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26/10/2015 20:35

Au nom du père II : Chapitre VI : Rencontre internautique

 

Au nom du père (Chapitre VI ; Tome II)

 

Rencontre internautique 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Au soir même, Paul se retrouve dans son 60 m² coincé entre Miho et Mylène qui se font la gueule à s’énerver après le chaton des voisins. 

Il s’enfuit dans la mezzanine et trouve sur sa boîte mail plusieurs messages : Les « filles », Charlotte et Aurélie, sont en Californie. Sans plus de précision. 

Plus un courriel inhabituel marqué « @cia.org.us » qui donne les coordonnées internautiques de Blaucher. 

Il prend l’initiative d’envoyer un mail de contact. 

 

Pendant les jours qui suivent, Paul cherche du boulot. On lui propose bien d’aller œuvrer dans une entreprise d’assurance, de jouer les « dégé » dans une autre qui fait de la valorisation de déchets. Une boîte de réseau électrique attire son attention. Une coopérative de produits bio, un syndicat professionnel, un cabinet de consultants en stratégie, un marchand de programmes informatiques à façon. 

Même son ancien « producteur » de film porno, Jean-Luc, se rappelle à son bon souvenir : Il est prêt à lui acheter des scénarios. Ce qui lui donne une idée… Après tout, Charlotte, la vraie, elle a déjà eu à faire avec les « deux salopes [1] » ! Faudrait à voir ce qu’elles sont devenues, ces deux-là : Ça pourrait être utile à Almont, sait-on jamais !

Et tant qu’on y est dans la rubrique « souvenir-souvenir », pourquoi pas également la sulfureuse Natacha [2] ? 

Encore une enquête de merde, qui n’a pas empêché cette dernière de toucher l’assurance-vie sur la tête de son mari et de laisser moisir son amant en prison ! 

Et du coup, il se décidera à faire un détour par Caen, là où Jean-Luc a posé ses caméras après ses exploits du « Newvox ». 

 

Pour les entretiens d’embauche dans des entreprises « normales » soit ses prétentions sont largement supérieures aux moyens de la boîte, soit les perspectives de développement lui paraissent trop étroites, soit, ça ne le tente pas du tout d’aller faire le guignol dans un métier qu’il ne connaît pas plus que ça. 

Même Lady Joan lui propose d’aller épauler sa copine écossaise, voire même de le prendre en qualité de consultant à Londres. 

Or, pour l’heure, il lui faut rester en France. Voir si les choses se décantent avec le « cabinet noir » et œuvrer à pister Lacuistre, une petite idée de la suite commençant à germer dans son esprit. 

Il en profite d’ailleurs pour aller saluer Liamone à Bordeaux. Une rencontre courte entre deux trains. 

Le type est en bout de course. En fin de vie. 

« Paul de Bréveuil. Le fils du juge que tu as assassiné dans les années 80. Il va tout juste y avoir prescription. » 

Il y a prescription depuis quelques mois. 

« Je m’en fous. Pour moi, c’est comme en Italie : Il n’y a jamais prescription. Je voulais juste voir ta tronche avant de te faire la peau. Et te dire que je me suis occupé de Risle. C’était le premier sur ma liste. Tu es le second avec ton frère. Plus tard, je m’intéresserai à tes gosses. Ça te va ? » bluffe-t-il. 

Ça ne lui va tellement pas, qu’il en fait une poussée de tension qui le rendra le soir même victime d’une rupture d’anévrisme. 

Il décédera quelques jours plus tard, devenu paraplégique pour rajouter à son malheur. 

 

Pareil la semaine suivante chez le frère. 

Le « légume », il regarde quand même son visiteur depuis son fauteuil, devant la fenêtre. 

« Je suis le diable. Et je viens cherche mon dû. Je vais te prendre ton âme ! » 

Paul ne sait pas si l’autre « capte » ce qu’il lui dit, tellement il a l’air avachi du neurone. 

Mais en revanche, il saura plus tard qu’il est parvenu à se jeter par la fenêtre du premier étage de sa maison de santé en hurlant : « Le Diable ! Le Diable ! » 

Celui-là aussi, ira en enfer se console Paul. 

Sans « DD », Paul passe des heures sur internet à rechercher Parepoux. Mais il en reste bien incapable pour l’heure. 

 

Sa véritable occupation est consacrée à des échanges de courriels avec Blaucher. On peut résumer les activités de celui-là pour le compte d’une banque française qui a monté le dossier financier des frégates de Taïwan et d’Arabie-saoudite il y a des décennies de ça, comme d’un vaste réseau mafieux. 

En fait, ces grands contrats sont le prétexte, pour beaucoup, pour blanchir de l’argent qui circule. 

 

Extraits [3] : 

« Le temps c’est de l’argent » répète-t-il souvent. « Et les banquiers en ont à revendre, du temps ! Mais pas les petits porteurs. 

Les banquiers vivent comme ça, en appelant cela « le terme » !

Ils ne volent pas leur client « à vue » comme on le met sur les traites ! 

Ils ne font jamais cela sous leurs yeux maintenant détournés ailleurs vers des marchés virtuels. 

Les banquiers préfèrent utiliser des mots savants incompréhensibles même pour eux-mêmes, pour cacher leurs escroqueries présentées en complet veston de bandit de grand chemin. 

Dans le système, y compris à la COB, on les endort en anticipant sur le temps pour vendre leurs économies au plus haut afin de les racheter plus tard au plus bas. 

Seuls les financiers de haut vol, connaissent les cours de rachat qu’ils manipulent à l’avance sans que tu le saches.

Souviens-toi d’Eurotunnel et de Disney ! » 

 

« Plus fort que cela, les spéculateurs même pas taxés, passent leur temps à parier sur les cours qu’ils manipulent dans un marché tellement énorme qu’il dépasse l’économie réelle. Les énormes profits qu’ils en tirent sont placés et gelés en off-shore. Sans jamais plus servir, ces détournements plombent l’économie du travail que l’on doit bien ponctionner pour réaliser les profits fictifs et purement comptables des spéculateurs. 

Les produits de la spéculation et de la corruption se rejoignent pour se « geler » sous le soleil des paradis fiscaux de mafieux. On y constitue là une réserve de guerre qui ne fait pourtant pas le poids avec les réserves asiatiques qui représentent 75 % de la richesse monétaire de la planète. » 

 

« Ceci devient le moteur de nos plus grands dirigeants qui recherchent activement de la rétro-commissions et qui s'attribuent sur la compétence des autres des salaires astronomiques malgré leurs erreurs de gestion. 

Tout cela pour bénéficier en bandes organisées, de plus-values astronomiques totalement indues. Les bénéficiaires indignes de stock-options détournées sont bien informés en vendant souvent leurs propres titres avant les autres. 

Puis comble de l'hypocrisie, ils rachèteront plus tard leurs titres (comme les banques l'ont fait avec Eurotunnel, Disney) au plus bas en détroussant leurs propres salariés et les petits actionnaires particulièrement abusés en 2001. » 

 

« Tout cela est indécent et cela devient de plus en plus litigieux, voir criminel sans que l'on se donne mauvaise conscience en ne rechignant pas sur la fréquentation de capitaux totalement mafieux voir en ne refusant pas le fruit d'une corruption démesurée puisque l'on accepte facilement  le système des rétro-commissions qui fait croire à la nécessité de répondre aux besoins d'intermédiaires soi-disant indispensables et souvent inventés pour se constituer en off-shore une retraite occulte. » 

 

« Les « banquiers de l'ombre » pilotent un empire criminel basé sur les unités noires. Un système qui inspire nos propres banques qui confient cela en France à des organismes spécialisés et privés qui ont pignon sur rue sous l'enseigne d'officines de renseignement dirigées par d'anciens officiers toujours en missions. 

Le banquier gère en fermant les yeux, jusqu’aux fonds des « Martyrs de la Révolution », sans que le siège ne trouve rien à redire. 

Il y avait pourtant la couverture occulte de fonds iraniens et palestiniens alors que des bombes explosaient à Paris et que nos crédits dits documentaires pour l’importation d'armement passaient pour des livraisons de fruits. 

Mais cela n'était rien à côté de ce que j'allais découvrir en Asie en repartant pour ma boîte à Taiwan ou après de minables bakchichs, j'allais chasser les rétro-commissions et les blanchir en « margins accounts ». 

La spéculation débridée venait couronner le tout. La suite l'explique et montre ma résistance et mon divorce avec cette institution dominatrice qui me croyait son dévoué. 

En partant de minables frasques et d'opérations médiocres, j'allais découvrir peu à peu le montage d'opérations bien plus criminelles au profit d’une clientèle avide de retours et de solutions de blanchiment » se souvient-il de son passé de banquier aux premières loges. 

 

« J’avais monté un système justement pour éviter le blanchiment. Je faisais valoir à ma direction que nous avions tellement de clients qui achetaient et qui vendaient à Taipeh, qu'il était préférable, plutôt que de faire des transferts au siège et de recevoir de l'argent, de tout bloquer dans un compte, de ne pratiquer aucun transfert et de ne verser que la différence : horreur ! 

J'ai, en effet, appris par la suite que mes patrons faisaient bien de la compensation, mais pour « planquer » les commissions et dissimuler le blanchiment. Dans ces conditions, quand je proposais de faire de la compensation pour éviter les transferts de devises, la corruption et la spéculation, je passai pour une âme damnée. » 

 

C’est le principe du « barter triangulaire » (troc) avec des risques de transferts en divises minimum ! « Tu parles que tu gènes les banques ! Où planquer les détournements si tu rends leurs opérations moins opaques ? 

Et si tu vantes le travail par rapport au virtuel tu vas forcément déranger. Leurs mouvements virtuels de fric représentent plus de 80 % de l’économie réelle et plus de 1.000 milliards de dollars sont échangés chaque jour sur les marchés internationaux, (les réserves de changes des pays du G 7 varient entre 250 et 300 milliards de dollars seulement !) 

Ainsi le capitalisme occulte peut, s'il le désire et quand il le désire, jeter sans raison commerciale, sur les places jusqu'à 800 milliards de dollars par jour ne produisant aucune valeur ajoutée. » 

 

« Ce fric, des positions comme on dit, on ne l'a pas ! Il est virtuel, les profits sont factices et le développement suicidaire... Sur les 1.000 milliards brassés quotidiennement, seule une part infinitésimale se transforme en investissements productifs. C’est en l’an 2000 que l’on a atteint le comble de l’hypocrisie, en attirant sciemment des capitaux destinés à être détournés dans une spirale ascendante dont aucun banquier n’a osé en dénoncer le danger, vu qu’ils en connaissaient forcément le retour de fortune pour en profiter à coup sûr, en spéculant encore par des promesses de livraisons de titres au terme, dans le temps convenu. Ce qu’ils appellent « le terme » ou via les nouveaux produits dérivés. 

Le sort de cette épargne orientée vers l’abattoir financier, était scellé depuis longtemps, depuis que les banques voyaient leurs dépôts flancher pour les avoir trop orientés vers ce nouveau casino où seul le casinotier gagne et où l’on pratique le « baronnage » soit du blanchiment en dollar massif. Des profits purement spéculatifs de ces opérations finalement virtuelles se sont vite retrouvés dans tous les paradis fiscaux que le système bancaire a fait fleurir de par le monde, de Luxembourg à Limassol. » 

 

« Sauf que le fric cela ne s’évapore pas ! Et que nous sommes là, dans la comptabilité financière, voleuse et menteuse, mais toujours équilibrée et à chaque débit il y a un crédit pour un nanti improductif ! 

Et que si le profit spéculatif est virtuel il faudra bien le prendre en cash dans l’économie réelle, soit dans votre poche ! 

Alors comme on vous a déjà fait payer la note salée de CL, on va TOUS vous débiter sous formes divers, moins-values boursières, blocage de salaire, paiement forcé de frais divers et demain par la dette publique des pays qui ont refusé de tailler dans les salaires et les dépenses. 

Les autres, les bénéficiaires heureux élus et financiers de cette guerre indigne, les autres, bien peu nombreux ont été crédités loin de la bourse dans des paradis off-shore où ils se planquent pour aussi financer la guerre ! » 

 

Et encore : « Ce phénomène ne relève pas du complot ; il reflète plutôt l'irrationalité et la nature régressive du système financier. Les taux de change et d'intérêt réels, grâce en bonne partie aux mesures de déréglementation, sont largement hors du contrôle des gouvernements. Sur les seules trois places les plus importantes (Londres, New-York et Tokyo), les transactions quotidiennes de devises sont passées de 188 milliards à 653 milliards de dollars, selon les données de la Banque d'Angleterre. 

Et, en vertu de la déréglementation, elles sont désormais incessantes, et permettent de faire instantanément voyager des milliards tout autour de la planète. 

Les marchés sont de plus en plus concentrés géographiquement et aux mains de colosses. Les dix plus importants opérateurs de devises de Londres ont accaparés 75 % du marché. Les mêmes phénomènes sont à l'œuvre à New-York et Tokyo, allant de pair avec la puissance accrue depuis vingt années des deux cents plus grosses firmes multinationales de l'industrie et des services. » 

 

« Les grands acteurs jouent sur le long terme grâce à des portefeuilles de devises de 35 à 40 milliards de dollars. Grandes banques, fonds de pensions, compagnies d'assurances disposent d'une panoplie d'instruments sophistiqués idéaux pour intervenir dans « l'économie de casino » ; les gouvernements sont les otages de ces transactions qu'un opérateur qualifiait avec humour, mais non sans justesse, de « pratiques très élaborées de terrorisme financier ». » 

« Il faut te dire que pour bien planquer tout ce fric mal gagné, volé, escroqué, ce que ce que tu cherches n'est pas matérialisé et que ce que l'on cache au Luxembourg dans des comptes non publiés ce sont des écritures comptables qui n'ont aucune justification économique et dont seules les différences entre achats et ventes de n'importe quoi (du fric, des titres, des commodities, du vent parfois) sont extériorisées et virées via Swift. » [4] 

 

[1] Cf. L’épisode des enquêtes de Charlotte : « Contre-enquête : Carine & Claudine », à paraître aux éditions I-Cube. 

 

[2] Cf. L’épisode des enquêtes de Charlotte : « Le crime était parfait », à paraître aux éditions I-Cube. 

 

[3] Avec l’aimable autorisation de l’auteur de « CRA$H ! » dont l’action se situe en l’An 2000 (lien « écrasé » depuis par mesure administrative…). Un aperçu seulement : https://tycoon2000.free.fr/

 

[4https://www.swift.com/home/index.page?lang=fr

 

 

Source :

https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/10/au-nom-du-pere-chapitre-vi-tome-ii.html

 

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18/10/2015 18:56

Au nom du père II : Chapitre V : Rencontre improbable

 

Au nom du père (Chapitre V ; Tome II)

Rencontre improbable 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Sidérant. Paul revient de Fresnes troublé par ce qu’il vient de vivre. Cette garce-là est animée d’un « vouloir-vivre » étonnant. Elle y met de la fougue croyant encore à son avenir qu’elle n’a pourtant plus. 

Miho se bat avec un chaton tout roux tacheté de blanc quand il rentre chez lui. Celui des voisins de palier : Il a tendance à passer par les balustrades. Il s’agit de le choper et de le garder au frais devant une gamelle de lait pour le restituer à ses propriétaires quand ils rentreront. 

« Mais laisse-le et arrête de lui donner à boire ou à manger ! Il rentrera tout seul chez lui. » 

Mais il est : « Si chat mignon ! » 

Tu penses, un truc à laisser des poils partout et à faire ses griffes sur les montants des fauteuils tout neuf. 

 

En fin de semaine, il reçoit un coup de téléphone. La voix du gusse qui se faisait passer pour « Jacques Chirac ». Re-bouffée d’adrénaline. 

« On continue ou non ? » 

Que son patron aille se faire foutre : Il ne peut rien pour lui. 

C’est là qu’il prend peur pour Mylène : Son restaurant sur péniche peut-être la prochaine cible. 

Comment arrêter le carnage ? 

La fondation Risle n’existe plus, c’est comme ça, et ses activités illégales non plus. Personne n’y peut plus rien. 

Aussi, ils descendent pour le week-end. Ce qui est une erreur, mais bon, personne n’est parfait. 

Mylène n’en peut plus de tout faire toute seule pour faire tourner leur boutique où elle n’est que gérante minoritaire (pour des raisons de fiscalité appropriée et de couverture sociale à l’époque de sa création). 

L’argent manque en caisse dès qu’elle embauche du monde pour l’aider en cuisine ou « en salle ». Et dès qu’elle s’en passe, elle est crevée. 

Et puis de voir Paul avec sa « niaquewée », ça l’enrage, même si Paul reste « assidu » à ses charmes à elle quand il est là. 

« Il y a bien une solution. Tu laisses tomber. On revend la péniche et le fonds de commerce et tu pars en vacances à Kotor ! Peut-être même que Pètros te garderas en cuisine. » 

Il n’y pense pas ! À bientôt 50 balais, elle ne va pas refaire sa vie à l’étranger. C’était leur deal à eux deux. 

Et puis, vu tout ce qu’il y a au passif du bilan en termes de compte-courant, la vente ne suffirait pas à tout rembourser. 

« Ça ira mieux le jour où on aura fini de rembourser les banquiers ! Il suffit de tenir ! » 

Ils ne tiendront pas : La péniche explose et coule, retenue par ses amarres le mardi matin suivant, alors qu’elle fait ses courses à Rungis avec son antique camionnette. 

Heureusement, le personnel fumait une cigarette sur la berge avant de se mettre au boulot. Pas de blessé, mais une grosse frayeur. 

Le problème, avec Mylène, c’est qu’elle n’a pas payé l’assurance… 

Même pas la peine de « jouer » avec l’expert. 

Qui d’ailleurs passe quand même constater les dégâts par acquis de conscience un peu plus tard. 

« C’est quand même pas de chance pour toi, Paul. Il n’y a plus que l’usine qui n’a pas encore sauté. » 

« Je ne suis plus à l’usine, Marc ! Celle-là, tu peux la garder en portefeuille. Elle ne risque rien. » 

« Et tu vis comment alors ? » 

Là ? Vraiment sans le sou. 

« C’est moi qui ai le contrat pour ton appartement ? » 

Oui ! « Faut que je réfléchisse… » 

Un ami ? 

Tous les mêmes… 

Et c’est bien là que Mylène prend ses quartiers, sur les bords de Seine, passant ainsi de la rive droite à la rive gauche, mais en amont et en face de la cathédrale de Paris. 

Paul en est à se demander s’il ne sera pas plus en sécurité au large sur son ketch. Au moins, personne ne viendra l’emmerder au téléphone à le menacer de représailles pour un truc qu’il lui est matériellement impossible de faire.

 

Il envisage d’ailleurs sérieusement de faire la route des trois caps, puisqu’un jour ou l’autre il lui faudra « être loin », jusqu’à ce qu’il fasse une rencontre totalement inattendue. 

Charles Almont est de passage à Paris et « comme par hasard », tiens donc, croise Paul sur le Boulevard Saint-Germain. 

« Ah mais quelle surprise ! Mon meilleur agent qui se promène ! »

Oui, oui : Tu parles. Il allait à la « maison de l’association des X » voir si on lui avait trouvé un point de chute, tout en broyant du noir. 

« Je vous offre un pot, il faut qu’on parle. » C’est ainsi qu’ils se retrouvent tous les deux au pub Saint-Germain, les « g-men » de protection du directeur-Europe (sauf l’Angleterre) en embuscade. 

Et parler de quoi ? 

« Je suis au courant pour vos déboires professionnels. Vous savez que votre prototype intéresse pas mal de monde à Washington. Ça vous dirait d’en faire une petite présentation là-bas ? » fait-il tout de go et dans la même phrase. 

Non ! « Vous avez beaucoup mieux aux states. Le X 34, le Walkyrie et plein d’autres. C’est juste un petit démonstrateur de même pas 10 tonnes au décollage. Aucun intérêt ! »

Mais qui vole à plus de Mach 5. « On a eu du mal à le repérer entre deux prises de vue de satellite !» 

« Déconnez pas ! Vos navettes filent à Mach 25 en vol plané. » 

Pas dans l’atmosphère dense. Elles ne vont pas plus vite que Mach 3 et pas longtemps. 

« Vous savez, je n’ai rien inventé. Mes céramiques, ce sont les mêmes que celles que vous savez faire depuis fort longtemps. Il n’y a rien à rajouter que vous ne sachiez pas déjà, puisque j’ai tout pompé dans vos nomenclatures publiées ici ou là ! » 

Il en convient. « N’empêche, vous savez pourquoi vous avez été mis sur la touche, au moins ? » 

Le gouvernement veut des drones, pas des avions hypersoniques qui n’ont aucun intérêt opérationnel. 

« Or les drones, EADS en teste et Dassault également. Je ne vais pas m’y mettre à mon tour pour un marché domestique aussi étroit ! D’autant qu’ils finiront bien par vous en acheter sur étagère, ou auprès des israéliens, vous le savez comme moi ! Ce sont des spécialistes, les israéliens… » 

Eux aussi, le sont devenus. Plus vite, plus loin, plus fort que les machines juives. 

« Je sais. » 

 

Non, il ne sait pas la vraie raison de sa disgrâce pense Almont. 

« Il s’agit du cabinet noir de l’Élysée ! » 

Paul sait ça aussi depuis l’épisode canadien et la présence répétée du « Jacques Chirac ». 

« Parce que vous croyez à cette affaire absurde ? Vous vous êtes fait bourrer le mou par les cousins de la belle province ! Ou alors, c’est vous qui manipulez tout le monde autour de ce faux-nez !» 

Non, c’est sérieux. 

« Votre Président a vraiment un problème avec sa queue. Il faut se rappeler qu’il a d’abord cherché à se la rallonger, pour contenter sa première épouse avec l’argent de l’héritage de sa grand-mère. 

Puis la seconde a exigé qu’il se fasse installer une prothèse pour en augmenter le diamètre et le volume. Ça lui donnait cette démarche chaloupée que vous avez pu tous voir pendant la campagne 2007. 

Depuis sa rencontre avec la troisième, il est même allé jusqu’au Mexique rencontrer un éminent spécialiste sur la côte pacifique. Tous les deux veulent un enfant, mais elle, elle a « la cheminée » plus grande que nature, on sait ça pour s’être procuré le diagnostic du toubib à l’agence, et lui il ne fait pas le poids avec ses 8 centimètres : Il n’éjacule plus aussi fort que comme à ses 20 ans ! » 

Une histoire qui rappelle de loin à Paul une des enquêtes de « CAP-investigation » qui n’avait jamais abouti, celle sur un type mal doté par la nature, a-spermatique, violeur et tueur en série, qui n’a jamais pu être identifié… Mais il n’allait pas lui en parler tout de même : Rien à voir, pour le moment. 

Débile ! « Ils ont tous les deux eu des enfants chacun de leur côté. Et puis il y a d’autres solutions que celle envisagée. La FIV, l’insémination artificielle. 

D’autre part je vous signale qu’il a fait un gosse à sa garde des sceaux entre-temps. Il n’est pas ni impuissant ni stérile que ça, que je sache. » 

Le môme de Rahmida ? On dit que c’est le frère. 

« Ça, c’est pour quand un malin de journaliste arrivera à faire un test génétique de paternité ! » 

« Elle a le cul plus serré, ou elle est restée fesses en l’air plus longtemps pour compenser ! » 

Eh bien Carlita, elle n’a qu’à en faire autant. « Ou c’est moi qui vais lui faire son gosse ! On ne va quand même pas ranimer un réseau de criminels disparu, uniquement pour procurer une bite de 20 centimètres au gnome sous prétexte qu’il est le chef ! Faut pas déconner non plus, Monsieur le Directeur ! » 

« Moi, je sais bien que vous avez raison, mais lui a payé 50.000 dollars pour l’avoir et il la veut. » 

« Eh bien dites-lui qu’il aille à Pékin faire trucider le donneur. Mais prévenez-le qu’une quéquette jaune, Carlita va en avoir une fausse-couche. Ou que s’il garde son épiderme, il n’aura plus de prépuce, s’il en a encore un ! Et encore, si c’est suffisant : S’il grimace, les coutures pourraient péter ! 

Ce n’est quand même pas de ça que vous êtes venus me parler, présume-je. »

 

Non c’est vrai. Mais ça a un rapport.

« En fait, je devais vous remercier pour votre rapport sur votre visite des installations de Sir McShiant : Il correspond à ce que nous nous attendions. 

Ce qui renforce encore mieux votre … « fiabilité » à nos yeux et ceux de nos alliés de l’Otan. 

Mais… car il y a un « mais », nous avons récemment fait appel aux services de « Charlotte » par la voie habituelle pour exfiltrer un iranien qui en sait long sur le programme nucléaire du pays et était d’accord pour une expédition aérienne. 

Tout était prêt, sauf qu’on nous a répondu que vous n’étiez plus à l’effectif. Le temps de se retourner, notre gars est passé sous un camion. Une opération qui coûté à l’agence un bon million de dollars… 

D’où ma présence ici. » 

Qu’il ne rêve pas : Il n’a même plus son hydravion. 

« Je sais. On est en négociation. Parce que ledit « cabinet noir » aimerait bien aussi qu’on se charge du sort du directeur de la banque des pauvres. Il leur fait peur pour leur échéance électorale de 2012. » 

C’est loin et avec tout ce que les Services ont sur son compte, ça ne sera pas bien difficile que de le faire sauter en plein vol, celui-là. 

« C’est un peu plus compliqué que ça. Si l’affaire Ferrayé et celle de l’argent de la division Daguet sortent dans la presse, effectivement, les jours du présidentiable sont comptés. 

Quoiqu’avec vous, les français, vous êtes encore capables de voter pour lui. 

Par ailleurs, l’agence ne peut rien contre lui sur le territoire américain. » 

Ils en ont d’autres, des agences : Le FBI, le NSA et quelques officines opaques. 

« Bien sûr, bien sûr. D’autant que le bonhomme donne des cheveux blancs aux autorités monétaires de mon propre pays avec ses affaires de paniers-monétaires en « DTS » multidevises. Si on le laisse faire, le dollar, et donc l’économie mondiale ne sont pas sortis de la crise, mais au contraire y replongeront encore plus durablement. » 

Le dollar, toujours le dollar ! Ils n’avaient qu’à pas accepter sa nomination à ce poste-là.

« Pas si simple : On devait aussi récupérer nos milliards perdus et ce gars-là aurait pu être utile à ce moment-là pour vous confirmer nos informations. Mais vous n’en avez pas eu besoin. » 

Quand donc les USA cesseront ils de manipuler tout le monde : « Le dollar n’est pas le pivot de tout ce qui tourne sur la planète. » 

Si : 60 % des échanges. Et il y en a tellement qui circule que s’il s’effondre, c’est toute l’économie planétaire qui s’effondrerait. 

On en reviendra au troc, c’est tout. 

« Tiens, à propos de troc. Il faudrait que vous rencontriez Blaucher. Un de vos banquiers « repentis ». Il vous expliquera son idée de « Barter » qui serait basée sur le même principe ! Vous l’avez cité dans votre blog d’Infreequentable ! »

« Arrêtez ! Je n’ai pas de blog, vous pouvez vérifier. Que j’en aurai eu un, de toute façon je n’y aurai pas mis ces textes, évidemment. Je vous soupçonne, vous, au contraire, de poursuivre avec ce gugusse-là que je ne connais pas, un agenda qui n’est pas le mien, ni celui de mon pays. Et vous me savez loyal, Monsieur le Directeur. 

Et je ne connais pas ce Blaucher. Parce que ce n’est pas si innocent que ça que d’avoir mis autant de détails de cette affaire en ligne. » 

Justement non. 

« Je vous explique : Nous avons dissuadé vos Services de sortir cette affaire sur la place publique, même contre la tête du banquier des pauvres. Car nous n’avons aucun intérêt à la divulguer en ce moment, en plein rebond de crise des dettes publiques.

Pensez donc, comment expliquer que la CIA disposait d’au 15 milliards de dollars de fonds secrets pour calmer les Koweïtiens en 1992 et qu’elle les a récupérer fin 2009 seulement et grâce à vous ? 

Pour en faire quoi, en plus ? Alors que la Fed injecte difficilement et dans la douleur des centaines de milliards de dollars pour soutenir l’activité du pays et le versement des pensions à nos retraités ! 

Vous n’y pensez pas une seule seconde, Capitaine ! Et en plus, juste avant nos propres échéances électorales. Il faut absolument garder le secret total sur cette affaire », s’exclame-t-il ! 

Bon et alors ? 

« Ils nous ont répondu qu’ils ne feraient pas, si on leur explose le candidat, persuadés qu’ils sont qu’il peut remporter les élections de mai 2012. 

Et j’avoue que d’avoir un personnage pareil à la tête de votre pays, ça n’emballe même pas le Président Obama dont c’est pourtant le cadet de ses soucis ! »

Bon et alors : Il veut en venir où le directeur-CIA ? Et puis ils veulent qui à la place du banquier des pauvres ? 

L’actuel président leur conviendrait… pour l’heure. Mais ça peut encore changer s’il déconne trop sur la « moralisation » de la vie de la planète financière… 

« Si vous nous trouviez une bonne idée, on pourrait peut-être négocier qu’ils vous foutent la paix, qu’en dites-vous ? » 

Un ange passe, puis s’enfuit à la perspective d’un futur immédiat désagréable aux plumes de ses ailes. 

« Vous rigolez, Charles, là ! Je ne me mêle pas de politique, vous le savez bien. Je n’en ai rien à battre que l’un ou l’autre soit élu. Du moment que c’est à la régulière. Ça, c’est le premier point. 

Et le second, vous savez très bien que je ne suis pas votre agent. Je rends uniquement service à ma hiérarchie, quand c’est pour mon pays ! Voire même ses alliés, que vous êtes quand elle en décide. » 

La voix de Paul est sourde et grondante comme d’un orage lointain qui déferle rapidement de l’horizon… 

« Vous n’avez plus de hiérarchie opérationnelle ! Un agent isolé et en disgrâce prolongée. Réfléchissez ! » 

« Remettez-en une en fonctionnement qui soit crédible, et on verra. Mais je vous remercie de penser à mes petits-soucis d’intendances actuels. C’est assez sympathique de votre part. » 

Charles Almont se cale au fond de son dossier, comme pour mieux réfléchir et prendre du recul. Peut-il, doit-il proposer à « Charlotte » de devenir un agent de la CIA avec payes à l’appui ? 

Ce serait le moment, mais il se ravise : Il pourrait recevoir une fin de non-recevoir cinglante et définitive et ce ne serait pas opportun pour la suite. 

Il décide donc de continuer selon son « plan A ». 

« Entendu, mais seulement si vous me dites que vous pourriez nous être utile. » 

Non, pas vraiment. « Ce n’est quand même pas si compliqué d’allumer ce gars quand on sait que c’est un queutard infini. Surtout chez vous où ce genre de choses ne pardonne pas à un homme politique.» 

C’est une hypothèse à travailler. 

« Mais notez que nous, on ne peut rien faire aux USA. Et dans votre pays, vous avez d’autres mœurs, tellement habitués que vous êtes à ce genre de frasques de vos personnels politiques depuis si longtemps. Ça peut ne pas prendre, au contraire. Vos électrices de femmes adorent les « mecs virils » ! » 

Faudrait pas non plus qu’il exagère : virilité n’a jamais voulu dire agression ou abus, ni viol, ni se taper des putes à toutes les occasions, en bande organisée ou en solo. 

 

« Il faut que ça se passe aux states, je l’imagine bien, mais aucun français n’a de réseaux pour faire ça là-bas, de toute façon. Essayez avec vos collègues les britanniques ! Ou ceux du Mossad. » 

Sûrement pas : « On a d’autres préoccupations avec les anglais et les israéliens et nos directions opérationnelles ne sont pas fusionnées, vous le savez ! » 

Ah oui ? Quoi ? 

Charles Almont botte en touche : « Des choses comme les performances supposées des derniers avatars de la guerre froide. Le T 50 de chez Sukhoï, le J 20 des chinois, par exemple » fait-il en rebondissant sur le domaine aéronautique qui ne peut pas laisser indifférent Paul de Bréveuil, l’ex-aviateur militaire. 

« D’ailleurs, à propos d’avions, je vous signale que nous ne sommes pas les seuls à nous intéresser à vos prouesses. Normalement les Russes, les israéliens aussi, mais surtout les chinois ne devraient pas tarder à prendre contact avec vous, si ce n’est déjà fait ! »

Pas encore vus. 

« Et votre agent Nord-Coréenne, qui loge chez vous ? Elle n’est pas indiscrète ? » 

Pas si mal renseigné que ça… 

Il la saute de temps en temps et elle aime ça, c’est tout. « On me l’a refilée entre les pattes alors qu’elle devrait être en taule à Séoul. Vous avez manqué à tous vos devoirs, sur ce coup-là. Elle a failli me tuer à deux reprises, quand même ! » 

Ce n’est pas eux : « Votre gouvernement n’a rien contre elle, sauf votre enlèvement. Et ils ont tenu leur promesse d'octroi de son asile politique. Je n’y peux rien ! » 

Ouais, bon… En attendant, coller une espionne patentée à proximité des installations d’Aubenas, ce n’est pas la meilleure idée du siècle. 

Et désormais, de toute façon, lui aussi il en est assez loin, desdites usines. 

« Bon, bon ! Pour vous faire plaisir, je veux bien y réfléchir. Mais je vous assure, que monter un réseau chez vous, sans soutien, ça n’a rien d’évident. Je ne sais même pas par où commencer. » 

Là, ils peuvent l’aider. « Vous avez des gars assez costauds en tête ? » 

Pas encore. « Laissez-moi y réfléchir. Si je ne suis plus emmerdé par vos connards de « cabinet-noir » et que ma « hiérarchie », mais je la veux militaire, cette-fois ci et de la marine de préférence, parce que je n’ai confiance que dans les marins, sans aucun « politique » en travers, si elle fonctionne dans le sens que vous souhaitez, je veux bien y consacrer un peu de temps. » 

Ok ! « Tope-là ! Et bon retour parmi nous ! C’est comme si c’était fait… », fait Almont qui ne doute décidément de rien, avant de se séparer. 

 

Complètement cinglé, pense Paul en le voyant partir accompagné d’une voiture suiveuse. 

S’attaquer à un chef de l’opposition, un futur présidentiable, jamais aucune « hiérarchie » surtout pas militaire et surtout pas l’amirauté ne viendra appuyer ce genre de démarche : On a une tradition séculaire à respecter parmi les porteurs de pompons, il l’a oubliée. 

En attendant, ça pourrait lui donner un peu de répit, pense Paul. 

Parce que plus de job, plus d’avion, plus de moto, plus de domicile, plus de sémaphore, plus d’agence CAP-Investigation, plus de fondation de repli, plus de restaurant sur péniche, demain plus de voilier et peut-être même plus d’hôtel en Bosnie, on ne peut guère toucher le fond plus bas en quelques semaines : Une véritable catastrophe.

Et tout ça pour une histoire de bonne femme qui ne veut pas se mettre les fesses en l’air pour se faire encloquer ? Dément !

 

https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/10/au-nom-du-pere-chapitre-v-tome-ii.html

 

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