous sommes focalisés sur la fission plutôt que sur la fusion parce qu’il faudra (pour la fusion) encore énormément de temps et d’investissements. »

 

La direction prise par la R&D de TerraPower cible le TWR, pour Travelling Wave Reactor, une technologie imaginée dans les années 1950 par Saveli Feinberg et qui ne nécessite aucun rechargement de combustible, donc aucun arrêt, pendant plus de 50 ans en « brûlant » de l’uranium 238 non-radioactif avec des neutrons rapides provenant d’uranium 235 enrichi à environ seulement 4 %.

Le plafond d’enrichissement qui sera permis aux iraniens après l’accord avec le groupe « 5 + 1 ».

Les supercalculateurs du MIT ont entre-temps validé l’idée de Feinberg.

Ce réacteur de IVème génération sera aussi refroidi avec du sodium liquide et un prototype de 500 MW prévus tournera aux alentours de 2020.

Dans moins de 5 ans !

« La technologie existe, le design du réacteur et son fonctionnement en continu permettront d’utiliser de manière optimale les neutrons afin d’atteindre des rendements améliorés » défend Paul Allen.

Ces améliorations permettront de « brûler » également les actinides à haute radioactivité et c’est la raison pour laquelle le réacteur prototype, qui coûtera 1,5 milliard de dollars – on est très loin des coûts monstrueux de l’EPR – est appelé le WAMSR, acronyme de Waste Annihilating Molten Salt Reactor.

Ce réacteur « brûlera » en effet non seulement de l’uranium appauvri mais aussi le combustible usagé des réacteurs à neutrons lents…

Cette technologie permettra enfin de fournir de l’électricité pendant des centaines d’années à l’humanité avec des coûts très faibles.

TerraPower a donc repris la technologie du MSR (Molten Salt Reactor) d’Oak Ridge qui fonctionna en continu et sans aucun indicent de 1965 à 1969, mais n’a pas encore déposé de brevets malgré le fourmillement d’idées nouvelles émanant de la collaboration du staff de la société avec les laboratoires du MIT. 

 

« C’est marrant, moi je vois plutôt d’utiliser du thorium 232. Et de l’ensemencer avec un accélérateur de particules tout con. Tu lui balances quelques protons dans les naseaux, et il s’allume en uranium 235, qui percute et rayonne ses voisins en U238 et éventuellement en plutonium 239 qui se dégrade ensuite plus ou moins vite en plomb et libère de la chaleur récupérée par un fluide à haute température, comme le sodium par exemple qui ira chauffer un circuit secondaire. Qui lui-même fait tourner une turbine électrique qui va servir, notamment à entretenir l’accélérateur de particules et alimenter la torche à plasma confiné dans un fort champ magnétique dans la tuyère de mes moteurs.

Si le truc s’emballe, tu coupes l’accélérateur de particules et la chaudière nucléaire se refroidit toute seule : aucun danger pour l’environnement ! »

Peut-être. Mais de toute façon il faudra en passer par des centrales au sodium.

« Oui, mais juste pour la technologie des hautes températures. Tu as raison. Mais c’est déjà au point puisque je l’ai vue en Chine. »

Fabuleux avenir : « Je peux en parler à Bill ? »

Bien sûr !

Plus on est de fous, plus on rigole.

 

Dans ce réacteur dit ADS, aussi appelé « réacteur hybride », car couplant un accélérateur de particule et un réacteur nucléaire sous-critique, une partie des neutrons sont produits par spallation d'un noyau lourd (le plomb, l'eutectique Plomb-Bismuth ou le tungstène par exemple) par un faisceau de protons issus d'un accélérateur de particules. Ces neutrons issus des réactions de spallation vont alors provoquer des fissions dans le massif sous-critique entourant la cible de spallation. L'énergie de fission peut alors être récupérée de manière classique via un échangeur de chaleur et une turbine.

Paul Allen sait cela et Paul de Bréveuil vient de le lui confirmer.

 

L'ADS à caloporteur gaz (hélium par exemple) ou métal fondu (plomb par exemple) appartient à la famille des réacteurs à neutrons rapides (RNR) et peut être conçu pour une utilisation selon deux modes : comme producteur d'énergie, en brulant du plutonium, du thorium ou de l'uranium selon un cycle direct ou de surgénération pour développer un cycle du thorium. Ce mode a été largement promu sous l'appellation d'amplificateur d'énergie de « Rubbia », du nom du premier découvreur.

Ou comme incinérateur (avec ou sans production d'énergie) où l'on « brûle » les actinides mineurs voire certains produits de fission issus du traitement du combustible nucléaire irradié.

Dans les deux modes, l'ensemble réacteur est sous-critique (généralement avec un niveau choisi par conception entre 0,95 à 0,98) et l'accélérateur amène et règle le flux neutronique à la criticité de 1 (comme incinérateur en revanche, l'accélérateur fait l'intégralité du travail de production de neutrons, d'où la modeste contribution énergétique). Ceci implique que toute réaction s'arrête dès la coupure du flux de l'accélérateur, d'où le nom de « pilotage par accélérateur ».

L'intensité du faisceau de protons va également compenser les variations de réactivité en fonctionnement.

 

Le système ADS sont généralement présentés comme plus fiables que les réacteurs nucléaires critiques pour la raison simple que la coupure du faisceau de protons, même accidentelle, entraine l'arrêt des réactions de fission en chaîne.

Cela étant, il faut aussi noter l’impossibilité de faire des bombes nucléaires avec les résultats de la réaction ; la valeur du « k effectif » est très proche de 1 (keff = 0,98 donc 2.000 pcm seulement d'anti-réactivité) ; pour une même énergie produite la puissance résiduelle est la même. Or, cette puissance résiduelle est, en bonne partie, à l'origine du risque de fusion du cœur en cas de défaut de refroidissement accidentelle ou terroriste après l'arrêt du réacteur.

 

Les systèmes ADS demeurent donc intrinsèquement plus sûrs que les réacteurs sans accélérateur, car le cœur sous-critique induit un arrêt de la réaction en chaîne dès la coupure du faisceau de protons, et limite les risques d'une divergence incontrôlée lors des états d'arrêt pour intervention ou rechargement.

Tout le monde sait que l'intérêt d'un ADS réside dans sa faculté à produire des neutrons dans une large gamme d'énergie en fonction de celui du flux de protons issu de l'accélérateur. C'est cet accès à des sections efficaces de fission à hautes énergies inaccessibles en réacteur nucléaire à spectre thermique qui permet la transmutation par réaction de fission nucléaire (incinération) des actinides mineurs ou par réaction de capture neutronique.

Reste à étudier la longévité et les matériaux des fenêtres d'interface entre le vide de l'accélérateur et l'eutectique Plomb-Bismuth chaud sous pression, ou à sodium ; dresser le bilan des produits de fissions involontaires de la spallation du Bismuth et/ou du Plomb à différents niveaux d'énergie du flux de l'accélérateur ; étudier les configurations géométriques optimales de cœurs en générateur et en incinérateur de déchets nucléaires.

 

Du pain sur la planche et des financements à trouver…

 

https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xxviii-paul-allen.html

 

 

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28/08/2015 11:49

Mains invisibles II : Chapitre XXVII : Promenade hors norme (3/3)

 

Chapitre XXVII : Promenade hors norme (3/3).

 

Retours vers le passé.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

« Autour de numéro 2. Vous vous souvenez, c’est lui qui couvre le suivant, alors qu’on avait besoin de vous n° 1 pour appuyer son arrivée et aller chercher un véhicule. »

Elle aurait dû lui dire de prendre le pick-up direct au lieu de fouiller tous les véhicules…

« Dites donc, ce n’est pas moi qui conduis le véhicule : vous auriez pu vous en souvenir, tout de même ! »

Grand moment de solitude…

« Puis c’est à numéro 2 de couvrir l’arrivée de numéro 3 qui aura le rôle le plus important pour devoir éliminer la Miho… »

La salope…

Même pas la « reconnaissance du ventre », celle-là !

« Dans l’intervalle, numéro 2 devra repousser un premier véhicule qui arrivera par le chemin du haut. Allez-y franco, le plus loin possible, à la grenade et revenez le plus vite possible pour continuer à couvrir vos deux autres avatars : il y aura plusieurs échanges de tirs avant que ça ne redevienne calme, avant la sortie de Florence.

Bon, on y va pour une deuxième séance d’enduit ! Et soyez sage cette fois-ci ! »

Qu’elle s’applique si bien que Paul en présente une nouvelle érection durable…

« – Ah non ! Pas deux fois quand même ! Et même pas en 5 minutes en plus : je n’ai même pas eu le temps de nettoyer par terre !

– Désolé, mais on m’appelle aussi « le six coups ! ». »

Une expression qu’il aura entendue dans la bouche de Birgit dès après qu’il l’aura introduite chez lui, dans son loft du quai de Seine, il y a un peu plus de huit mois de ça.

« Mais ce n’est pas croyable. Bon, je commence par-là alors… »

C’est qu’elle y prendrait goût la WIB du futur !

« Et si on faisait ça de façon plus naturelle, pour se partager le plaisir ? »

Ah non, ce n’est pas l’urgence !

 

Et il se retrouve, quelques minutes plus tard à droite de la maison.

Effectivement, n° 1 arrive à poste et ça sort par grappes affolées, abattus par longues rafales.

Fameux le Famas.

Puis n° 1 va chercher son pick-up. À la réflexion, Paul aurait dû lui dire de ne pas chercher les clés des 4x4, mais il est déjà loin, avalé par la nuit.

Tant pis.

Quant à lui, il cherche de loin en loin le « chemin de vers le haut ». Il se guide sur les bruits de moteur qui approchent.

Les phares l’aide également et rapidement.

Ils vont arriver par-là, à l’opposé d’où se trouve numéro 1.

Paul se déplace avec souplesse et rapidement vers le véhicule.

Il manque d’ailleurs de se faire renverser en coupant sa route. Courte rafale, les hommes sont hors d’état de nuire et le véhicule finit par verser dans le fossé après avoir dépassé Paul.

Il dégoupille une grenade sur le second véhicule et achève les survivants geignant encore en vidant son chargeur sur les ombres qui bougent.

Pas de pitié pour les tortionnaires de Florence.

 

Il n’a plus qu’à revenir, recharger et attendre numéro 3 qui déboule à l’endroit prévu.

« Mecton, je te rappelle que tu vas voir Paul arrivant par ici et que tu as intérêt à vérifier ton arme deux fois plutôt qu’une ! Parce que souviens-toi, ça fait mal ! »

Il sait.

« Je me poste par-là pour surveiller numéro 1 et garantir ta sortie de ce côté-là. Et je t’attends pour dégager ensemble dès que Paul sera sorti. »

Là encore, il sait pour l’avoir déjà vécu à sa place, juste avant.

« – Dis donc, ces ballades dans le passé, ça ne t’impressionne pas toi ?

– Arrêtes de dire des conneries : on se parle à nous-mêmes, là.

Nous ne faisons qu’un et ce que tu en dis, je l’ai dit avant toi quand j’étais à ta place, tout-à-l’heure.

C’est épuisant de se démultiplier ainsi.

Complètement contre-nature !

– Je veux, mais il faut bien le faire pour je-moi-même, nous quoi !

– Et pour Florence, je te rappelle. Elle nous aura donné un beau bébé au passage.

– Ouais ! En attendant, elle t’a fait quoi, à toi, pour que tu puisses ranger ma bite dans ton scaphandre ?

– Ducon, tu verras bien dans pas longtemps. Mais elle a été mûre pour une fellation ! »

Pour une conversation surréaliste, s’en était une !

Quelle soirée…

« Ah oui, fais gaffe pour ta cheville ! L’idée d’être plâtré ne me plait pas trop ! »

À lui non plus…

Et ils se séparent.

Numéro trois file vers la bâtisse en prenant bien des précautions.

Il se relève, fait un signe à Paul qui apparaît au loin.

Là, une ombre qui se faufile derrière lui et va l’ajuster.

N° 2 n’a pas le temps d’épauler qu’un tir retentit : c’est Paul, plus rapide que lui qui pourtant savait déjà avant que ça n’arrive.

 

Paul entre dans le bâtiment. Quelques minutes plus tard, il y a deux tirs de calibres différents qui se font entendre dans le même intervalle.

N° 3 a encore raté son coup, moins rapide que cette salope de Miho.

La voiture de n° 1 arrive.

N° 2 attend la sortie de n° 3 par la porte et ils s’enfoncent tous les deux vers rien, dans le noir.

« Décidément, tu es nul ! »

Numéro deux est le premier, et le seul, à se retrouver en face de Birgit qui l’extrait de son caisson et commence à lui retirer son scaphandre de combat.

« Ça s’est bien passé ? »

Elle doute de ses boucles du temps, là ?

Pas bon signe ou alors c’est de l’humour…

« Non ! Numéro trois a encore lâché son coup de feu sur Miho un chouia trop tard. »

C’’est lui maintenant, numéro 3.

« Vous essayerez de faire mieux, mais je n’y crois. Ce qui est écrit est écrit. Laissez donc faire. »

À propos : « J’ai entendu dire qu’on gagnerait du temps avec votre pose de lotion magique en pratiquant une petit-fellation ! » alors qu’il s’allonge sur la table.

Encore ? « Mais vous êtes insatiable, vous ! Comment vous faites ? »

Il a vécu plus qu’elle, entre-temps : il a pu « se refaire »…

Et puis non : « On peut prendre le risque de se passer de lotion, cette fois-ci ! »

Elle est vraiment sûre ?

« C’est ce qu’il y a de noté dans la biographie de Charlotte ? Vous êtes certaine ? »

Non ce n’est pas rapporté comme ça, effectivement.

 

Paul numéro 3 se retrouve de nouveau avec n° 2 qui déboule à l’endroit prévu.

« Mecton, je te rappelle que tu vas voir Paul arrivant par ici et que tu as intérêt à vérifier ton arme deux fois plutôt qu’une ! Parce que souviens-toi, ça fait mal ! »

Il sait.

« Je me poste par-là pour surveiller numéro 1 et garantir ta sortie de ce côté-là. Et je t’attends pour dégager ensemble dès que Paul sera sorti. »

Là encore, il sait pour avoir déjà vécu à sa place, juste avant.

« – Dis donc, ces ballades dans le passé, ça ne t’impressionne pas toi ?

– Arrêtes de dire des conneries : on se parle à nous-mêmes, là.

Nous ne faisons qu’un et ce que tu en dis, je l’ai dit avant toi quand j’étais à ta place, tout-à-l’heure.

C’est épuisant de se démultiplier ainsi.

Complètement contre-nature !

– Je veux, mais il faut bien le faire pour je-moi-même, nous quoi !

– Et pour Florence, je te rappelle. Elle nous aura donné un beau bébé au passage.

– Ouais ! En attendant, elle t’a fait quoi, à toi, pour que tu puisses ranger ma bite dans ton scaphandre ?

– Ducon, tu verras bien dans pas longtemps. Mais elle a été mûre pour une fellation ! »

Pour une conversation surréaliste, s’en était une !

Quelle soirée…

« Ah oui, fais gaffe pour ta cheville ! L’idée d’être plâtré ne me plait pas trop ! »

À lui non plus…

Et ils se séparent.

Numéro trois file vers la bâtisse en prenant bien des précautions.

Il se relève, fait un signe à Paul qui apparaît au loin.

Il passe devant une fenêtre et va vers la porte, là où il sait que Paul va l’emprunter.

Un coup de feu dans son dos : ce n’est pas n° 2 qui glande, mais Paul qui protège ses arrières à lui.

 

Il entre dans la bâtisse. Il fait noir.

Une explosion et des rafales au loin, dehors : c’est numéro deux qui « fignole » les ravisseurs de Florence.

C’est une sorte de hangar, avec une mezzanine en pourtour intérieur.

Il fait sombre hors une lumière à l’étage.

Numéro 2 va à l’opposé de là où il sait que Paul va explorer les pièces une à une, avec mille précautions : il y trouvera des lits, des équipements de vie, des placards, des armoires, des jerricans, un ordinateur éteint.

Des armes.

Ils se regardent pour se rassurer et il lui fait signe d’avancer.

Ils avancent parallèlement, dans la même direction, un peu en arrière, mais à la même allure.

Numéro 3 se souvient de la trouille qui étreignait Paul à ce moment-là : pour lui, c'était une découverte. 

À un moment, il fait signe à Paul de stopper sa progression.

 

Deux ou trois minutes comme ça, où numéro trois vérifie qu’une balle est bien engagée dans le canon de son Famas et il fait signe à Paul d’avancer vers une pièce attenante en la désignant du doigt, mais plus loin.

Il entre.

Toujours pas de Miho dans le viseur : rien ne bouge !

Paul réapparait dans l’embrasure de la porte, sans Florence : pourtant c’est là qu’elle est, il le sait pour l’avoir déjà vécu, il y a plusieurs mois.

Un souvenir cruel où il avait découvert une Florence métamorphosée par les douleurs de sa blessure à la jambe.

 

Et puis soudain une ombre qui bouge à l’opposé. La silhouette de Miho Mihado.

Cette fois-ci, il a le temps de l’ajuster et de tirer avant qu’elle ne parvienne devant la porte où se trouve Paul arrivant avec Florence sous le bras.

Il tire : clic et pas bang !

Effaré, il engage dans un geste vif une autre balle dans le canon, et le coup part sitôt après celui de Miho !

Mais quelle salope, celle-là !

Il n’y a plus qu’à rejoindre numéro 2 à l’extérieur.

« Décidément, tu es nul ! » lui fera-t-il déçu.

Et de se laisser rentrer par Birgit qui joue avec ses interrupteurs de tension dans son « bidule » télé-porteur/machine à se projeter dans le passé.

Quand même con cette balle qui foire : il aurait dû prévenir numéro 2 !

C’est si simple d’éjecter la première balle et d’en mettre une dont on sait qu’elle tuera Miho.

Par malchance, Paul n° 3 un peu épuisé par ses « trois actions » simultanées, dans sa course vers rien et la nuit, se prendra une souche dans le pied droit.

À s’étaler de tout son long.

Et là, il ne peut même pas se relever, la cheville tordue qui lui fait affreusement mal.

Mais qu’est-ce que c’est que ce scaphandre soi-disant indestructible qui ne protège même pas les articulations correctement ?

Et il se retrouve pour la troisième fois de la soirée devant Birgit.

« Alors ? »

Conforme, impeccablement conforme.

Tristement conforme à ce qui s’est toujours passé depuis plusieurs mois !

« Parfait ! » répond-elle, ravie.

Elle ne pouvait pas le ramener quelques secondes en avance ?

« Si vous saviez comme ce n’est pas si simple que ça. Et puis c’est marqué comme ça, alors on n’allait pas changer l’avenir à venir. Et vous verrez bientôt pourquoi !

Vous n’avez plus qu’à enlever votre scaphandre et vous rhabillez, mon colonel !

Je vous ramène chez vous. »

Et sa cheville ?

« Dites donc, vous étiez prévenu et vous m’avez saboté un scaphandre ! Alors démerdez-vous ! Faites-vous plâtrer votre cheville le plus tôt possible, que vous ne soyez pas deux à boiter inutilement éternellement. 

Nous on se retrouve chez vous fin août l’année dernière et là, je vous promets que je vous passe à la casserole toute la nuit !

Méfiez-vous, j’aurai pris quelques pilules de fénéthylline améliorée. Il paraît que ça donne une pêche d’enfer !

Je vous serai irrésistible. »

Paul sait déjà…

Et hop, un petit claquement plus tard, il se retrouve par terre, la cheville tordue dans sa cave, avec toutes ses bouteilles à portée de regard.

 

Mais quelle soirée !

Il lui faudra appeler au secours pour se faire aider à s’extraire de l’endroit, complètement épuisé.

Ils finiront au CHR de Caen, au service des urgences où on lui plâtre la cheville, ligaments internes-externes arrachés.

Encore un grand moment de médecine urgentiste où l’interne le laisse tomber toute une partie de la nuit pour soigner des ahuris imbibés d’alcool accidentés sur le périphérique-nord.

Ça c’est normal : lui peut se démerder tout seul avec une paire de cannes.

Et les compétences disponibles doivent aller là où le pronostic vital est engagé.

En revanche, ce qui l’est moins, c’est que pour le gars le plus atteint, en écoutant les conversations, tout le dilemme de l’équipe était de savoir s’ils lui faisaient ou non un scanner.

Pour réveiller le radiologue, ils attendaient de savoir comment la victime allait évoluer !

Pas la peine de réveiller le spécialiste si le gamin allait mourir avant son arrivée !

En revanche, si son état était stable ou en amélioration, là, il fallait extraire le toubib des bras de sa moitié…

Choix cornélien.

Finalement, Paul ne saura pas ce que cette victime deviendra, car il sort au matin, alors que l’autre n’avait toujours pas décidé de clamser ou non !  

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xxvii-promenade-hors-norme-33.html

 

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