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04/12/2017 21:38

Le cas Pagny.

 

Le fisc est-il moral ?



C’était une des questions de mes anciens étudiants à la fac, de chez les « bac+++++ », il y a de ça plusieurs années déjà. Et aujourd’hui on entend dire que tel impôt ou telle taxe serait « juste » ou « injuste ».

Je me marre doucement…

Je leur répondais deux choses : 1 – La fiscalité, c’est l’art/science de taxer pour que ça rapporte à la caisse publique le plus facilement possible. La moralité-morale, s’il devait y en avoir une, serait de ne pas tomber dans l’épuisement de la poule aux œufs d’or. Mais c’est parfois difficile…

2 – C’est aussi une « vive-incitation » orientée vers des objectifs économico-politiques, et moi d’embrayer sur la fiscalité « comportementaliste » alors naissante. D’abord pour ne pas tomber dans le travers épuisant de découvrir une « philosophie » qui n’existe pas ; ensuite pour faire dans le plus facile (faute de temps).

Et je leur narrais parfois l’affaire sur laquelle mon « pape-à-moi », feu Maurice Cozian, champion ceinture-noire 11ème dan en matière fiscale, avait pu imaginer une « dérogation au droit-commun » concernant les rousses (à poils-verts), un petit résumé à lire absolument, naturellement (ou de la portée de l’article 80 A du LPF).

J’avais eu d’intéressant échanges avec « mon pape à moi » sur ce sujet (mais peut-être devait-il me confondre avec un autre), à une époque où internet n’existait pas, sur sa « fable des parapluies », que j’imagine encore avoir pu inspirer (au moins à la marge).

Pour conclure que le droit fiscal, ce n’est jamais qu’une façon de tondre le chaland avant qu’il ne s’enfuit, en s’appuyant sur l’ensemble du corpus légal.

Rien d’autre qu’une apparente légalité formelle pour en piquer toujours plus à ceux qui restent…

Alors, la morale… passons !



Les meks qui pigent, ils deviennent ensuite « ingénieurs-fiscaux » et font dans « l’optimisation », en évitant soigneusement tout ce qui est fraude (qui reste la négation absolue de « l’intelligence-fiscale », comme d’un gros-mot).

Et qu’une solution des plus simples, à la portée de tous les béotiens, des basses-plaines submersibles aux hautes-altitudes enneigées, c’est encore de prendre ses clics et ses clacs et de « voter avec les pieds ».

Et vous aurez noté qu’ils ont été nombreux, tant en Helvétie qu’en Wallonie à aller y trouver refuge : Nos « hyper-millionnaires », vedettes du CACa-40 comme du monde sportif, du show-biz, etc.

Y’a eu, entre autres, Aznavour (Charles, pour les plus âgés), « Gégé-Deux-par-deux » plus récemment (et encore lui, ce n’est « pas complet ») pour les plus jeunes et plus récemment Florent-le-jury de « θe-Voice ».

Lui s’est cassé en Lusitanie, pas très loin.



Un exil fiscal décomplexé. « Ils n’ont qu’à gagner beaucoup d’argent et après on verra comment ils se comporteront », a-t-il répondu au journaliste de Sept à huit qui lui demandait ce qu’il répondrait à ceux qui critiquent son exil fiscal au Portugal dans un extrait diffusé sur la page Facebook de l’émission.

Que je te vous rappelle que « Manu-Jupiter » n’en est pas loin quand il affirmait qu’il fallait bosser pour porter un « beau-costard ». Et puis il a donné l’exemple avant même d’entrer au service de « Tagada-à-la-fraise-des-bois ».
Dans ce reportage diffusé la semaine dernière, il en dit qu’il estime que ses détracteurs ont des « délires de jalousie ou d’envie, parce que, quelque part, à un moment, on se dit qu’on n’y arrivera peut-être jamais, alors finalement on déteste celui qui peut y accéder ».
Ce qui est loin d’être faux : L’herbe du gazon de la voisine est toujours meilleure que celui dont on dispose, c’est bien connu…


Le chanteur n’a d’ailleurs jamais caché son aversion contre le système fiscal Gauloisien : «Pas d’impôts sur l’héritage et sur la succession. Pas d’impôts sur la fortune (…) Je ne suis pas fortuné, mais j’espère y arriver. Et pendant dix ans, pas d’impôts sur les royalties », motivait-il son déménagement au Portugal dans une interview donnée au Parisien.
Je lui préconise, pour l’après-délai décennal, d’aller jeter un coup d’œil en Irlande : C’est pas mal non plus, même si on y parle anglais…

Un déménagement au Portugal pour « raisons fiscales » mal vu par les « bien-pensants » qui lui a valu les foudres de la sphère politique. Pourtant, il prouve par là et une nouvelle fois que le fisc n’aura toujours pas « sa liberté de penser » (ni son argent).



C’est que globalement, vous ne vous en rendez pas bien compte, mais pour ne parler que de l’impôt sur le revenu, il est « à taux-progressif » et à lui seul représente un summum de l’immoralité politicienne dans les démocraties occidentales du début du XXIème siècle. Il permet de jouer sur l’exacerbation de la convoitise généralisée pour obtenir des voix aux élections, tout simplement.

L’impôt progressif sur le revenu est un gigantesque piège pour tous les citoyens. Ce piège fonctionne parfaitement depuis un siècle et personne ne sait d’ailleurs comment s’en libérer.



Le principe relève des travers propres « aux politiques » qui portent toutes les marques de naissances de l’escroquerie-mentale : Créer l’illusion de la justice par une arithmétique élémentaire assimilable par le plus crétin des crétins ! Le mécanisme technique est simple et compréhensible par tous : Le taux d’imposition augmente avec le revenu. La participation des riches est donc supérieure en pourcentage à celle des pauvres.

Les riches, peu nombreux, renâclent. Mais les pauvres, beaucoup plus nombreux, applaudissent : C’est parfait !

Ils pensent évidemment bénéficier ainsi de services publics payés par les riches. Et pourtant, rien n’est plus faux. L’impôt progressif sur le revenu (IR) ne constitue pas, et de loin, la principale recette de l’État.

Fabuleuse « trisomie-appliquée » à des « autistes-gauloisiens ».



Ainsi, en « Gauloisie-fiscale » il rapportait 70 milliards en 2014 soit 24 % des recettes de l’État et 7,3 % du total des prélèvements obligatoires. Le fonctionnement de l’État-providence doit donc très peu à la progressivité et beaucoup, énormément plus à la proportionnalité. La TVA et la plupart des taxes sur la consommation sont proportionnelles à la dépense et elles représentent 15 % des prélèvements obligatoires, deux fois plus.
Quant aux cotisations sociales, il s’agit d’une énorme masse de 54,4 % des prélèvements obligatoires (521 milliards d’€ toujours en 2014) calculée à peu près proportionnellement à leur assiette (salaire, bénéfice, etc.).

La supercherie, entretenue à dessein par les politiciens, parfaitement relayés par les médias, consiste à faire croire, ou à laisser penser, que l’État-providence est largement financé par l’IR progressif.

Une ânerie fabuleuse !



Les politiciens tiennent en effet à la progressivité comme à la prunelle de leurs yeux. Elle autorise toutes les promesses électorales et il est très difficile de vérifier leur véracité du fait de la technicité de la matière. Le principe de la progressivité est simple, mais évidemment le diable se cache dans les détails : Manipulation du barème ou du quotient familial, réductions et crédits d’impôt, abattements sur le revenu imposable sont reçus avec béatitude par leurs bénéficiaires. Ils s’imaginent faire une excellente affaire.

Pas du tout : En vérité ce sont d’abord leurs fournisseurs de biens et services et ensuite les gouvernants qui raflent la mise. Le petit cadeau d’IR sera compensé par une mesure fiscale beaucoup plus opaque. Mais les candidats aux élections auront bénéficié des voix résultant de la crédulité de l’électeur moyen. Le politicien accumule du pouvoir en accordant en contrepartie un avantage fiscal parfaitement illusoire.



La politique fiscale de « Tagada-à-la-fraise-des-bois », en bon énÂrque qu’il a été formé, fut à cet égard particulièrement caricaturale : Après avoir massivement augmenté de nombreux impôts en 2012 et 2013, il se lance ensuite dans une opération séduction avec des baisses ciblées de l’IR visant sa clientèle électorale, c’est-à-dire les revenus faibles ou moyens. 54 milliards de hausses d’impôts divers seront ainsi « compensés » par… 6 à 7 milliards de baisse d’IR…

Manœuvre classique de politicien sans vergogne, qui cette fois a échoué : L’homme n’a même pas pu envisager de se représenter.

Notez que « Bling-bling » avait fait l’inverse et s’était lui aussi planté.

Et on se souvient encore avec émotion de « Juppette » et de son coup de rabot de 26 milliards (de francs-gauloisiens) avalés par la fiscalité locale, tel que ce corniaud s’est fait balayer à l’occasion d’une dissolution anticipée (et « à froid » pour ne pas dire « à sec et sans vaseline »). Il ne s’en est finalement jamais remis…



Et hélas, il est devenu presque impossible de sortir de ce système, tout simplement parce que de plus en plus de contribuables sont exonérés d’IR. Environ 50 % des foyers fiscaux acquittaient cet impôt en 2012 contre 42,3 % seulement en 2016. La démagogie hollandaise a joué à plein pendant 5 ans.

Désormais, ils sont encore moins nombreux et on leur refait le même coup avec la fiscalité locale. C’est pourtant facile – mais peut-être trop tard avec les déclarations dématérialisées – de décocher la case « vous avez un poste-télé » pour réduire la facture : Personne n’ira jamais vérifier que vous devez vous acquitter de la redevance radio-télévisuelle qui ne finance même pas les coupures publicitaires.

J’ai été estomaqué de constater qu’il y en a toujours autant sinon plus avant (les « parrainages » d’annonceurs) et après les programmes au format 52 minutes qui pullulent désormais sur les chaînes pue-bliques…



Les désormais 58 % de foyers fiscaux exonérés d’IR n’ont donc aucun intérêt à une quelconque modification du système. Si un candidat à la Présidence de la République proposait une « flat-tax » à un ou deux taux pour remplacer l’IR il n’aurait aucune chance d’être élu puisque plus de 58 % des électeurs seraient persuadés d’y perdre.

En vérité, rien ne permet d’affirmer que les contribuables exonérés y perdraient en termes de redistribution publique. Tout dépend de l’effet redistributif global de l’énorme masse des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques (largement plus que la moitié du PIB annuel). L’IR n’en représente qu’une infime partie (70 milliards). Mais médias et politiciens taisent soigneusement cette vérité toute simple.



Nous sommes bel et bien dans un piège que nous ont tendu les politiciens de gôche voici déjà bien longtemps. Après quelques essais des Jacobins sous la Convention, c’est Joseph Caillaux, politicien du parti radical, qui introduisit au début du XXème  siècle l’impôt sur le revenu à caractère progressif. Et encore, ne l’était-il pas en 1917, mais seulement un peu plus tard.

Dès lors, tout ce qui a pu être de gôche a voué un véritable culte au concept de progressivité. Et pourtant le mécanisme induit une inimaginable complexité technique que seuls les bons connaisseurs de la fiscalité peuvent appréhender dans toutes ses « nuances ».



La complexité conduit invariablement à une opacité qui sert la cause des politiciens. Le machiavélisme sous-jacent à l’IR progressif constitue un modèle historique qui sera certainement étudié comme tel par les générations futures. Songez donc : Le « dogme-soce » présente la progressivité de l’impôt comme l’arme fatale de la justice fiscale. Elle permettrait d’atteindre un idéal social par la redistribution des revenus et des patrimoines. Selon cet idéal, les revenus et les patrimoines ne devraient pas être gérés par les particuliers mais par l’État représenté par ses politiciens et sa technostructure. En augmentant le taux marginal supérieur jusqu’à 100 % (proposition de « Mes-Luches », mais aussi de « Marinella-tchi-tchi » qui, sans le rejoindre, souhaitait, elle aussi en augmenter la progressivité avec de nouvelles tranches et de nouveaux taux) et en multipliant les tranches, nous nous rapprocherions de cet paradis fiscal.

Qui tout d’un coup en devient… infernal !

Un petit revenu résiduel resterait à la libre disposition des citoyens, tout le reste serait beaucoup mieux géré, c’est tellement évident (puisqu’ils le prouvent tous les jours), par les décideurs publics : Une vaste nationalisation de vos avoirs et revenus, une perspective que même Staline n’a jamais osé imaginer.



Dans la vie réelle, l’IR progressif permet de faire progresser l’interventionnisme public par une multitude de petites mesures ciblées (fiscalité-comportementaliste on y revient). Tout candidat à une élection peut ainsi se réclamer du progrès social payé sur fonds publics en promettant tel ou tel crédit d’impôt, abattement sur le revenu, exonération et mille autres gracieusetés qui germent en permanence dans le cerveau des fiscalistes de chez « GOB-tout » (Grand-Ordinateur-de-Bercy). Le message sous-jacent, jamais énoncé, toujours suggéré, est que « les autres », paieront, c’est-à-dire ceux qui ne votent pas en faveur du candidat. « Votez pour moi, vous aurez des cadeaux payés par ceux qui votent contre moi».

N’est-ce pas « magique » ?

Et après on feint de s’étonner que certains votent avec les pieds…



Finalement, l’IR progressif représente un des monuments de l’immoralité politicienne (et non fiscale) dans les démocraties occidentales de ce début de millénaire. Il permet de jouer sur l’exacerbation de la convoitise généralisée pour obtenir des voix aux élections.

Et « bonus » à ne pas négliger, il induit une mentalité d’assisté chez les citoyens qui attendent d’être pris en charge par l’État. Il fait reculer toujours davantage la liberté en collectivisant une partie croissante des revenus, désormais à la disposition des gestionnaires publics.



En bref deux choses : Il n’y aurait pas de « paradis-fiscaux » s’il n’y avait pas « d’enfers-fiscaux » puisque tout est relatif et se compare comme deux prix d’un même produit, il faut en rester persuadé.

L’outil fiscal n’est jamais qu’un outil. Un marteau n’a pas d’idéologie, il n’est pas pervers, il n’est pas asocial, il ne sait même pas être ou ne pas être « moral ». Ceux qui s’en servent, en revanche, poursuivent des buts qui ne sont pas les vôtres. Ce sont eux les pervers-moraux.

Et ici comme à la fac, j’en finissais par conclure que « la fiscalité n’est jamais que le reflet d’une société à un moment donné ».

Alors si la Lusitanie donne une image plaisante, pourquoi ne pas s’en inspirer ?

C’est pourtant si simple…

 

I3

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2017/12/le-cas-pagny.html

 

 

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30/11/2017 21:04

Europe, États-nation, régions

 

L’effet noria en cours…



Je reste très étonné des bouleversements qui ressortent des scrutins de 2016/2017 en Europe. Surpris d’autant plus que s’ils apparaissent évidents à qui prend un peu de recul, on n’en trouve aucune trace dans les débats d’idées rapportés par la « presse aux ordres ». Quand même étonnant, comme si ce qui se met en place n’a même pas à être discuté ni encore moins consenti.


2016 : Le Brexit. Depuis, on recommence à causer des « nationalismes » écossais, Nord-Irlandais, Catalan, Lombard, Vénitien et demain de la « Corsica-Bella-Tchi-Tchi ».

2017 : L’envoi du missile « Mak-Rond-Jupiter » et – on en parlait encore récemment – « sa vision » de l’avenir des institutions, le référendum Catalan, les prochaines élections territoriales Corses, les suivantes « ritaliennes » et « En-Gèle-Là-Mère-Quelle » à qui tout le monde refuse qu’elle ne gouverne pas l’Allemagne, évitant surtout et ainsi de devoir retourner devant les urnes : Les peuples, quand on leur donne l’occasion de causer, ils ne décident vraiment que de konneries !

C’est à en rire, finalement : La seule solution, c’est le « despotisme-plus-ou-moins-éclairé » d’une petite-élite autoproclamée qu’on nous impose sans coups-férir.



Qu’on y songe : Le leader catalan en fuite à Bruxelles en vient à qualifier l’Union européenne de “club de pays décadents” et n’hésite pas à évoquer un “Catexit”, rompant ainsi avec la tradition européiste du nationalisme de mes « potes » catalane en se rapprochant des europhobes, comme le signale la presse espagnole.

« Un club de pays décadents, obsolètes, gouverné par une petite poignée de personnes et, qui plus est, très liés à des intérêts économiques de plus en plus contestables ». Des déclarations faites à la télévision israélienne Canal 1 Kan… élevé au rang de dernier refuge des « libres penseurs » démocratiques…

Ambigu, « Car-laisse-Puich-de-mont » se déclare partisan de l’UE, tout en assurant qu’il va « travailler à la changer ».

Il aurait dû retrouver les discours de nos « Monte-et-Bourre-la », « Âme-Mont », « Fifi-le-souteneur », « Mes-Luches » et quelques autres qui ont depuis leur avenir derrière eux…

Entre les lignes il reproche à l’UE l’absence de soutien au processus séparatiste de la région, on savait.

« El País » compare ses déclarations « à celle des europhobes comme [le leader de l’Ukip britannique] Nigel Farage et [la présidente du F.Haine gauloisien] ».

Et déjà, le parti de l’ex-président est donné comme le grand perdant des élections anticipées prévues le 21 décembre.

Qui plus est Artur Mas (son prédécesseur) fait des déclarations reprises par le quotidien « El Confidencial » : « Nous nous sommes lancés dans un projet d’une immense complexité avec des délais qui se sont révélés parfois impossibles à tenir. » Qu’il en cause en connaissance de la situation de « Théière-Mais ».

Dont acte : Jeu, set et match… et « dix-de-der » !



Effectivement il convient de constater que les grands pays européens sont aujourd’hui pris en étau entre l’internationalisme forcené imposé par l’Union Européenne et les forces centrifuges qui en résultent partiellement. En effet, avant l’apparition de l’UE, même si une région était plus riche que les autres au sein d’un grand État, elle récupérait d’énormes bénéfices indirects grâce à l’accès à un plus grand marché intérieur pour ses entreprises, d’économies d’échelle sur l’administration, ou encore d’une plus puissante défense nationale. Avec l’UE en revanche, le marché unique et la pax europeana signifient que tous ces bénéfices indirects découlent désormais directement de l’appartenance à l’Union (comme les Britanniques sont en train de l’apprendre à leurs dépens).



Reste alors le déséquilibre budgétaire entre contributions à l’État central et prestations reçues en retour, que les gouvernants des régions riches ne se privent pas de calculer tels des apothicaires. Des apothicaires dont l’ego les prête à se rêver un destin où ils mènent eux-mêmes leur territoire à l’indépendance en alimentant la frustration créée par ce déséquilibre. Et le caractère tragicomique de cette situation n’a d’égal que l’extraordinaire incompétence desdits dirigeants sécessionnistes. Cette perception cynique, purement comptable, est d’autant plus renforcée par le fait que les fonds européens structurels vont directement aux régions en court-circuitant les États…

Quelle cécité.

Et les États se trouvent alors vidés tant de leur substance que de leur raison d’être.



Du coup, force est également de constater que, dans la mesure où l’État central reste l’échelon principal de représentation politique, la responsabilité politique se trouve déconnectée de la capacité d’agir. D’où les promesses systématiquement trahies et la perte de confiance dans l’action politique qui en résulte. Dès lors, il n’y a rien d’étonnant à ce que le seul échelon de représentation politique auquel on peut encore accorder un peu de confiance est l’échelon local, les maires.

Mais à eux, on va leur couper les ailes

Pour autant, le déficit d’action et de responsabilité au niveau de la politique nationale n’a pas été compensé par une légitimité accrue de la gouvernance démocratique au niveau européen. La preuve, en plus des « non » répétés à plus d’intégration européenne, le boycott des élections européennes est de plus en plus flagrant, prenant acte du fait que la Commission demeure seulement un organe purement technocratique tout-puissant (cf. et par exemple, tout récemment, l’affaire du Glycophaste).

Ainsi, nous assistons à la dépolitisation des questions économiques (et même sanitaires), sur lesquelles le pouvoir décisionnaire est retiré aux gouvernants nationaux pour être confié à la Banque Centrale Européenne et à la Commission.



Le vieux rêve d’une Europe des régions – en contrepoids puisque les municipalités auront moins de moyens et de libertés dans les années à venir – impensable il y a quelques décennies, redevient ainsi non seulement envisageable mais surtout réalisable. Pourtant, seul le « Comité des régions », assemblée consultative et non décisionnaire des représentants locaux et régionaux de l’UE institué en 1994, est aujourd’hui la seule courroie de transmission des revendications des autonomistes et des séparatistes auprès de l’UE afin que : « l’Europe (…) puisse pleinement tirer profit de la diversité territoriale, culturelle et linguistique qui fait sa force et sa richesse et qui est gage d’identité pour ses citoyens ».

Ce ne sont toujours que des constats.



Suivant cette logique de construction identitaire à l’échelon local, le sentiment d’appartenance à une nation pour les citoyens devient moins prégnant. Or, qui oserait en effet s’identifier à une nation qui « livrait ses protégés à ses bourreaux » durant la seconde guerre mondiale, selon les mots du « Chi » ?

Qui souhaiterait se réclamer d’un peuple dont les ancêtres commettaient un crime contre l’humanité lors de la traite négrière ?

Qui enfin pourrait être fier d’appartenir à une nation qui se retrouve accusée aujourd’hui d’avoir semé les graines des plus grandes horreurs du XXème siècle lors des guerres de conquête coloniale (également qualifiées de crime contre l’humanité par « Jupiter ») ?

En assimilant les agissements de certaines élites ou les crimes d’État à ceux du peuple tout entier, politiques et intellectuels contribuent à faire porter la responsabilité de ces crimes sur la nation toute entière et, manifestement, afin de mieux la discréditer.



Rappelons que pendant la Seconde guerre mondiale, une partie importante des mouvements breton et flamand ont fait le choix d’une Europe nazie. Catalans, Basques ou Corsi ont de leur côté été durement réprimés par les régimes fascistes et ont ainsi pu affirmer leur identité dans un processus d’altérité faisant sens au regard de leur Histoire. Chez les « cousins Corsi », s’est d’ailleurs développé le mythe d’une libération héroïque de l’île due à la seule bravoure du parti communiste insulaire et de figures romanesques comme Dominique Lucchini.

Ce qui est vrai et faux : Il aura aussi fallu l’aide des alliés qui y voyait un « porte-avions » commode et quelques troupes venues du Maroc. Puis l’effondrement du régime du Duce a jeté les ordres-nazis hors du port de Bastia.

Dont je n’oublie pas qu’il a été bombardé le surlendemain par les américains…



Ceci est d’autant plus vrai que celui qui préside aux destinées de notre pays depuis plus de six mois affirmait au début de l’année 2017 qu’« il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse ». Un discours contraire à notre histoire et à l’idéal républicain et qui porte en lui les germes du communautarisme, légitimant en filigrane l’idée que la culture Gauloisienne ne serait qu’un agrégat de sous-cultures. À travers cette déclaration, « Jupiter » s’inscrit ainsi dans la lignée de ceux qui nient non seulement les subtils et puissants apports de l’Histoire qui ont fondé la culture Gauloisienne dans sa singularité et surtout l’édification du roman national. Comme le rappelait « Le Ché » : « dire qu’il faut transmettre les valeurs de la République, c’est trop faible : il faut transmettre l’amour de la France. Le réapprendre ».



Peut-être une réappropriation de la culture et de l’Histoire devra-t-elle passer par une réflexion sur les effets de la mondialisation et sur les fractures sociales, culturelles et géographiques qu’elle engendre, et qui vont à l’encontre de notre modèle égalitaire et républicain traditionnel heurté ainsi de plein-fouet.

Une bonne illustration en est le mouvement des Bonnets rouges bretons dont les revendications sociales et économiques abondèrent également vers des revendications identitaires, illustrant ainsi la crise culturelle qui frappe la périphérie du pays.

Idem pour la « Corsica-Bella-Tchi-Tchi » où les vives réactions consécutives à l’affaire deSiscu témoignent de la persistance d’un discours identitaire puissant et de la volonté des « cousins Corsi » d’affirmer leur différence d’avec les « pinzuti » jugés trop tolérants vis-à-vis des revendications religieuses communautaristes.



En bref, le mouvement de vortex est bien « en marche ! ».

On le détecte par l’éjection plutôt brutale des personnels « politiques » du « monde d’avant » au moins en « Gauloisie-électorale », pour avoir été remplacé quasiment que par des « petits-nouveaux » venant de « nulle-part », les autres ne devant leur survie qu’en léchant le kul des leaders du « monde d’après ». Et on est très en avance en Gauloisie, là où ça piétine en « Groβ-Britannie », en « Teutonnie », en « Ibérie », en « Ritalie » et encore ailleurs.

On le retrouve dans le fait qu’en voulant tuer les nationalismes, les euro-fédéralistes n’ont donc fait que conduire à la naissance de nationalismes régionaux plus revendicatifs alors qu’on pouvait imaginer un modèle plus en harmonie.

En effet, l’identité est un besoin fondamental de tout être humain. Ainsi, même quand les internationalistes arrivent à blesser les identités nationales, d’autres identités surgissent inévitablement pour remplir le vide laissé.

Tout comme pour « le personnel-politique » nouveau.



Les forces « centrifuges » qui font le vide aux entournures génèrent des effets « centripètes » qui remplissent le vide central ainsi créé.

C’est la méthode de « Jupiter » qu’on voit à l’œuvre, un « vieux-truc » qui consiste à éliminer tout foyer de rébellion à venir en lui coupant les vivres pour les remplacer par « des hommes-sûrs » tout en profitant de la dynamique qui le pousse tous les jours.

Et c’est si facile, finalement…

Il n’en aurait presqu’aucun mérite. Sauf celui de le faire justement et, pour ne rien gâter, personne ne le voit et encore moins s’y oppose.

Fabuleux.

 

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Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2017/11/europe-etats-nation-regions.html

 

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