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19/08/2015 11:29

Mains invisibles II : Chapitre XVIII : Chengdu (3/3)

 

Chapitre XVIII : Chengdu (3/3)

 

11 janvier 2015…

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Mercredi 7 janvier : Vers 11 h 30, deux hommes cagoulés et lourdement armés pénètrent dans l'immeuble qui abrite les locaux du journal Charlie Hebdo au n° 10 de la rue Nicolas-Appert à Paris dans le 11ème arrondissement, après s’être trompés une première fois d’adresse, presque perdus.

Ils y tuent onze personnes : un agent de maintenance dans le hall de l'immeuble puis dix personnes collaborant au journal ou invitées par ce dernier à la conférence de rédaction.

L'opération commando dure environ cinq minutes.

Onze autres personnes sont blessées à des degrés divers. Les policiers, alertés par le voisinage qui a entendu les tirs, commencent à arriver à proximité des lieux.

Ainsi, dès le début de leur fuite, les assaillants se heurtent successivement à trois patrouilles de police : devant la puissance de feu des tueurs, la première patrouille en voiture recule, la deuxième à vélo est contrainte de s'abriter ; la troisième composée de deux policiers à vélo circulant sur le boulevard Richard-Lenoir tente de stopper la fuite mais, rapidement, un des deux policiers est blessé et tombe au sol où, quelques secondes plus tard, il est tué d'une balle dans la tête tirée à bout portant.

Les fuyards repartent immédiatement, passent par la place du Colonel-Fabien et, après avoir endommagé leur voiture rue de Meaux, l'abandonnent et obligent un conducteur à leur céder son véhicule. Les policiers perdent leur trace vers la porte de Pantin.

En abandonnant leur voiture, les tueurs ont laissé de nombreuses informations qui, dans la soirée, permettent à la Police d’identifier les suspects et de lancer un avis de recherche général.

Une « chasse à l'homme » est alors lancée au niveau national qui met à contribution l’ensemble des forces de police et de gendarmerie.

Le plan Vigipirate est placé à son niveau maximum – « alerte attentats » – dans la région Île-de-France.

 

Par ailleurs, Amedy Coulibaly est suspecté d'être le responsable de l'agression d'un joggeur le 7 janvier 2015 à 20 h 30 à Fontenay-aux-Roses, ville où il résidait.

La victime a été grièvement blessée par plusieurs tirs d'arme automatique.

Le 11 janvier 2015, le parquet de Paris, qui s’est saisi de l’enquête sur l’agression du joggeur, a annoncé dans un communiqué qu'un lien a été fait entre la prise d’otages vendredi dans l’hypermarché casher de l’est de Paris et l’agression du joggeur, grâce aux « étuis percutés découverts à Fontenay-aux-Roses » et au pistolet Tokarev retrouvé dans le magasin casher où Amedy Coulibaly effectue un jour plus tard une prise d'otages. Selon la victime, l’agresseur serait de type européen, donc l’affaire reste très floue.

 

Jeudi 8 janvier : Alors que les regards restent braqués sur la traque des deux suspects de Charlie Hebdo, une fusillade survient à Montrouge le 8 janvier 2015 autour de 8 h 16.

Appelés pour un banal accrochage entre deux véhicules, une jeune stagiaire de la police municipale et un agent de la voirie sont pris pour cible par un individu masqué portant un gilet pare-balles et armé d'un fusil d'assaut Kalachnikov et d'une arme de poing, qui sera plus tard identifié comme étant Amedy Coulibaly.

La jeune policière, Clarissa Jean-Philippe, touchée dans le dos, succombe à ses blessures tandis que l'agent de voirie est gravement blessé.

Le tireur prend alors la fuite, laissant derrière lui sa cagoule : cela permettra le lendemain aux forces de l'ordre d'identifier formellement Coulibaly grâce à son ADN. Quelques minutes plus tard, les secours et les forces spéciales de la BRI arrivent sur place.

Le lieu de la fusillade est à proximité d'une école juive.

Le 13 janvier, Robert Badinter et François Hollande lors de l'hommage qu'il aura rendu aux policiers tués ont indiqué que l'hypothèse qui ressort de l'enquête en cours est que la cible initiale de Coulibaly aurait pu être cette école.

 

Ce même jeudi 8, vers 9 h 30, les deux fugitifs de Charlie Hebdo sont aperçus dans une station-service dans les environs de Villers-Cotterêts dans l'Aisne.

À la suite de cette information, le niveau « Alerte Attentat » du plan Vigipirate est étendu à la Picardie. Aussitôt, un énorme dispositif de recherche se met en place : des barrages sont dressés tandis que les policiers du GIPN aidés de ceux de la BRI ainsi que par le GIGN, des corps des forces de l’ordre qui défileront, masqué, sur les Champs-Élysées le 14 juillet suivant, inspectent les maisons de plusieurs villages des environs, Corcy et Longpont, ainsi que les bois environnants. Aux alentours de 22 h 30, les effectifs de recherches sont allégés, mais celles-ci se poursuivent.

Amedy Coulibaly serait aussi l'auteur de l'explosion d'une voiture le 8 janvier 2015 au soir à Villejuif.

 

Vendredi 9 janvier : au matin, deux jours après avoir commis l'attentat au siège de Charlie Hebdo, les frères Chérif et Saïd Kouachi sortent d'un bois dans la matinée et braquent un automobiliste à Nanteuil-le-Haudouin puis prennent la direction de Paris.

Cependant ils tombent bientôt sur une patrouille de gendarmerie à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne).

Des échanges de tirs ont lieu et Said Kouachi est légèrement blessé à la gorge par un « tir de riposte » d’un gendarme. Les terroristes prennent la fuite et se retranchent vers 9 h 15 dans une imprimerie où ils prennent en otage le gérant de l'entreprise mais finissent par le relâcher à 10 h 20.

Ce dernier explique que les deux forcenés possèdent des kalachnikovs, un lance-roquettes et des cocktails Molotov.

Deux employés sont présents dans l'imprimerie au moment où les terroristes font irruption dans le bâtiment. Le premier réussit à s'enfuir. Le second, Lilian, 26 ans, parvient à se cacher sous un évier dans la salle de restauration de l'entreprise. Il n'est pas découvert par les djihadistes et pendant plusieurs heures il parvient à échanger des SMS avec le GIGN.

Les forces de gendarmerie et de police se déploient autour de l'entreprise et dans tout le village, tandis que plusieurs hélicoptères survolent la zone. Située en zone gendarmerie nationale (ZGN), l'affaire est prise en charge par cette dernière et notamment par le GIGN qui, pendant plusieurs heures, tente d'entrer en contact avec les frères Kouachi.

Ces derniers refusent de répondre. Le GIGN communiquera cependant par SMS avec l'employé caché dans l’imprimerie qui fournira notamment des indications sur l'intérieur de l'imprimerie, la position des frères Kouachi ainsi que la teneur de leurs discussions.

 

De son côté, Amedy Coulibaly est d'abord repéré porte de Vincennes et poursuivi par des patrouilles de police en voiture. Il tire dans leur direction et les balles se perdent.

Les policiers lui laissent une distance de sécurité. Coulibaly, visant des juifs, entre le 9 janvier 2015 vers 13 heures à l'intérieur d'une supérette Hyper Cacher située au 23, avenue de la Porte-de-Vincennes à Paris dans le 20ème arrondissement : à l'extérieur du boulevard périphérique, à la limite de la commune de Saint-Mandé.

Il est porteur d’une kalachnikov, de deux pistolets mitrailleurs Skorpion, de deux pistolets Tokarev, d’un gilet pare-balle et de quinze bâtons d'explosifs.

Dès 14 heures, le déploiement des forces de police comprend un hélicoptère et des dizaines de véhicules (police, pompiers, secours). L'enquête a été confiée à la section antiterroriste (SAT) de la police judiciaire parisienne, à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Le quartier est bouclé par la police et la circulation est interrompue sur le cours de Vincennes, sur le boulevard périphérique, pour le tramway.

Pendant la prise d’otages, Coulibaly appelle des proches pour leur demander d’attaquer des cibles.

L'assaut à Dammartin-en-Goële est donné à 16 h 56. Les deux djihadistes entrouvrent une porte d'entrée située au rez-de-chaussée et ouvrent le feu sur les gendarmes.

Ces derniers répliquent, d'abord avec des grenades à effet de souffle mais les tirs ne diminuent pas.

Les hommes du GIGN ouvrent alors le feu et abattent les deux terroristes.

Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, les deux frères étaient en possession de deux fusils d'assaut kalachnikov AK-47, d'un lance-roquettes avec roquette engagée, de 10 grenades fumigènes et de deux pistolets automatiques.

L'un des frères a vraisemblablement tenté de piéger son corps avec une grenade.

 

Du coup, l'assaut porte de Vincennes est donné un quart d’heure plus tard, à 17 h 12 par le RAID et la BRI, qui pénètrent dans l'épicerie après le lancement de quatre grenades assourdissantes. De nombreux tirs d’armes automatiques claquent pendant que les otages sont libérés.

Le preneur d’otages, Amedy Coulibaly, est tué alors qu’il tente de sortir. Plusieurs otages sortent peu après et sont pris en charge.

Quatre personnes sont gravement blessées et quatre ont été assassinées : Yohan Cohen, Yoav Hattab, Philippe Braham et François-Michel Saada.

Deux policiers du RAID et un autre de la BRI sont blessés. Le preneur d’otages avait des explosifs avec lesquels il a tenté de piéger l’une des portes du magasin.

Une opération de déminage se poursuivra peu après 17 h 30 afin de sécuriser l'épicerie. Le soir même, vers 19 h 55 à la télévision, le président de la République Francis Landau qualifie cette prise d'otages d'« acte antisémite effroyable » et a appelé à ne faire « aucun amalgame ».

 

Le samedi 10 janvier 2015, le lendemain du terme des évènements, plus de 700.000 manifestants défilent à travers tout le pays. On note environ 150.000 manifestants à Toulouse, 300.000 à Lyon, environ 80.000 à Nantes, plus de 45.000 à Marseille, 40.000 à Perpignan, environ 40.000 à Lille, 30.000 à Nice, Limoges et Pau, plus de 22.000 à Orléans, 13.000 à Agen, plus de 20.000 (soit environ le tiers de la population) à Troyes et 10.000 au Havre.

 

Mais c’est le 11 janvier 2015 que ces manifestations prennent une allure universelle.

Les diverses manifestations organisées à travers la France et Paris ont rassemblé quatre millions de personnes, la plus grande manifestation jamais recensée en France selon le ministère de l'Intérieur.

Tous ils étaient là, solidaires :

La chancelière allemande, son vice-chancelier et ministre de l'Économie, son ministre de l'Intérieur et celui des Affaires étrangères ;

La présidente du Conseil national autrichienne), son ministre des Affaires étrangères et celui de l'Intérieur ;

Le premier ministre Belge et son vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur ;

Le premier ministre Bulgare, le Croate, le Danois accompagné du ministre de la Justice ;

Le Président du Gouvernement espagnol et le Maire de de Barcelone, le ministre des affaires étrangères de l’Estonie, le Premier ministre finlandais, celui de Grèce, Le hongrois accompagné de son prédécesseur, l’irlandais, l’italien accompagné par son ministre de l'Intérieur, celui des Affaires étrangères, deux anciens présidents du Conseil, les maires de Milan de Turin et de Florence ;

Le premier ministre Letton, le ministre des affaires étrangères lituanien, le premier ministre du Luxembourg, celui de Malte, des Pays-Bas accompagné de son ministre de la Sécurité et de la Justice.

La première ministre polonaise, celui du Portugal, le Président du gouvernement tchèque, le Président Roumain, le premier ministre du Royaume-Uni accompagné d’un ancien ministre, le slovaque, le slovène et le suédois pour les pays de la zone euro.

 

Mais chez les autres, on aura noté les déplacements du premier ministre albanais accompagné par son ministre des Affaires étrangères, celui de la Jeunesse et du Bien-être social et du chef spirituel des bektachi du monde entier ainsi que le vice-président de la communauté musulmane albanaise, des évêques du diocèse catholique de Sapë et celui de l’Église orthodoxe d'Albanie ;

L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Biélorussie, le bosniaque vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, le premier ministre Géorgien ; la Présidente Kosovare, un ministre d’État monégasque, le vice-premier ministre monténégrin, la première ministre de Norvège, le ministre des affaires étrangères de Russie, le Premier vice-président du gouvernement de Serbie accompagné de la présidente de l'Assemblée nationale.

La Présidente de la confédération Suisse et le Président de l’Ukraine.

 

L’Algérie sera représentée par son ministre des Affaires étrangères, le Bénin par son Président, tout comme la République du Congo.

L’Égypte le sera par la présence du ministre des Affaires étrangères égyptien, le Gabon par son président, tout comme le Mali.

Le Maroc devait envoyer son ministre des Affaires étrangères, mais sa présence a été annulée « en raison de la présence de caricatures blasphématoires ».

Lesquelles, mon Dieu ?

Le Niger enverra son président de la République, le Sénégal également, le Tchad son premier ministre, le Togo son président, la Tunisie son chef de gouvernement.

 

Le Canada se fera représenter par son ministre de la Sécurité publique, les USA par son ambassadrice en poste à Paris.

Les Émirats arabes unis enverra son ministre des Affaires étrangères, Israël son Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères ; la Jordanie le roi Abdallah II et son épouse Rania, le Liban son ministre des affaires étrangères, la Palestine son président de l’Autorité palestinienne, le Qatar son émir et son ministre et président du PSG…

La Turquie son Premier ministre.

Le Conseil de l'Europe Conseil de l'Europe son secrétaire général, son président du Conseil européen, le président de la Commission européenne, le président du Parlement européen, la Haute Représentante pour l'UE et vice-présidente du Conseil européen ;

L’OTAN son secrétaire général ; l’Organisation internationale de la francophonie, son secrétaire général, tout comme la Ligue arabe Ligue arabe.

L’Organisation internationale du travail son directeur général.

L’ONU un envoyé spécial du secrétaire général et l’UNESCO et sa directrice générale.

 

Le temps d’une marche d’un « G 64 » de quelques heures, la planète faisait-corps autour de 4 millions de français, et Paul n’était pas parmi eux, meurtri, après les heures passées devant les écran d’ordinateur à suivre les derniers jours et les événements qui déferlaient sur la capitale française, la gorge nouée, entre deux calculs.

 

Le cortège parisien choisi va de la place de la République en direction de la place de la Nation, via le boulevard Voltaire. Le défilé passe à cinq cent mètres du lieu de l'attentat contre Charlie Hebdo. Un deuxième itinéraire passe par le boulevard de Ménilmontant puis l'avenue Philippe-Auguste. Un troisième itinéraire passe par la place de la Bastille via le boulevard des Filles-du-Calvaire.

La forte concentration de population attendue, dont de nombreux chefs d'États et de gouvernements du monde entier, fait de cette manifestation un événement à hauts risques. Au total, 2.300 policiers en tenue sont mobilisés pour cette journée.

Ils sont épaulés par 1.300 militaires, et par plusieurs centaines de policiers en civil.

Des tireurs d'élite sont positionnés sur les toits de Paris.

La « marche républicaine » se déroule finalement sans encombre ni le moindre incident.

On a même vu des flics remercier la foule, la larme à l’œil.

 

https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xviii-chengdu-33.html

 

 

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18/08/2015 10:55

Mains invisibles II : Chapitre XVII : Chengdu (2/3)

 

Chapitre XVII : Chengdu (2/3)

 

Les ateliers du « 002 »…

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Ignorant donc les usines dédiés d’Airbus et celles du constructeur local, la petite équipe de l’usine d’Aubenas s’installe dans un vaste hall sis à proximité de la base militaire où sont fabriqués les chasseurs de la série J, notamment le J20, une copie plus légère que l’original lui-même qui reste le F35 destiné à USAF, et ses bureaux installés en mezzanine.

Il faut y monter un four à céramique bien plus grand que ceux qui existent à la MAPEA d’Aubenas.

L’engin à former pèsera autour de 50 tonnes pour des dimensions approximatives, dans un premier temps, de 25 mètres sur 15 : un triangle, sans dérive supérieure.

La forme générale première est celle d’un duo, mais tronqué au deux tiers.

Une « étrave » en pointe et un fort « V » prononcé, qui s’étale ensuite et rapidement en une vaste assiette presque plate.

Sur l’eau, ce dériveur est une vraie savonnette et c’est justement l’effet recherché afin d’étaler les surfaces chaudes le plus largement possible sur l’intrados de l’engin, sa « partie-vive », où les céramiques doivent être « parfaites » et assez épaisses pour résister sans déformation aux fortes chaleurs de frottement dans les couches denses de l’atmosphère, protégeant ainsi la structure métallique de support forgée en titane habillée d’aluminium.

 

C’est un prototype taillé uniquement pour tester la résistance mécanique et thermique de la céramique et de la structure en entier.

Le vol prévu se configure de la façon suivante sur 28.000 km :

Décollage à la 28ème seconde de roulage (sauf que le premier vol se fera en décollant, sans roue, sur un plan d’eau en 80 secondes) et montée sur une pente de 60°, plein est.

À la première minute, à pleine puissance, l’engin est à moins de 4 kilomètres de son point de départ, à 1.500 mètres d’altitude et une petite vitesse de 426 Km/h.

À la minute 2, il est à 9.00O mètres et 13 kilomètres de son point de départ, lancé à la vitesse de 690 Km/h, toujours en vol subsonique.

Mais à la troisième minute, il est déjà à 26 km de distance, à une altitude de 20.300 mètres et continue d’accélérer à plus de 962 Km/h.

Il devient transsonique six à sept seconde plus tard, en accélérant d’1,3m/s².

À ce rythme-là, il sort de l’atmosphère à la minute 6’ 42’’, à quelques 121 km de son point de départ et poursuit sa montée jusqu’à 173,5 km d’altitude, à la vitesse stable de 1.904 k/h pour couper l’alimentation de ses quatre moteur-fusée, un peu après avoir commencé à survoler l’océan pacifique, à la 12ème minute et 38ème seconde.

Et là, c’est la phase de vol balistique, en apesanteur relative.

Le « 002 » doit voler comme ça jusqu’à la 128ème minute, perdant 8,5 m d’altitude par seconde sous l’effet de la gravitation terrestre et après avoir parcouru 13.732 km en ligne droite, toujours au même cap « à l’est-toute » pour une altitude de 114 km, aux limites supérieures des premières couches de l’atmosphère.

Là, ça commence à secouer s’apercevra l’équipage un peu plus tard.

 

S’il redescendait à la même allure, d’abord il irait trop loin et dépasserait sa base de lancement, mais les températures à supporter par le point d’arrêt des céramiques serait inférieure à 2.000°C, ce qu’elles savent supporter.

C’est d’ailleurs la solution « technique » des navettes spatiales et autres : elles réduisent leur vitesse orbitale, plus de trois fois plus élevée, en ralentissant l’engin avec le carburant resté en cuve.

Avec le « 002 », il en reste assez pour faire la manœuvre de retournement et ralentir l’engin avec le tiers restant : c’est d’ailleurs la solution B à retenir s’il y avait la moindre sonde indiquant, dans la phase de montée un incident sur le revêtement de protection.

Globalement, il s’agit de ne prendre aucun risque avec la vie de l’équipage. Raison pour laquelle, on n’ira pas plus haut pour retrouver une configuration de vol « atmosphérique » manœuvrable le plus rapidement possible…

Le premier plan, consistait à accélérer légèrement, jusque vers des températures de l’ordre de 3.000°. Puis de laisser faire la suite en laissant l’engin tomber vers le sol en vol plané.

En notant qu’il s’agit là de la température la plus élevée possible, puisque sur les autres parties de l’avion, les températures varient avec le sinus de l’angle d’attaque et de frottement.

On peut donc accepter qu’une partie de la céramique la plus chaude « s’évapore », s’effrite, dès lors qu’elle est assez épaisse pour protéger l’habitacle, quitte à refaire ce « morceau-là » de la pointe après chaque vol, ce qui est heureusement prévu dès l’origine.

Le seul morceau « démontable » pour être encastré en pyramide tronquée dans le corps du reste de l’appareil, comme pour les bords d’attaque des ailes.

 

En revanche, après le rendez-vous de Birgit à Barcelone autour de la catastrophe du vol 9525 de la Germanwings, le prototype a été enrichi d’un dispositif nouveau qui sera testé en atmosphère fin mars 2015.

Et puisqu’il s’agit d’un test grandeur nature, la configuration du vol a été substantiellement modifié, puisque pendant les 5 minutes suivantes l’entrée dans les couches fines de l’atmosphère et jusqu’à épuisement des réservoirs, les moteurs fusées seront rallumés pour « accélérer » encore et non ralentir, jusqu’à la vitesse de 4.630 m/s, soit Mach 16,8 avec une accélération de 5,4 G au démarrage et presque 12 G en fin de poussée de quoi vous envoyer dans les vaps, de provoquer des ruptures d’anévrisme, bien inférieur aux  5 G de la phase finale de montée, la plus pénible pour les organismes, parce que durant plus longtemps que les 4 minutes ultérieures, et une température de pointe de l’ordre de 14.150 °C.

Très largement au-delà de la phase plasmatique où toute matière se décompose en protons, neutrons et électrons libres, détruisant n’importe quoi.

C’est d’ailleurs ce qui protège la planète des astéroïdes et autres objets célestes, y compris les débris de satellites qui viennent la percuter tous les jours !

 

Il s’agira de monter un générateur de plasma en tête de l’avion, alimenté dans une première phase par un générateur d’arc électrique embarqué à bord et autoalimenté ensuite par les températures extérieures et l’induction.

Le principe d’un « tokamak », ces machines, comme Iter, qui confinent les plasmas d’hydrogène lourd dans un tore grâce à un puissant champ électromagnétique, jusqu’à fusion du deutérium : le principe de l’amorçage de la fusion nucléaire contrôlée.

Mais monté à l’envers !

À savoir que le champ magnétique à créer autour de l’engin écarte les protons exothermiques du plasma des parois de l’engin et capte les électrons dont il se nourrit pour créer le champ électromagnétique.

Créant ainsi une vraie cage Faraday autour de l’avion.

Ou de la MHD-appliquée…

Et ça commence à s’autoalimenter autour de 3.800° C : il s’agit donc d’aller au plus vite au-delà de la vitesse de 3.200 m/s atteinte, à peine 3’30’’ après le rallumage des moteurs.

Dans cette hypothèse, si les parties les plus chaudes devraient tenir au-delà, en revanche, l’anode, même en tungstène, devra être assez longue et être changée après chaque vol, rongée par le plasma.

 

Mais fin septembre 2014, on n’en est pas là : il s’agit seulement de fabriquer le four, de dessiner la céramique et tout le reste de l’avion, ses équipements internes et de navigation, et le moule final de la céramique à « fritter » d’une seule pièce, hors le bloc avant et les bords d’attaque des ailes.

Et pour éviter d’avoir des trappes d’ouvertures d’un train d’atterrissage sur l’intrados soumis aux hautes températures, qui ont perdu deux navettes américaines, plusieurs solutions sont étudiées : des trains qui remontent s’encastrer dans le dessus de l’avion, sur l’extrados, d’abord un tricycle, puis un quadricycle ; puis de s’en passer et utiliser un traineau destiné à rester sur la piste de décollage, mais quid de l’atterrissage dans ces conditions ?

On envisage même de retourner l’avion – et sa cabine de pilotage – dessus-dessous pour le faire décoller et atterrir « sur le dos » où serait alors loger le train monté, à l’envers, vers le ciel quand il est en vol ; ou encore un dispositif de coussin d’air, pour finalement transformer l’intrados en coque d’hydravion pour un décollage depuis le bassin de 4 kilomètres situé au sud de la ville et une arrivée sur un plan d’eau identique, le même de préférence, un temps pressenti pour accueillir les épreuves nautiques des JO de 2008.

Même s’il n’a pas été tracé pour ça.

Mais alors, avec une coque sans aspérité ni redan.

Solution pour le moins… « expérimentale » et iconoclaste !

Il faudra penser à autre chose pour le « Nivelle 003 », le vol « sur le dos » par exemple serait la technique la plus habile, car il devra aussi embarquer au moins 30 tonnes de plus en charge et le déjaugeage pourrait devenir problématique étalé sur plusieurs kilomètres… mais en faisant peut-être quelques économies sur le carburant à embarquer : encore un calcul d’optimisation à réaliser en fonction des profils de vol requis.

Et seulement si la configuration de la tuyère supporte un jour l’éjection d’un plasma à générer à bord.

 

Et pour ça, à l’occasion des aller-et-venus incessants de Paul entre Pékin et Aubenas, où finalement les équipages – il en comptera une dizaine – finissent par le laisser en paix rassasiés d’autographes, il profite de la trêve de Noël pour aller faire un détour sur le site du réacteur expérimental à neutrons rapides chinois (China Experimental Fast Reactor (CEFR)) qui est l'unique Réacteur à neutrons rapides chinois.

Il est construit au sein de l'Institut chinois de l'énergie atomique, localisé à environ 35 km au sud-ouest de Pékin dans le District de Fangshan.

Ce réacteur CEFR possède une puissance thermique de 65 mégawatts, transformée en 20 mégawatts électriques. Il s'agit d'un réacteur rapide refroidi au sodium.

Pas tout-à-fait la technologie visée par Paul, mais pas loin tout de même.

C'est un réacteur de type piscine avec une durée de vie prévue à la conception de 30 ans.

Il a commencé à produire de l'électricité en juillet 2011.

Pourtant, en octobre 2011, l'agence de l'énergie atomique japonaise annonce que le réacteur a cessé de produire de l'électricité à la suite d'un accident.

Le directeur de l'institut chinois de l'énergie atomique nie cependant qu'il y ait eu le moindre incident.

Le 31 octobre 2012, l'Agence Chine nouvelle annonce que le CEFR a réussi les vérifications de sûreté officielles et que le réacteur a continué à diverger.

Pour cette visite qui a lieu à son retour au tout début du mois janvier 2015, et où il a fallu demander quantité d’autorisations, il se fait accompagner par un de ses ingénieurs et deux interprètes formés par les chinois.

Il y en a 12 sur le site de Chengdu : les grands moyens pour un atelier de 80 personnes, y compris « l’intendance », dans les bureaux, et à peine une poignée de français, dont certains ne sont pas très à l’aise en anglais…

 

Et l’accueil est chaleureux … puisqu’adoubé par les autorités de Pékin, mais pas seulement : les réticences et suspicions du début de cette collaboration auront été effacées en quelques mois !

Quant au défi lancé aux ingénieurs locaux, faire tenir une mini-centrale au sodium dans un conteneur de 40 pieds pour une puissance délivrée nettement plus faible mais suffisante pour faire du plasma, a de quoi les étonner.

Une demande inattendue, là où leur problème est en général de faire le plus gros possible sans risques industriels pour les populations alentour.

En tout cas dans des limites raisonnables.

 

C’est que la Chine a un grave problème énergétique. La population est cantonnée pour l’essentiel sur la côte pacifique, du nord au sud et les bassins charbonniers se situent dans le nord et le nord-ouest du pays, en Mongolie intérieure, et tout particulièrement dans la province du Shanxi, qui contient les gisements les plus accessibles.

Trois caractéristiques fondamentales handicapent l’industrie énergétique du pays : d’abord la mauvaise qualité du produit, caractérisé par des coûts moyens d’extraction et de production très élevés et des teneurs en soufre importantes qui pollue l’atmosphère jusqu’à Pékin ; les déséquilibres géographiques, puisque l’industrie charbonnière est concentrée au nord et à l’ouest du pays alors que la demande se situe essentiellement au sud et à l’est. Enfin, conjoncturellement, la Chine doit recourir aux exportations, mais sans que cela ne se traduise par des répercussions très importantes sur les prix internationaux, la Chine étant le deuxième exportateur mondial en 2002.

Ces différents éléments ont trois conséquences négatives.

La première est une perte relativement progressive de compétitivité (une fois les coûts calculés selon les techniques occidentales de comptabilité) face aux sources plus « modernes » d’énergie qui sont aussi beaucoup moins polluantes, qui imposent moins de contraintes logistiques en matière de transport et sont disponibles en quantité croissante.

Par ailleurs, le rôle traditionnel du charbon comme charge d’alimentation destinée à générer la plus grande partie (environ les trois quarts) de l’électricité du pays est aujourd’hui remis en question. L’industrie du charbon est en effet devenue progressivement incapable de faire face à une demande d’électricité toujours plus grande dans les régions côtières, confrontée aux problèmes de l’engorgement du système des transports et de sa chaîne d’approvisionnement.

Cette situation conduit à de sérieuses pénuries, comme celles qui ont eu lieu à certaines périodes de forte demande en 2003 et qui sont en train de devenir un sujet de préoccupation majeure.

Enfin, sous l’impact des éléments précédents, la position de la Chine comme fournisseur régulier des marchés étrangers est remise en cause.

 

Quant au pétrole, deuxième source énergétique (satisfaisant 25 % des besoins), il offre une image très contrastée. D’un côté, la croissance soutenue du PIB chinois s’est accompagnée d’une demande accrue que l’industrie pétrolière chinoise, qui peine à se développer, qui a tout au plus augmenté légèrement sa capacité de production depuis la fin des années 1990, et ne parvient plus à satisfaire la demande.

La stagnation de la production est due en partie au déclin forcé (3 à 5 % par an) de la principale région productrice de Daqing (30 % de la production totale).

Les régions de l’ouest et certains gisements offshore sont prometteurs, mais le choix de non-internationalisation du secteur jusqu’à une période récente a empêché l’industrie nationale de forger des alliances et de bénéficier de l’assistance étrangère permettant d’augmenter les volumes grâce à la mise en œuvre de technologies modernes.

 

En bref, l’industrie nucléaire chinoise devrait avoir un avenir brillant, notamment grâce à des ingénieurs de qualité, seulement si les pouvoirs publics cessaient d’acheter « sur étagère » des technologies étrangères.

Mais elles ne semblent pas faire confiance à sa propre population, il est vrai, en sous-effectif récurrent.

Alors qu’un avionneur français, travaillant à Chengdu viennent jusqu’à eux poser des questions iconoclastes et visiter leur site, a effectivement de quoi les faire s’étonner et enthousiasmer…

Et ils ont été ravis de lui faire faire le tour du propriétaire.

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xvii-chengdu-23.html

 

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