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01/09/2017 15:04

Ultime récit : Chapitre vingt-septième

 

Retournement de situation.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« Les deux, cher ami ! »

C’est la réponse d’un homme qui se présente comme le maître des lieux : Caroll Milton.

Un quadra qui porte bien son âge, la voix typique américaine, qui vient du fond de la gorge, le cheveu châtain, le visage émacié, élancé, presque gracieux en tout cas quant à ses manières éduquées, un tantinet précieuses.

« Fondateur du Milton Institute of Ocean Research. Nous étudions les effets du réchauffement climatique dans cette partie du monde. L’élévation du niveau des océans, mais aussi et surtout les impacts que ça peut avoir sur le milieu halieutique, la faune, la flore, tout ça ! »

Ce gars-là se fait accompagner par une sorte de « mignon », Albin (« Albine » en anglais), alors lui, parfaitement efféminé, tout de blanc vêtu, alors que son hôte se promène en chemise hawaïenne et en short à fleur…

Tout un poème.

« – Enchanté ! Paul de Bréveuil, échoué là depuis quelques temps et sans grands moyens de me sortir seul de l’embarras où je me trouvais. Je ne saurai trop vous remercier assez que d’avoir envoyé vos hommes en reconnaissance.

– Pas du tout, pas du tout. Ils devaient de toute façon procéder à quelques prélèvements sur l’îlot où vous vous trouviez ! »

C’était bien la peine d’avoir ramé à charrier autant de bois assez sec mais pas trop, pour faire de la fumée…

 

« – Paul de Bréveuil… Dites-moi on se connaît ?

– Pas bien sûr…

– N’êtes-vous pas ce passager qu’on cherchait partout à JFK il y a trois ou quatre mois aux USA ? Celui qui avait disparu en plein vol au-dessus de l’Atlantique ?

– Possible…

– Et alors, comment avez-vous pu vous retrouver en plein milieu de l’océan Indien après cette si longue absence ?

– Ouh-là ! C’est toute une histoire, ça. »

Il ne va quand même pas lui raconter son voyage jusqu’aux portes de l’univers, là ?

Ce serait tellement incroyable qu’il en passerait pour avoir pris un coup de soleil sur le crâne un peu plus fort que les autres et aura « dispersé » durablement le fonctionnement de ses neurones.

« – Excusez-moi, si je peux me permettre…

– Dites !

– Est-ce que je peux vous demander de pouvoir me décrotter convenablement ?

– Mais bien entendu. Albin, conduis notre invité dans la salle de bain de l’étage.

– Uhuh ! Mais volontiers Caro. Il est trop mignon comme ça. Il va être encore plus beau après », fait la créature efféminée à souhait : petit-cul, grosse bite qui forme une bosse dans son pantalon serré et longs doigts. Le piano blanc qui siège dans un coin du vaste living-room doit être pour lui.

« – Je vais lui montrer !

– Euh, sans vouloir abuser, si je dois me raser…

– Il y a des rasoirs mais ne vous laissez pas faire par Albin. Il est homme à avoir envie d’abuser…

– Non, ce n’est pas ça. Ça serait bien que je ne sois pas entravé !

– Oh mais si, justement ! » rajoute Albin, tout frétillant.

« Mon Dieu ! Je n’avais pas remarqué. Excusez les hommes de mon service de sécurité. Il y a des pirates dans la région et nous nous devons de prendre toutes les précautions nécessaires pour assumer seuls notre propre sécurité. »

Et il donne des ordres pour qu’on retirer les menottes de plastique qui entravent les poignets de Paul.

Comme accueil… enfin, ne soyons pas médisant : il y a peut-être du vrai dans ce qui vient d’être dit. 

 

Pendant que Paul se refait une beauté, Albin lui apporte des vêtements propres – une chemisette et un bermuda à fleur et légers – et en profite pour mâter la nudité de Paul sous la douche, alors que Caroll fait préparer un couvert de plus pour leur repas.

Néanmoins, disposant de liaisons internet par satellite, il ne manque pas de se renseigner sur son « invité ».

Et dès le début du repas qui suit, il ne manque pas d’étaler sa science sur « son » sujet.

Une belle prise de guerre…

« – Ainsi donc, vous seriez bien ce passager qui a disparu en plein vol. J’aimerai entendre votre version des faits en avant-première.

– Naturellement. Je vous dois bien ça ! »

Paul y a réfléchi sous la douche, pendant qu’il régale la rétine d’Albin qui en profite pour fantasmer tellement fort, que ça se voyait…

Une histoire pas trop débile pour être crédible mais assez invraisemblable pour ne pas pouvoir être vérifiée.

« – C’est tout simple. J’ai débarqué à New-York et j’ai été alpagué en catimini par des hommes du service de sécurité de l’aéroport avant même de passer les contrôles de douane et de l’immigration. Vous comprenez, mon Colt…

– Oui, en effet, une arme bien embarrassante pour un paisible passager…

– J’imagine qu’ils l’avaient détectée. Soyez rassuré, j’ai toutes les autorisations nécessaires pour voyager de la sorte. D’ailleurs j’aimerai la récupérer.

– Mais naturellement. Plus tard. Restaurez-vous en attendant. Et alors ? La suite de cet épisode ?

– Eh bien je ne me suis pas méfié. En réalité, il s’agissait d’agents d’une puissance étrangère qui m’ont trainé jusqu’à un avion dans lequel j’ai été obligé d’embarquer. Sans me signaler donc !

– Ah oui, je vois… Quelle puissance ?

– Chinoise…

– Tiens donc ! Et par quel miracle vous vous retrouvez au milieu de l’océan Indien, alors ? Un détournement en vol ?

– Non pas du tout ! Je suis « en affaire » avec les autorités chinoises.

– Je suis au courant. Votre fameux prototype Nivelle 002. L’avion suborbital qui fait des envieux même aux USA.

– C’est exactement ça.

– Il faudra que vous rencontriez Elon Musk à ce sujet. Il était très impatient de vous connaître et a été très déçu de votre disparition. Peut-être pourrez-vous collaborer à ses projets spatiaux…

– Peut-être… Pourquoi pas de toute façon. Un ami commun voulait déjà que je le croise à San Francisco (1). Harry Harrison, junior n° 4. Mais je n’ai croisé à l’époque que Bill Gates.

– Je suis au courant également.

– Très bien…

– Mais ça n’explique pas comment, de Chine, vous vous retrouvez dans nos parages…

– Oh c’est très simple. Ils ne m’ont pas laissé le choix. Soit je collaborais à la mise au point d’un missile intercontinental supersonique, soit ils me promettaient le sort de Napoléon Bonaparte, jusqu’à ce que je revienne à de meilleures dispositions. Je dois avouer que l’exil à Sainte-Hélène ne m’aurait pas déplu, sauf que je me suis retrouvé parachuté à votre proximité.

– Tiens… curieux ! Il y a combien de temps de ça ?

– Une grosse semaine…

– Ah oui, peut-être… Nos équipements radars ont noté la présence de drones ou d’avions non identifiés dans notre zone de sécurité. Mais vous savez, la proximité relative de la base de Diego Garcia, provoque aussi ce genre de passage. Je n’imagine pas un avion chinois qui se soit dirigé depuis le continent sans être immanquablement repéré par la flotte de mon pays.

– Excusez-moi. Quand je dis parachuté, c’est plutôt « jeté » d’un hélicoptère après être arrivé dans la région en cargo.

– Ah oui, je comprends mieux. Et ils vont revenir sonder vos intentions dans combien de temps ?

– Oh alors là, je ne sais pas. Probablement un mois. Au retour du cargo, je suppose.

– Très bien. Et si je comprends bien, si je vous propose de rester au secret aux USA, ça vous plairait mieux ?

– Je préfère une collaboration plus… comment dire ? Ouverte et volontaire. Surtout si ce n’est pas pour faire des armes nouvelles.

– J’entends bien. Même si votre biographie signale que vous avez dirigé une usine de missile jusqu’à encore récemment.

– Effectivement. La MAPEA. Mais je n’y ai plus aucune responsabilité depuis un bout de temps maintenant. Mais vous-mêmes ? »

 

Et le Caroll, avec l’arrivée de coupes de sorbets somptueuses, se lance alors dans un exposé relativement crédible des activités de son institut de recherche, financé par un pool de milliardaires américains. Un gros budget qui ne correspond pas totalement aux moyens déployés qui restent à portée de vue, mais pourquoi pas, finalement.

Avant de conclure de façon totalement imprévisible, alors qu’Albin se trémousse d’impatience sur ses petites fesses à lui.

« – Ça vous a plu ?

– Comment ça ?

– Vous m’avez raconté un si beau roman, que je vous ai servi le mien. Ça vous a plu ?

– Mais… parfaitement ! Pour quelle raison vous raconteriez des balivernes ?

– Parce que vous vous êtes moqué de moi précédemment.

– Mais non, pas du tout ! » proteste Paul.

« – Mais si ! Je sais pertinemment qui vous êtes. Le super agent très spécial des services secrets de votre pays.

– Oh vous savez… J’ai rendu service à mon pays, mais je ne suis pas un agent des services secrets. Juste un ex-militaire qui n’a pas rempilé.

– Allons donc ! Quelle modestie pour le dénommé « Charlotte », connu et reconnu à travers toute la planète pour ses faits héroïques. Je vous fais un petit résumé ?

– …

– « Charlotte », un héros de la guerre d’Afghanistan, décoré des deux plus prestigieuses distinctions de mon pays, fait CGVO et pair d’Angleterre pour un épisode que je ne connais pas trop bien ; sans doute un agent-double du FSB russe plus certainement une taupe chinoise pour on ne sait quel service spécial ; ayant été accrédité par la CIA, là encore pour des missions restées secrètes, mais probablement envoyé ici par les mêmes.

Parce qu’ils aimeraient bien qu’on leur montre ce qu’ils n’ont pas à voir.

– Et de quoi s’agit-il ?

– Tous les espions qui ont vu en sont morts, dévorés par les requins qui pullulent dans ces eaux. Vous voulez partager leur sort ?

– Pas vraiment. J’ai surtout hâte de rentrer chez moi.

– Mais moi j’ai hâte de vous montrer et d’en finir avec vous. Je vous explique en deux mots : vous faites partie depuis quelques semaines du club très fermé des milliardaires…

- … Ah oui ? Et de quelle façon ?

– Comment ça ? Vous ne savez pas ? La CISA (2), c’est vous tout de même !

– Oui, c’est une de mes boîtes. Mais ça ne vaut pas un milliard. Et puis elle n’est pas à vendre.

– Eh bien pendant votre absence, son logiciel et ses données ont été cédés à mon gouvernement.

– Quelle connerie !

– Oui, peut-être, mais ça fait de vous un homme riche. Et justement, mon institut est financé par quelques-uns de ces milliardaires de la côte-ouest. Alors, si vous en faisiez partie, ça nous conviendrait très bien !

– Pour étudier le plancton du coin ? Vous rigolez, j’espère !

– Pas du tout. En compensation de la disparition de la fondation du professeur Risle (3). Vous avez été son dernier président, avant sa dissolution, si je ne m’abuse.

– Exact ! Une entreprise criminelle, je vous rappelle. Et ce n’est pas moi qui l’ait dissoute, mais les autorités canadiennes.

– Je sais tout cela. J’y ai perdu une fortune à cette occasion.

– Désolé…

– D’où l’idée d’une juste compensation. À moins que vous préfériez finir en repas pour requin comme prévu.

– Je vous écoute avec intérêt, s’il s’agit d’une association fructueuse. Quoique je ne sois pas bien sûr de faire partie du club des milliardaires que vous dites. Je vous rappelle que j’ai « disparu » plusieurs mois de la surface de la planète. »

Et là, ce n’est pas un mensonge.

 

« Bien sûr. De toute façon, si vous êtes mon invité, c’est d’abord dans cet objectif-là. Même si vous restez mon prisonnier en attendant. Comprenez que si vous ne faites pas le chèque attendu, vous finirez au fond de l’océan. »

D’homme-libre, Paul se retrouve désormais en position d’otage !

Pas mal le retour à la civilisation, finalement : il n’a même pas eu le temps d’être surpris…

Quel retournement de situation…

« – Admettons. Il s’agit de quoi alors ?

– Vous êtes au courant que notre planète se dégrade du fait de la présence prédatrice de l’homme, n’est-ce pas ?

– C’est un point de vue.

– C’est le point de vue des meilleurs scientifiques de notre époque et ça date d’avant la création du GIEC, qui n’en est qu’un des aspects institutionnels.

Or, nous n’avons qu’une planète. Tant que Musk ou un autre ne nous emmène pas sur Mars ou ailleurs. »

S’il savait d’où venait Paul… 

 

1.                  https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-v-tractations-diplomatiques-23.html

2.                  https://flibustier20260.blogspot.fr/2016/10/laudato-si-liv.html

3.                  https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/07/au-nom-du-pere-chapitre-xxxi-tome-i.html

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2017/09/ultime-recit-chapitre-vingt-septieme.html

 

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31/08/2017 16:11

Ultime récit : Chapitre vingt-sixième

 

Le feu.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

En suivant le cours de ce « ru », même si la pente vers la mer n’est pas très forte, Paul finit par déboucher sur une sorte de petit jardin, taillé dans une sorte de clairière sise dans la végétation tropicale éparse, où poussent des tomates.

De vraies tomates !

Sublimes, même si elles ne sont pas très grosses ni très mûres…

Les « filles » se sont faites cultivatrices : incroyable !

Elles sont là depuis combien de temps ?

Comment sont-elles arrivées jusque-là ?

Qui sont-elles ? Des fugitives ou des proscrites ? Et pour quel crime odieux et barbare commis dans cette seconde hypothèse ?

Plus loin, ça ressemble à des radis, avec d’immenses feuillages et de toutes petites racines.

Les navets cultivés en aval sont quand même plus réussis.

Et alors, miracle, plus loin encore, guidé par les « filles », il y a des sortes de poules pleines de plumes qui vaquent en liberté. Ça donne des œufs, ces bestiaux-là, non ?

Tout cela ne vaut pas un trois étoiles du Michelin, mais c’est quand même suffisant pour faire un repas divin.

Sauf que tout est dégusté cru : pas de feu !

Même les œufs qu’il faut gober. Ce n’est pas qu’on manquerait si cruellement d’ustensile de cuisine, quoiqu’à part quelques bouts de bois taillés et des récupérations de la déchetterie de la plage, ce n’est pas Byzance non plus de ce point de vue-là.

Car Paul veut leur montrer comment il allume un feu avec deux bouts de bois secs et un peu de lichen…

Elles le regardent faire avec intérêt, assises en cercle autour de lui, lui-même assis en tailleur à même le sol, et puis quand elles commencent à comprendre, elles se mettent à pousser des cris d’orfraie !

Et bien sûr, pas d’explication avec leur logorrhée faite que d’onomatopées. Elles sortent d’où avec cette absence de langage et leur maigreur à faire peur à des anorexiques ?

 

Elles peuvent prononcer des consonnes, mais c’est dans un langage que Paul ne saisit pas, alors qu’elles ont l’air de pouvoir facilement communiquer entre elles. Paul devient d’ailleurs « bôô ». C’est vrai qu’il est beau, enfin… sans prétention il l’a toujours été aux yeux de la gente féminine, mais tout de même…

Et pourquoi cette peur du feu ? Impossible d’avoir une explication rationnelle.

Au moins au début de leur cohabitation.

Pareillement, à force de ténacité, Paul se fabrique une sagaie. L’arc et les flèches, une autre fois : il n’y a aucun outil et pas le moindre bout de chanvre assez résistant pour supporter d’être étiré afin de ployer un bout de bois…

Mais le lendemain, où il ramènera un second poisson pour le faire cuire, elles s’opposeront à sa tentative de faire du feu.

Là, ça ne vas pas être facile avec un régime d’œufs, de coquillages et de crudités…

En revanche, elles sont douées pour la cueillette de baies et de fruits plus gros qui ressemblent à des papayes. Et expertes dans l’ouverture des noix de coco qui viennent de tomber. Fraîches.

Quoique Paul s’essaye encore à grimper sur des cocotiers en bordure de mer qui ont l’avantage d’avoir poussé « pas droit », s’étirant vers le large en pente plus ou moins prononcée. S’il glisse et tombe, ce sera sur du sable…

Il se donne également un mal fou pour en faire tomber à coup de lancés de pierre. C’est beaucoup d’énergie pour un piètre résultat.

 

Les trois femmes dorment la nuit à même le sol, sous un petit abri fait de branchages de palmier-cocotier entrelacés. Et désormais Paul est invité.

Il faut dire que ça le change des cyborgs aux physiques « adaptables » à ses désirs, ceux à « géométrie variable ».

Là, on est quand même assez loin des lieux communs véhiculés par la culture cinématographique, par exemple d’un James Bond étalé sur une plage de sable avec une Ursula Andress qui sort quasiment nue de la mer avec ses formes divines pour venir séduire l’espion de sa très gracieuse majesté dans « Docteur No ». On est beaucoup plus proche de « Lost » ou « Koh-lanta », les caméras, l’équipe d’assistance et de soutien en moins, de Robinson Crusoé sans Vendredi et sans végétation généreuse, voire d’un épisode d’Exodus qui se serait échoué dans l’océan indien pour toute Terre-Promise.

Des clichés, ce sera une autre fois, réservés seulement à ce qui est télégénique, or là, personne ne l’est pour être plus proche de l’animalité de Cro-Magnon en mode « survie » !

Bref, la « belle-vie » dans l’Éden retrouvé, dans les livres seulement.

La séquence suivante a toutefois débuté par une sieste. Paul essaye de trouver le moyen de se raser : une barbe de quatre jours, ça gratte. Surtout qu’il va pour se décrasser dans les vagues. Ce n’est pas l’idéal, parce que si on ne se sèche pas rapidement, le sel se dépose sur la peau et les poils et ce n’est pas du meilleur effet.

Sa chemise et son pantalon font office de serviette à l’occasion, mais là encore, le tissu s’imprègne de sel et ça durcit le vêtement en séchant. Pas vraiment l’idéal, mais c’est mieux d’être propre dans des vêtements craquant de sel, que d’être sale dans des vêtements sentant la transpiration.

 

Première étape, sans aucune pudeur, les « filles » s’installent accroupies sur la plage et le regarde se dénuder entièrement. À la vue de ses fesses un peu ridées, comme le reste désormais, pour avoir salement maigri, elles gloussent de petits rires idiots.

Et quand il se retourne exhibant son sexe, elles se cachent les yeux mais mirent l’objet de leur gourmande convoitise avec délice entre les doigts.

Une fois ses ablutions faites, il s’étend sur le sable sec, à l’ombre, en slip. Histoire de finir de sécher. Là, curieuses, elles s’approchent prudemment, se posent, piaillent un peu et l’une, puis les deux autres, finissent par oser lui caresser le torse.

Les poils, tous ces poils, ça les perturbent. Elles, elles n’en ont que sous les aisselles et un peu sur les mollets. Le reste est dissimulé par leurs hayons, à moitié déchirés ici ou là.

Et puis « Hihi », celle qui a la chevelure la plus claire, avance sa main sur le slip.

Réaction immédiate de « Popol-au-col-roulé » qui se met à enfler…

La curiosité est alors devenue trop forte.

Le sexe de Paul est libéré, accueilli par des exclamations et des doigts maladroits.

La suite reste indécente à décrire … (1)

 

Elles ont beau ne vraiment pas être physiquement « attractives », mais alors pas du tout, notamment pour être dépourvues de « formes féminines », la plus « épaisse » ayant des seins en « goutte-de-lait », c’est quand même rassurant : ça fonctionne toujours !

« Hihi », la plus claire, de cheveu et de peau, le visage osseux. Mais elle a tout de osseux, comme ses comparses. On pourrait presque jouer aux osselets avec ses os saillants.

Petites fesses molles et inexistantes, poitrine désolante et flasque.

« Hoho » est beaucoup plus « mat » de peau, les cheveux toujours en bataille qui lui tombent au creux des reins. Elle paraît nettement plus jeune avec de vagues esquisses de « formes féminines », mais rien de très aguichant, il faut bien le reconnaître.

Quant à « Houhou », c’est elle qui se bat avec un chignon en perpétuelle décomposition. Elle est brune, la peau foncée, mais très… défoncée ! Elle a dû être « bien enveloppée » dans un temps lointain, avant son régime « bio » îlien imposé par les circonstances.

Outre ses perpétuels « houhouhou », elle a la voix douce et un sourire « mielleux ».

Paul les a baptisées comme ça au hasard de leurs onomatopées perpétuelles.

Et elles se reconnaissent alors pourquoi en demander plus, d’autant qu’elles ont aussi un prénom – et peut-être même un nom – mais c’est imprononçable, pas plus que mémorisable et de de toute façon, ça commence par leurs voyelles préférées…

Plus simple comme ça.

 

Quant aux étapes suivantes, elles se passent soit la nuit sous le petit faitage de feuillage, soit en mer ou sur la plage à l’occasion des ablutions quotidiennes de Paul, avant ou après la « cueillette » de quelques coquillages destinés à améliorer l’ordinaire végétarien, puisque la pêche et la chasse sont sans intérêt faute de pouvoir faire du feu.

« Houhou » est « mordue » et s’accroche souvent comme un poulpe avec ses jambes poilues et égratignées autour de la taille de Paul. En plus, c’est une rapide à jouir et très réactive…

« Hihi » est en revanche plutôt une peine à jouir, alors que « Hoho » s’extasie comme une gamine, à chaque fois qu’elle le peut, à la vue des éjaculations que Paul propose et qu’elle provoque volontiers : une douée.

Il n’empêche, tout cela l’éloigne de sa mission.

Paul fait donc de longues promenades pour découvrir « son » île, quitte à glaner encore ici et là des détritus éventuellement utilisables.

 

Et c'est à cette occasion qu’il découvre, au loin et au nord, une « montagne », qui doit être une autre île située à la limite de l’horizon, grâce à des nuées d’oiseaux de mer et un nuage accroché au-dessus. Intrigué, il pense d’abord que les bestioles volantes planent au-dessus d’un banc de poisson.

Mais non, il y a bien autre chose.

Et Ô surprise, il perçoit de brefs éclats de lumière. D’abord, il pense avoir eu la berlue, une illusion d’optique, un coup de chaud sur le nerf optique, mais non : il s’agit probablement d’un rayon de soleil qui se reflète sur une vitre ou un miroir.

La vitre d’un bateau oscillant au mouillage semble nettement plus probable.

Découverte fantastique : il y a de la civilisation à quelques 10 milles nautiques, peut-être plus, peut-être moins, avec peut-être au bout un téléphone !

Il faut absolument qu’il se signale. Et comment faire avec un portable resté longtemps dans la poche de son pantalon d’origine et à la batterie épuisée ?

Eh bien en allumant un feu sur la plage, tout bêtement !

Ce qui ne va pas être facile avec les trois filles qui ont une peur bleue des flammes…

À moins que ce soit le fait qu’une fumée révélerait leur présence sur cet îlot ?

Il faut une explication et au soir, avec des gestes, il leur dit qu’il doit s’en aller d’ici.

Pas facile à faire comprendre…

Quant à leur expliquer qu’il reviendra les sortir de leur prison aquatique ensuite, encore moins !

 

Deux jours plus tard, il a amassé assez de bois mort sur la plage la plus septentrionale de ce bout de terre émergeante au-dessus des flots. Les trois filles ont disparu, sans doute cachées quelle que part où il ne saurait pas les trouver.

Le feu n’a pas pris du premier coup, et ce n’est qu’après le midi-solaire qu’a pu s’élever une mince colonne de fumée.

Il aura passé le reste de la journée à persister à alimenter ce foyer, en en profitant pour se faire cuire la chair d’un poisson plus gros que les autres qui a bien voulu se laisser approcher du bout de sa sagaie, avec l’idée de durer assez durant la nuit pour faire comme d’un phare.

Si avec ça, il n’est pas repéré, il faudrait envisager de confectionner une embarcation avec ce qui resterait de matériel flottant…

 

La première tentative ayant échouée, il lui faut recommencer le surlendemain.

Entre-temps le « potager » des trois filles a été « vidé » et la hutte démontée. Manifestement, elles n’apprécient pas l’initiative de Paul.

Mais comme lui ne compte pas vraiment vieillir ici, à passer son temps à se faire bouffer par les insectes ou à se retrouver au matin avec un lambeau de ses vêtements en moins, bouffé par les rongeurs du coin, il y met toute son énergie.

Et miracle, après un peu plus d’une semaine de « stage de survie » en milieu hostile, un hélicoptère est enfin en approche.

Franchement, Paul n’y croyait plus, d’autant que la brume matinale et marine cache parfois cet îlot toute la journée et que tous ses efforts pour faire de la lumière et de la fumée doivent se dissiper avant même d’alerter les éventuels plaisanciers qui se trouvent manifestement à portée de longue-vue.

Des plaisanciers, équipés d’un hélicoptère, ce n’est probablement pas très courant dans cette région du monde, mais passons.

Et c’est là qu’il a son ultime surprise : les hommes qui débarquent sur la plage à bord de leur petit appareil sont armés et … anglophones !

Des M16 américains, pas l’air commode et sur leurs gardes.

Évidemment, la première chose qu’ils font, c’est de fouiller Paul dans ses hayons, de le désarmer, de faire le tour de paquetage et de l’entraver, mains dans le dos.

Pas un mot d’explication, mais Paul est content de lui : il va pouvoir enfin regagner la civilisation, la vraie, la sienne !

 

Après une grosse heure à battre cette partie de l’île où Paul a échoué, ces gars-là repartent vers leur « navire ».

Pas du tout un navire.

Oui, certes, il y en a un, plusieurs même et de tailles différentes : un petit cabotieur qui transporte manifestement des barils de pétrole et fait probablement office de navire de liaison, plus un yacht type « cabin-cruiser » et surtout une vaste maison de plain-pied en bordure de mer, dissimulée par une végétation nettement plus luxuriante que l’île d’où Paul est extrait.

Mais c’est quoi ça ?

Une station scientifique ou la demeure d’un richissime excentrique ?

 

1.                  Et fera peut-être un jour l’objet d’une « aparté » dans un recueil de toutes les « apartés » qui parsèment les « Enquêtes de Charlotte » au fil des épisodes mis en ligne…

https://flibustier20260.blogspot.fr/search/label/1%20-%20Les%20enqu%C3%AAtes%20de%20Charlotte

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-vingt-sixieme.html

 

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