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11/10/2017 23:47

Quand la liberté s’éteint en silence

 

Je reprends un article de Médiapart intitulé « Quand la liberté s’éteint en silence ».

 

Proposé par Aphadolie.com, un article de Médiapart enrichi de liens, qui met le doigt sur la « fumeuse » loi anti-terroriste votée par les parlementaires et, qui sonne le glas de nos libertés à tous, sans que ça n’émeuve le mouton aveugle et sourd, « qui n’a rien à se reprocher ».

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 3 octobre 2017, le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. En faisant entrer dans le droit commun l’état d’urgence, une majorité de députés, socialistes compris, a ainsi choisi de sortir la France de l’État de droit.

Un État de droit est celui dont le droit protège n’importe lequel de ses résidents de l’arbitraire de l’État. C’est un État mis à l’abri de l’absolutisme administratif ou policier. C’est un État où l’État est subordonné à des règles de droit qui lui sont supérieures et qui s’imposent à son action. C’est un État dont les citoyens sont en sûreté parce qu’ils sont assurés de ne pas être livrés aux abus de pouvoir étatiques. C’est en somme un État où l’État ne fait pas la loi.

À cette aune, la France, depuis ce 3 octobre 2017, n’est plus un État de droit. Avec l’entrée dans le droit commun des principales dispositions dérogatoires aux droits fondamentaux et aux libertés essentielles qui caractérisaient l’état d’urgence, l’exception y est devenue la règle. Désormais, l’État, autrement dit ses préfets, son administration, sa police, pourra n’importe quand, n’importe où et contre n’importe qui, en prétextant du terrorisme, mettre en cause :

Notre liberté de circulation.

Notre liberté de culte.

Notre droit à l’inviolabilité du domicile.

Notre droit à l’égalité devant la loi.

…Et le faire sans avoir à s’en justifier ou à en répondre devant un juge indépendant, dont la décision pourrait l’entraver ou le sanctionner.

 

Avec ce vote écrasant, à l’Assemblée nationale, d’une majorité de la peur (415 voix contre 127), il y a désormais une loi des suspects en France. Sur de simples soupçons policiers qui, dans un véritable État de droit, seraient totalement insuffisants pour qu’ils se le permettent, l’administration étatique et son bras armé policier pourront dorénavant s’en prendre à un individu, l’immobiliser, l’entraver, le cibler, l’isoler, le mettre à part et à l’écart, bref le persécuter. Seuls juges du prétexte, le terrorisme, ils pourront, demain, après-demain, en étendre la notion, sans entraves aucune, au gré des émotions populaires et des idéologies dominantes.

La loi votée autorise en effet l’État, son administration, sa police, en dehors de tout contrôle judiciaire, à obliger un individu à « résider dans un périmètre déterminé », c’est-à-dire à ne plus pouvoir en bouger, à le frapper d’une « interdiction de paraître » dans un lieu précis, à soumettre son intimité domestique et familiale à des « visites domiciliaires », soit des perquisitions permettant des saisies, à étendre contrôles d’identité, fouilles de bagages et de véhicules à de vastes « périmètres de protection », à fermer un lieu de culte au seul motif des « idées et théories » qui y seraient diffusées, etc. Et ce n’est là qu’un résumé succinct d’une loi, la douzième loi sécuritaire en quinze ans, qui pousse jusqu’à son terme la corruption du droit par la police et de la preuve par le soupçon.

 

Aussi inconscients qu’égoïstes, aveugles aux autres et ignorants du passé, les apprentis sorciers qui ont ouvert cette boîte de Pandore liberticide se rassurent en se disant non concernés. Après tout, ne s’agit-il pas de combattre le terrorisme, ses crimes et ses réseaux ? C’est l’argument de l’urgence qui, prise pour l’essentiel, en vient toujours à perdre de vue l’urgence de l’essentiel – autrement dit des principes. C’est surtout l’argument aussi éculé que lâche de la fin qui justifie les moyens, au nom duquel, sous toute latitude, tout régime et toute époque, les libertés ont toujours été passées par pertes et profits.

« Je considère que je n’ai pas à avoir peur des moyens de lutte contre le terrorisme parce que je ne me sens pas terroriste. », a tôt déclaré le porte-parole du gouvernement, l’ex-socialiste Christophe Castaner, dont l’ancien parti (à cinq prudentes abstentions près) a soutenu sans réserve cette perdition qu’il avait lui-même initiée sous la présidence de François Hollande. Phrase terrible, qui résume ce sacrifice de l’idéal démocratique sur l’autel du terrorisme. Phrase aveugle, de gouvernants prêts à piétiner les libertés des autres pour tenter de justifier leur pouvoir.

« Nous cajolons la bête immonde. », avertissait l’avocat François Sureau, défenseur intransigeant des libertés fondamentales, dans un entretien récent à Mediapart. Sous l’état d’urgence prolongé mis en place par le gouvernement de Manuel Valls depuis la fin 2015, rappelait-il, « il y a eu 6 000 perquisitions administratives pour 41 mises en examen. Et sur les 41 mises en examen, 20 sont des mises en examen pour apologie du terrorisme, c’est-à-dire des crimes d’ordres intellectuels. Au cours de ces 6 000 perquisitions, vous avez parfois bousillé la vie des gens, vous êtes intervenu dans leurs libertés individuelles de manière brutale pour un résultat extrême faible ».

Et qui ne se souvient de l’utilisation de l’état d’urgence en 2015 et 2016 contre la société tout entière, d’abord les activistes écologiques lors de la COP21, puis les manifestants contre la loi El Khomri ? Qui oserait garantir que, sous ce pouvoir ou, après lui, sous un autre, ajoutant à l’obsession sécuritaire des obsessions idéologiques, autoritaires, identitaires, xénophobes, discriminatoires, etc., ce ne seront pas les militants de toutes les causes minoritaires, dissidentes et nouvelles, celles où s’inventent et se revendiquent des droits nouveaux, qui seront les victimes indistinctes de cet état d’urgence devenu permanent ? Qui pourrait jurer que, demain, ce ne seront pas eux les nouveaux « ennemis de la nation », terroristes en puissance ou terroristes en théorie, selon l’infernale logique des forces conservatrices et rétrogrades, décidées à faire la guerre à la société, à sa richesse et à sa diversité, à son autonomie et à ses luttes ?

 

Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles

Nous connaissons évidemment la réponse, tant les gouvernants et les élus qui, aujourd’hui, sacrifient nos libertés ne sont que de passage. Irresponsables, ils sacrifient la longue durée d’une démocratie vivante, par conséquent exigeante avec elle-même, au court terme de leur survie. « Si ce projet de loi est adopté et que l’extrême droite arrive un jour au pouvoir, la France sera dans une situation extrêmement difficile en matière de libertés. Un tel pouvoir n’aurait absolument rien à ajouter à ce texte. », Christine Lazerges.

L’Histoire nous l’a appris, et notamment celle des circonstances – la guerre d’Algérie, guerre coloniale et guerre civile – où est né, en 1955, cet état d’urgence aujourd’hui définitivement légalisé et banalisé : l’introduction de dispositions liberticides est une gangrène qui finit par contaminer tout le corps légal, institutions, administrations, gouvernements. Nous venons de le vivre, en à peine deux ans : tout comme hier l’état d’urgence de 1955 avait débouché sur les pouvoirs spéciaux de 1956, où se déshonora une République tortionnaire, aujourd’hui l’état d’urgence prolongé de 2015 accouche sous nos yeux sidérés d’une remise en cause sans précédent de l’État de droit.

 

Dans son plaidoyer Contre l’état d’urgence (Dalloz, 2016), le juriste Paul Cassia rappelait cette mise en garde lucide d’un membre du Conseil d’État, Roger Errera : « Dès qu’une atteinte aux libertés apparaît, elle fait tache d’huile, elle est progressivement appliquée au-delà des limites fixées au début, quelles que soient les promesses, les barrières et les hésitations, et à d’autres que ceux qui étaient initialement visés. Il arrive même qu’elle s’institutionnalise et que, fruit de l’urgence, elle devienne permanente. ».

C’était en 1975, il y a plus de quarante ans, et nous y sommes, hélas !

Qui plus est avec un État qui ne peut même plus compter sur la génération de ces hauts fonctionnaires à principes qui, ayant souvenir de Vichy ou de l’Algérie, savaient que la banalisation de l’état d’urgence était la brèche par laquelle le totalitarisme ou, du moins, ses pratiques niant les droits humains avaient fait leur chemin, sous couvert d’une administration ou d’un régime républicains. Dans son entretien à Mediapart, François Sureau soulignait ce terrible renoncement qui, depuis trois décennies, a progressivement gagné presque tout le spectre politique : « Les grandes voix du passé portaient un projet collectif de liberté, et pas seulement un projet individuel. »

Car comment ne pas interroger le silence pesant, abyssal, qui accompagne ce saut dans l’inconnu ? « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles » : attribué à l’écrivain suisse Max Frisch, ce constat n’a jamais été aussi pertinent. L’ensemble des défenseurs des droits humains, rassemblés dans ses locaux par la CNCDH, tout comme les experts qui en ont officiellement la charge aux Nations unies, se sont solennellement dressés contre cette dérive. Ces experts des droits de l’homme mandatés par l’ONU n’y ont pas été de main morte, estimant que « plusieurs dispositions du projet de loi menacent l’exercice des droits à la liberté et à la sécurité personnelle, le droit d’accès à la justice, et les libertés de circulation, d’assemblée pacifique et d’association, ainsi que d’expression, de religion ou de conviction. »

 

En vain, rien n’y a fait. Pas un écho, pas un regret, pas une nuance, pas une réserve, pas un recul. Pis, à l’Assemblée nationale, la majorité dévotement dévouée au président qui l’a fait élire s’est empressée de durcir les dispositions les plus controversées que le Sénat, dans sa vieille sagesse, avait tenté d’amoindrir. Cette prétendue société civile qui, surgie de nulle part, prétendait renouveler la politique, via la dynamique du mouvement En Marche ! 

Et de son dégagisme parlementaire revendiqué, se révèle sourde et aveugle à la société. Seule la gauche de la gauche – les députés communistes et insoumis reprenant le flambeau des six socialistes frondeurs (Pouria Amirshahi, Barbara Romagnan, Gérard Sebaoun) et écologistes isolés (Isabelle Attard, Sergio Coronado, Noël Mamère) qui, hier, avaient dit non à l’état d’urgence – aura sauvé l’honneur mais sans, pour autant, réussir à mobiliser la société.

Aussi ne pouvons-nous nous contenter d’accabler ceux qui ont commis cet attentat aux libertés. Nous devons aussi interpeller l’indifférence, cette passivité massive, qui l’a permis. N’est-elle pas du même ordre que celle qui s’accommode de la détresse des migrants, réfugiés et autres exilés ? Cette indifférence, plus essentielle, à l’autre, au différent, au suspect, au musulman, bref au lointain, tandis que nous nous replions sur nous-mêmes? Comme si nous n’étions pas concernés, sinon par le souci de nous protéger, coûte que coûte.

 

Source : https://aphadolie.com/2017/10/11/quand-la-liberte-seteint-en-silence/

 

Un article intéressant, mais je me demande si Médiapart ne fait partie des médias qui ont conduit à l’élaboration de cette loi indigne pour une démocratie.

En fait, j’ai eu un blog Médiapart pendant des années où j’ai expliqué comment François Mitterrand avait détournés les indemnités de la guerre du Golfe virés à la France en 1991 par le Koweït, l’Arabie Saoudite et les EAU :

https://www.alerte-ethique.com/les-milliards-disparus-de-la-division-daguet/

J’ai fermé ce blog compte-tenu du blocage manifeste d’Edwy Plenel sur cette affaire qui mouillait ses amis « Soces ».

On voit maintenant où le manque de courage, de lucidité, nous a mené !...

 

Jean-Charles Duboc

 

 

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11/10/2017 14:34

Analyses critique du Budget 2018 (I)

 

Une baisse d’impôt ? Dérisoire.

 



Certes, l’on ne s’attendait pas à une révolution fiscale, mais l’on espérait tout de même une baisse sensible des impôts. Le Gouvernement s’y était d’ailleurs engagé à plusieurs reprises.

Souvenez-vous : Lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2018, il a été fièrement annoncé que les impôts diminueraient de 10 milliards d’euros en 2018… force est cependant de constater que cela n’est pas tout à fait exact puisqu’une lecture attentive dudit projet de loi révèle qu’en 2018 les recettes fiscales nettes devraient seulement baisser de 1,3 milliard d’euros pour s’établir à 288,8 milliards d’euros (ces recettes se sont élevées à 290,1 milliards d’euros en 2017). Autrement dit, les impôts ne baisseront concrètement que de 1,3 milliard d’euros et non de 10 milliards qui ne correspond qu’à environ 0,4 % du montant global des impôts prélevés en 2017 !

Ridicule.



Pis encore, le seul déficit de l’État atteindra 82,9 Mds €. Les comptes publics recevront donc leur dose annuelle : 195 Mds € seront empruntés.

Pour la 44ème fois d’affilée…

Encore une fois, malgré la pleine conscience des dangers provoqués par ces déficits, le gouvernement se félicite de façon éhontée des « économies » soi-disant réalisées.

Augmenter le volume de dépenses moins rapidement que précédemment devient encore une fois une victoire. L’État n’aura jamais été aussi dispendieux : 386,3 Mds €.

Encore une fois, les bonnes résolutions sont repoussées à plus tard. L’équilibre serait atteint en 2020, la quasi-stagnation des dépenses publiques (+ 0,1%) n’adviendra pas avant 2022, la baisse de la dette par rapport au PIB est repoussée à 2019.

Pourtant, avec un volume de dépenses publiques tout confondu (Sécurité sociale, État et administrations locales) de plus de 1.300 Mds €, on aurait pu imaginer plus facile de réaliser d’autre ambitions préalablement : Sur les 24 missions répertoriées, 17 profiteront d’un budget plus important. Concomitamment, un plan coûtant 57 Mds € est annoncé.
Les administrations publiques distribuent plus de 35 Mds € par an de subventions, on pourrait imaginer remplacer ce système dispendieux par des dons particuliers.

Les politiques pour favoriser un chômage faible coûte 15 Mds € par an avec le succès que l’on sait.

La sécurité sociale est en déficit structurel.

Aucune réforme ne vient essayer de réduire durablement les déficits mais il est promis que le budget 2019 sera plus « sévère ». Il faut donc encore attendre et se reposer sur des engagements lointains.



Comment expliquer une telle différence entre les baisses d’impôts annoncées et les baisses d’impôts constatées ? Principalement par le fait qu’à législation constante (c’est à dire sans tenir compte des nouvelles mesures adoptées par le Gouvernement) les impôts devraient spontanément augmenter en 2018 de 10,2 milliards d’euros. Les impôts concernés étant principalement la TVA, reflet du dynamisme de la consommation des ménages, et l’impôt sur le revenu, en raison de l’évolution favorable de la masse salariale en 2017.

Naturellement, le Gouvernement s’est bien gardé de préciser ce détail lors de la présentation du projet de loi de finances ; laissant ainsi imaginer aux contribuables gauloisiens que les baisses d’impôts seraient près de 7 fois supérieures à celles qui devraient être constatées en réalité.



Par exemple, le gouvernement a annoncé qu’il ramènerait progressivement le taux normal de l’impôt sur les sociétés à 25 % en… 2022 pour l’ensemble des entreprises. En 2018, le taux normal de l’impôt sur les sociétés restera en effet inchangé à 33,33 % !

En revanche, un taux réduit de 28 % sera introduit pour les bénéfices allant jusqu’à 500.000 euros.

Autant dire que le Gouvernement ne prend pas la voie de simplification en matière d’impôt sur les sociétés en ajoutant un nouveau taux réduit à celui déjà existant de 15 %. Mais il prend même clairement la voie d’une nouvelle complexification inutile de cet impôt, déjà largement tarabiscoté par le passé (rappelons que jusqu’en 2016, trois surtaxes aux taux de 3 %, 3,3 % et 10,7 % pouvaient, selon les circonstances, s’ajoutaient au taux normal de ce dernier.

Grâce à « Manu-le-Jupitérien », les sociétés pourront donc potentiellement se voir appliquer en 2018, 3 taux distincts d’impôt sur les sociétés, à savoir celui de 15 % (jusqu’à 32.120 euros de bénéfice), de 28 % (jusqu’à 500.000 euros de bénéfice) et de 33,33 % pour le surplus, sans compter l’application éventuelle de la contribution sociale de 3,3 % (la contribution de 10,7 % ayant été supprimée en 2016 et celle de 3 % devant l’être).

Ce faisant, à l’instar de l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés prend dangereusement le chemin de la progressivité. Or, une telle évolution est naturellement contreproductive en termes de compétitivité fiscale. Gardons en effet en mémoire que tout ce qui est compliqué rebute non seulement les entrepreneurs mais aussi les investisseurs.



Et puis, il y a les promesses fiscales non-tenues.

Le président aura introduit dans le projet de loi de finances plusieurs des promesses fiscales qu’il avait formulées lors de sa campagne présidentielle (notamment la suppression de l’ISF, l’imposition forfaitaire de 30 % et la hausse de 1,7 point de la CSG), mais force est de constater que deux d’entre elles se sont évaporées en cours de route, à savoir celle relative au rétablissement des exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires et celle relative à l’option pour l’individualisation de l’impôt sur le revenu…

Quant au prélèvement à la source sur les traitements & salaires… peut-être pour plus tard, repoussé d’au moins un an, tellement Bercy a réussi à pondre un « truc » inextricable et probablement inapplicable pour quelque chose de si simple.

Par suite, entre les baisses d’impôts illusoires et les promesses fiscales non tenues, ce nouveau projet de loi de finances s’inscrit comme une véritable déception pour les contribuables gauloisiens.

J’attendais franchement mieux de votre « Jupiter » !



L’élu des minorités-agissantes à la tête de la République a voulu que ses budgets fiscaux et sociaux présentés fin septembre soient dès cette année la traduction de son programme. C’est en partie vrai pour le bon (le PFU à 30 %, suppression de la taxe d’habitation) et surtout pour le pire (ISF immobilier, hausse de la CSG…).

Remarquez, on ne cause plus de la hausse des taux de TVA, mais ça va venir.

Si les dépenses baissent peu, les recettes également et le déficit de l’État augmentera l’an prochain, de 76,5 Md€ en 2017 à 82,9 Md€ en 2018, avec un besoin corrélatif d’accroissement de la dette.

Le taux de prélèvement obligatoire reviendra, soi-disant, à son niveau de 2016, soit 44,3 %, ce qui reste spoliateur : Rien de nouveau sur ce plan-là.



Il y a certes quelques mesures intéressantes comme la nouvelle règle instituée pour limiter les niches fiscales, qui prévoit que toute création ou extension d’une niche ne se fera que pour 4 ans.

Mais en « même temps », la loi de Finances recrée ou prolonge de nombreuses niches !

Comme le Président s’y était engagé, le RSI disparaitra. Mais ce sera pour le faire absorber par l’URSSAF, ce qui permettra à un monstre d’en engraisser un autre pire encore.

Déjà aujourd’hui le RSI confie l’exécution de ses missions à divers opérateurs : Organismes conventionnés (OC) pour la branche maladie et le recouvrement des cotisations des professions libérales (PL), URSSAF pour le recouvrement hors PL.

L’appel et le recouvrement de ses cotisations est assuré en partie par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS). Cela ne marche pas pour autant et ça n’est pas en transférant le RSI à ceux qui ont montré déjà leur incompétence pour s’en occuper que le problème sera résolu.



Au niveau des dépenses, l’emploi public n’est réduit qu’à la plus petite marge possible, soit 1.600 postes (ETP) en moins. La seule nouvelle positive est que ce solde net permet de favoriser les fonctions régaliennes via la création de 1.870 postes dans le domaine de la sécurité (police, gendarmerie et sécurité civile), 1.000 au ministère de la justice et 518 dans les armées. 
Les autres ministères seront perdants, notamment les ministères économiques et financiers (– 1.648 ETP), de la transition écologique et solidaire (– 828 ETP), de l’Intérieur, hors sécurité (– 450 ETP), des Solidarités et de la Santé (– 258 ETP), du Travail (– 239 ETP), de l’Agriculture et de l’Alimentation (– 130 ETP), de la Culture (– 110 ETP), de l’Europe et des Affaires étrangères (– 100 ETP).

Mais vous aurez noté que les dépenses de personnel du budget général de l’État, hors pensions, grimpent. Elles s’élèvent pour 2018 à 87,0 Md€, soit une augmentation de la masse salariale de 2,4 % particulièrement généreuse lorsque l’inflation est à 1 %.

On comprend pourquoi les fonctionnaires ne grognent guère, finalement !

Et puis comptez avec un doublement des effectifs affectés à la sécurité physique de la personne de « Jupiter » : Il doit se sentir menacé, je ne sais pas.



La seule vraie bonne réforme annoncée est celle qui institue un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (CSG comprise) sur les produits de l’épargne (intérêts, dividendes, plus-values) couplé à la suppression de l’ISF sur les placements correspondants. Mais pourquoi ne pas l’appliquer aux revenus fonciers qui vont au contraire être pénalisés par l’IFI ?

Question sans réponse…

Notez qu’au passage on crée une nouvelle-niche sur l’épargne « assurance-vie », normalement longue, qui va pouvoir devenir « courte » pour les plus spéculatifs d’entre vous qui vont pouvoir faire des allers et retours à satiété et à moindre coût, ce qui n’était possible jusque-là moyennant d’avec la complicité de votre assureur-banquier et quelques « complexités ».



Car en même temps, est institué un impôt annuel sur les actifs immobiliers non affectés à l’activité professionnelle de leur propriétaire, désigné sous le nom d’impôt sur la fortune immobilière. On en a déjà causé, et à deux reprises.
Le rendement attendu de cet impôt est de 1,818.850 Md€ mais les estimations les plus sérieuses font plutôt état de la moitié de ce montant, un rendement proche de ce que coûtait et de ce que coûteront probablement encore le recouvrement et le contrôle de cet impôt tout entier idéologique.

Y sont assujetties les personnes physiques résidentes en « Gauloisie-foncière » pour tous leurs biens immobiliers situés en « Gauloisie-patriote » et à l’étranger, et celles qui n’ont pas leur domicile fiscal au pays, à raison des seuls biens et droits immobiliers situés sur territoire.

Les couples mariés, les partenaires liés par un pacte civil de solidarité et les personnes qui sont en situation de concubinage notoire feront comme à l’accoutumée l’objet d’une imposition commune, ce qui incitera à vivre discrètement en couple sans se marier pour bénéficier deux fois de la franchise et de la progressivité de cet impôt…

Ou quand on agite-propre la destruction rampante des cellules familiales.

Ça, plus les projets relatifs aux allocations familiales, non seulement on n’aime pas les « vieux-rentiers » du régime général, mais en plus, on favoriserait les enfants naturels…



Comme on l’a déjà souligné, certaines exonérations sont prévues pour les professionnels propriétaires de l’immobilier d’exploitation de leur propre société industrielle, commerciale, artisanale, libérale ou agricole. Mais le texte, qui plagie celui de l’ISF, est une véritable usine à gaz.

Et l’épargne placée dans des sociétés d’investissement immobilier tels que les SCPI, OPCI et autres institutionnels, cotés ou non, ne sera pas exonérée alors même que ces sociétés d’investissement contribuent largement à loger les foyers et à offrir des locaux locatifs aux entreprises qui préfèrent souvent, à juste titre, consacrer toutes leurs ressources financières à leurs investissements industriels et commerciaux.

Et dire qu’on manque encore de logements au pays…



Il est confirmé que l’on propose d’instaurer, à compter des impositions de 2018, un nouveau dégrèvement qui, s’ajoutant aux exonérations existantes en matière de taxe d’habitation, devant permettre à environ 80 % des foyers d’en être dispensés de paiement progressivement d’ici 2020 au titre de leur résidence principale.

Ce nouveau dégrèvement concernera les foyers dont les ressources n’excèdent pas 27.000 € de revenu fiscal de référence pour une part, majorées de 8.000 € pour les deux demi-parts suivantes, soit 43.000 € pour un couple, puis 6.000 € par demi-part supplémentaire.

Et l’État prendra en charge les dégrèvements, dans la limite des taux et des abattements en vigueur pour les impositions de 2017, les éventuelles augmentations de taux ou d’abattements étant supportées par les contribuables.

Outre que cette réforme est peut-être inconstitutionnelle, elle tend aussi à déresponsabiliser complètement les foyers Gauloisiens par rapport aux dépenses de leurs communes alors même que c’est l’inverse qu’il faudrait faire car nous ne parviendrons pas à réduire les prélèvements fiscaux et plus généralement le poids de l’État qu’en les rendant plus responsables de leurs dépenses.

D’un autre côté, c’est un effet d’aubaine pour la plupart que de voir se réduire – pas tout de suite – leurs charges « obligées ».



Une politique de redistribution qui ne vise sans doute en définitive qu’à accroitre la présence de l’État. Sans même forcément augmenter le poids des prélèvements, puisqu’il faudra quand même « payer » par une autre voie.
« L’État-Jupiter » cherche probablement à faire passer toujours plus d’argent par la grande machine publique et faire en sorte que de plus en plus de gens dépendent de l’État, y compris vos élus locaux qui râlent, et soient contrôlés par lui tout en gratifiant au passage les uns tandis qu’il punit les autres.

Ça n’est pas à proprement parler le libéralisme dont l’affuble l’extrême gauche ignare !



De ce qui ressort de cette politique budgétaire, c’est en effet ce qui se traduit par la hausse de la CSG pour réduire ou supprimer les cotisations chômage et maladie des salariés.

La CSG est augmentée de 1,7 % dès le 1er janvier, mais les compensations offertes aux salariés ne leur seront accordées qu’à l’automne suivant… 
Sous cette réserve, tout le monde sera compensé de cette hausse sauf les propriétaires bailleurs et les retraités.



La politique familiale est logiquement aussi sur le gril. Alors que le budget de la branche famille est équilibré, l’allocation de base pour la garde d’enfants est rabotée et le rapporteur général du budget s’est dit prêt, lors d’une conférence de presse ce 28 septembre, à mettre fin à l’universalité des allocations familiales déjà rognées à deux reprises ces dernières années.

Logique : « Jupiter » est jeune, il n’est pas réellement propriétaire immobilier (sa fortune serait « ailleurs » et s’agitant sur les marchés spéculatifs à l’abri des regards indiscrets) et il n’a pas réussi à faire des enfants à sa cougar.

Il n’aime donc ni les retraités ni les familles et maudit l’immobilier. Ses budgets sont à l’avenant !



En bref, l’addiction, ou dépendance à la dépense publique, est toujours le maître-mot de la « transformation » en cours.

En tout cas, c’est bien ce qui ressort du PLF 2018, malgré tout ce qu’on a pu vous raconter.

Mais on y reviendra…

 

I3

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2017/10/analyses-critique-du-budget-2018-i_11.html

 

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