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17/08/2015 11:18

Mains invisibles II : Chapitre XVI : Chengdu (1/3)

 

Chapitre XVI : Chengdu (1/3)

 

Redécouverte…

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

La ville de Chengdu est située au centre-ouest de la Chine, dans la plaine du Sichuan, au pied du plateau tibétain et sur le rebord oriental de la dépression du bassin rouge. La ville est considérée comme le centre de la Chine de l'ouest, c'est en tout cas le rôle qu'elle assume dans le plan de développement gouvernemental de l'ouest chinois.

Son climat est plutôt rude et sec en hiver, pluvieux et chaud de juin à septembre.

Les brouillards et nuages sont fréquents et les brumes matinales d'hiver sont tenaces, si bien que Chengdu ne compte que 25 jours de ciel clair. La province du Sichuan est en effet connue pour son temps couvert.

D'ailleurs, la province du Yunnan, dont le nom signifie « Au sud des nuages », le doit à sa position au sud du Sichuan.

 

Chengdu existait déjà à la Période des Printemps et des Automnes (770 – 475 av. J.-C.).

Au début du IVème siècle av. J.-C., le roi du pays de Shu, Kaiming IX, y déménagea sa capitale. L'archéologie a prouvé que les premières routes reliant les royaumes de Qin et de Shu ont été faites durant la période des Royaumes combattants. Elles ont permis l'invasion du royaume de Shu par le roi de Qin. Une légende raconte que le roi de Qin voulait anéantir le Shu, mais des monts escarpés le séparaient de cette région. Il n'y avait pas de route, sur laquelle l'armée de Qin pût avancer vers le Shu. Le roi de Qin fit sculpter cinq bœufs de pierre gigantesques et placer quelques pièces d'or derrière, prétendant que les bœufs pouvaient faire de l'or. Le roi de Shu se laissa duper et envoya cinq hommes robustes tirer les cinq bœufs dans son pays. Trois bœufs furent traînés ainsi jusqu'à Chengdu. Le résultat fut que la route menant au Shu était désormais tracée. L'armée de Qin n'eut plus qu'à suivre pour attaquer le Shu.

Chengdu fut conquise par la dynastie Qin en – 316.

En – 311, le souverain fit édifier les murs de la ville d'après le modèle de la cité de Xianyang (咸阳). Le nom de la province Sichuan fut changé plusieurs fois pendant la dynastie Han : d'abord en Chéngjiā (成家), puis en Yìzhōu (益州), mais le nom de la ville n'a jamais changé depuis le début.

En – 250, le gouverneur, Li Bing, entreprit la construction du complexe hydraulique de Dujiangyan afin d'utiliser les eaux du fleuve Min pour irriguer la plaine de Chengdu, transformée ultérieurement en un véritable grenier à céréales destiné à l'approvisionnement des Qin.

Li Bing et son fils dirigèrent la construction de l'ouvrage en calculant de manière scientifique les rapports entre l'irrigation, la déviation des crues et l'évacuation du limon. La zone irriguée par le complexe de Dujiangyan ne cessa de s'étendre.

La conception de Li Bing n'a jamais été remise en cause et l'ouvrage est considéré comme un chef-d'œuvre de la science hydraulique de l'Antiquité.

 

Depuis cette époque, le Sichuan est l'une des provinces les plus fertiles du pays. Au IIème siècle avant notre ère, de riches familles y possédaient terres, parcs et même entreprises sidérurgiques. Du gaz a été découvert à cette époque et fut utilisé pour la production de sel.

Sous la dynastie Han (– 202 à – 220), Chengdu devint un centre important de fabrication et de commerce de brocard, grâce à un fonctionnaire du gouvernement, Jinguan, qui a développé l'artisanat du tissage et la culture de la soie. Chengdu devient alors une étape très importante sur la Route de la Soie.

 

Vers – 141, Wen Weng, gouverneur de Shu, fonda à Chengdu, la première école officielle ouverte à tous. Active et renommée, on y enseignait aussi bien l'astronomie, la prose et la philosophie.

C'est à Chengdu que fut fondé le royaume de Shu Han par le monarque Liu Bei (刘备) pendant la période des trois royaumes, entre 221 et 263 de notre ère.

 

La population de la province était de 14.047.000 habitants, plus peuplée que la région parisienne, au recensement de 2010, en hausse de 25 % par rapport à 2000.

Celle de la ville de Chengdu est d'environ 9.202.000 habitants, en hausse de 12,03 points par rapport à 2000.

Une cité industrieuse : en 2013, le PIB total a été de 911,0 milliards de yuans, et le PIB par habitant de 63.977 yuans. Chengdu possède un aéroport international (code AITA : CTU).

Depuis février 2012, une nouvelle ligne aérienne directe relie Chengdu à Nyingchi.

Le New Century Global Center est considéré, en 2013, comme le plus vaste bâtiment au monde avec une surface de 1,7 millions de mètres carrés.

Ce projet immobilier est à l'origine d'une affaire de corruption mettant en cause son promoteur le milliardaire Deng Hong et de nombreux cadres du Parti communiste chinois dont Li Chuncheng le numéro 2 du Parti dans le Sichuan et ancien maire de Chengdu qui a été destitué.

C’est aussi 3 aéroports civils, dont l'Aéroport international de Chengdu-Shuangliu (成都双流国际机场, OACI : ZUUU), et une base aéronautique militaire.

Située à la limite de la ville, la compagnie Chengdu Aircraft Industry Group est réputée pour accueillir une des plateformes d’assemblage du nouveau Comac ARJ21, le premier avion commercial de la Chine.

Par ailleurs, cette société est l'un des principaux fabricants chinois d’avions militaires où Paul a déjà piloté le J20 en double commande et également un important sous-traitant d'Airbus.

Justement là où Paul doit installer les ateliers du futur « Nivelle 002 » : un bâtiment entier l’y attend depuis plusieurs années…

Des lieux qu’il connaît déjà. Sa seule déception aura été de ne jamais y revoir la blonde qui lui a fourni un rapport secret à destination de Charles Almont, directeur de la CIA, l’un des aspects « secret » de la mission de son premier passage…

Ni même les cadets, hors quelques exceptions, qui lui avaient réservé un accueil si chaleureux (cf. « Au nom du père », tome II à paraître aux éditions « I-Cube »).

 

La ville de Chengdu, c’est aussi une industrie très développée dans le domaine de l’électronique et des hautes technologies.

La création d’une zone de développement de haute technologie a attiré de nombreuses multinationales, dont Intel, IBM, Nokia, Alcatel, Huawei ou encore Ubisoft…

C’est aussi 5 monastères et temples, une mission de l’église catholique, 5 universités, une ligne de métro et 3 gares ferroviaires plus une en construction livrable en 2017.

Depuis avril 2013, est en place une solution qui permet d'exporter des marchandises vers l’Europe via le chemin de fer.

C'est la première ligne de fret ferroviaire express entre la Chine et l'Europe, la fameuse « route de la soie ».

Avec un délai d'acheminement de l’ordre de 12 à 14 jours selon la destination finale en Europe.

 

À part la « West Pearl Tower » qui domine la ville, avec son restaurant panoramique posé sur son sommet donnant pour une vue à 360° sur tout le bassin, et quelques bâtiments modernes de grande hauteur comme dans le quartier d’Hongzhaobi sur South Renmin Road, ou d’Hongxing Road, le Nijia Qiao sur South Renmin Road, et le Shangri-la Hotel planté aux abords de Jingjiang River, les vieux quartiers sont dépaysant à souhait.

On en compte 4 : la vieille rue Jinli (锦里古街, jǐnlǐ gǔjiē, « vieille rue du village de brocard »), quartier conservant le style des vieux quartiers de Chengdu, où l'on peut trouver de nombreux commerces et restaurants ;

Le village historique de Huanglongxi (黄龙溪镇, huánglóngxī zhèn), situé sur le Xian de Shuangliu ;

Le site archéologique de Jinsha (金沙, jīnshā), relatant de la culture Sanxingdui (三星堆, sānxīng duī, – 1200 à – 650), époque de l’âge du bronze ;

Un musée de cette culture est situé dans la ville de Guanghan, à 40 km de Chengdu, également sur la plaine de Chengdu ;

Le palais de Chuanwang (新场川王宫), sur le bourg de Xinchang (新场真) et les 114 sculptures de terres de la Cour des fermages (收租院) dans l'ancienne demeure d'un grand propriétaire terrien de l'ancien régime, sur le Xian de Dayi.

 

Quant à la « gastronomie », elle est multicolore et multi-fragrances, au mille épices, pleine de saveurs diverses et de textures parfois surprenantes.

La cuisine sichuanaise de Chengdu (成都川菜, chéngdūchuāncài) se divise en trois écoles : l'école « de l'administration » (官府川菜, guānfǔ chuāncài), l'école « de l'hibiscus » (蓉派川菜, róngpài chuāncài) et l'école « au fil de l'eau » (上河帮川菜, shànghébāng chuāncài). La cuisine de Chengdu est réputée plus raffinée que celle de Chongqing car elle combine plus précisément les ingrédients, met l'accent sur l'aspect visuel des plats et offre un goût plus doux.

Parmi les plats originaires de Chengdu, on peut citer :

Le Mapo doufu (麻婆豆腐), tofu en dés et sauce piquante accompagné de viande de porc hachée, le Gongbao jiding (宫保鸡丁), des dés de poulet aux cacahuètes et le Huiguo rou (回锅肉), de la viande grillée à la marmite, accompagnée de choux.

Ou encore les œufs de « cent ans » (pidan) qui ne sont rien d’autres que des œufs de cane conservés pendant 100 jours dans un mélange d'argile, de paille hachée et de chaux vive. Après ce laps de temps, le jaune et le blanc se mêlent et prennent une teinte verdâtre translucide.

 

Chengdu est connue pour la fondue sichuanaise (四川火锅), originaire de la ville voisine de Chongqing.

Elle se cuit à table. On y retrouve des grosses crevettes, des morceaux de foie de veau, de contre-filet de bœuf, de rognons de porc, de blanc ou de cuisse de poulet, des filets de poisson, des œufs, les inévitable écheveaux de nouilles chinoises ou de vermicelles de soja, des ciboules ou des poireaux ou encore des échalotes, des feuilles d'épinards, de cresson de fontaine, de la laitue, du persil, de la sauce de soja et/ou du nuocmam, sel, poivre, moutarde, piment, jus de citron ou vinaigre, etc. et une grande casserole de bouillon en ébullition dans laquelle les convives cuisent leurs aliments à leur convenance.

Pour déguster, chaque convive, à l'aide de sa fourchette à fondue, prendra 1 ou 2 morceaux de n'importe quel mets, les trempera dans le bouillon pour les faire cuire le temps qui lui convient, les retirera et les mettra dans son bol, y versera le condiment qui lui plaît, puis les consommera à l'aide de ses baguettes (ou de sa fourchette).

Il mangera la laitue et le persil avec ses doigts. Il pourra, de temps à autre, mettre un peu de bouillon dans son bol et le boire.

Vers la fin du repas, la maîtresse de maison, de préférence mettra, toutes les nouilles dans le bouillon et les laissera cuire 20 mn environ.

Lorsque les nouilles seront cuites, chaque convive en mettra une partie dans son bol, l'arrosera de bouillon et les mangera.

Et à la fin du repas, les convives pocheront les œufs dans la casserole, se partageront le reste du bouillon enrichi par la cuisson de tous les mets et le boiront après l'avoir assaisonné à leur goût.

Il n'y a rien d'anormal si le poisson côtoie le bœuf, ou si les fruits de mer coexistent avec le poulet. Cinq sortes d'ingrédients sont cependant considérés comme indispensables : bœuf, abats de porc ou de volaille, produit de mer, œufs et légumes.

Précisons qu’il n'y a pas non plus aucune limitation du nombre de sauces ou de condiments à mettre sur la table, que les chinois ont l'habitude d'accompagner ce plat de Petits Pains papillons ou de Crêpes mandarin.

 

On boit du thé, l’eau n’étant en général pas potable, sauf à être bouillie et conservée dans des thermos clos, les fameux « kai shui » (prononcer « quaille choueille ») locaux.

Les Chinois boivent rarement de l'eau plate, mais beaucoup apprécient une tasse d'eau chaude.

Ils boivent principalement du thé vert (lücha). Plus léger que le thé noir et réputé plus sain, celui-ci n’est pas fermenté mais simplement déshydraté (80 % d’eau dans la feuille), puis torréfié.

Les quelques « grands crus » sont le maojian (Hunan ou Guizhou), le biluochun (Suzhou), le longjing (Hangzhou) et le maofeng (monts Huangshan).

En ce qui concerne le thé noir (fermenté) appelé localement « thé rouge » (hong cha), son goût est plus prononcé et il est plus chargé en théine, d’où son succès auprès des Occidentaux. On trouve une gamme intermédiaire de thés semi-fermentés (wulong cha), dont un bon représentant est le thé « guangyin ».

Enfin, il faut citer les nombreux thés parfumés (chrysanthème, osmanthus et le thé au jasmin), des thés plus rares comme le thé blanc (très jeunes feuilles de thé vert recouvertes de duvet encore à l'état de bourgeon), ou le thé jaune dont les maîtres gardent jalousement la recette.

Il faut d’ailleurs vivre au moins une fois dans sa vie « l’instant magique » de la cérémonie du thé. Si le thé ordinaire se boit sans compter à longueur de journée, les meilleurs crus sont servis avec la manière dans les grands restaurants ou les maisons de thé, selon un rituel aussi noble que beau.

 

On boit aussi de la bière, « pijiu » (prononcer « pitio-ou ») également une boisson particulièrement affectionnée par les Chinois. Extrêmement bon marché, il en existe des centaines de marques. La plus vendue est la Snow Beer, réservée au marché local. La Liquan est appréciée dans tout le sud du pays. Généralement peu alcoolisée, la bière existe en bouteilles en verre (grandes ou petites) ou en canettes (souvent l'apanage des bières importées).

Depuis peu, on note également l'apparition de la bière pression (zhapi), très à la mode surtout dans les bars de Pékin ou Shanghai.

Phénomène nouveau, on assiste depuis peu à un développement très important des microbrasseries. Elles permettent de produire des cervoises raffinées avec des parfums et des associations de goûts particulièrement insolites !

Strictement brassée à partir de bons produits locaux ou régionaux.

En revanche, le vin, « putaojiu » (prononcer « rongue poutao tio-ou ») ne fait pas partie de la culture traditionnelle chinoise, qui lui préfère les alcools forts (jiu). De ce fait, très souvent, les productions locales déçoivent les palais exercés.

Le vin sucré évoquant plus un vin cuit (type porto), le vin rouge chinois reste donc un produit à part.

Mais depuis une quinzaine d'années, la Chine a fait des progrès considérables.

Si les meilleurs crus sont souvent issus de collaborations avec l'Occident, on commence à trouver quelques petits vins locaux tout à fait honnêtes.

Quant aux vins d’importation, ils sont de plus en plus présents dans les restaurants un peu chics et occidentalisés. Leurs prix varient selon leur provenance : un vin d’Australie ou du Chili est moins cher qu’un vin français.

 

Férus d'alcools forts (jiu), les Chinois n'hésitent pas à clore un bon gueuleton en vidant une pleine bouteille d'une eau-de-vie quelconque.

Parmi les meilleurs alcools, le Maotai, à base de sorgho fermenté, une sorte de maïs plus goûtu et rustique que le maïs lui-même, et de blé, est de tous les banquets. C’est un alcool blanc (baijiu), qui titre entre 35° et jusqu’à 53°.

Pour le préparer il est nécessaire de procéder à sept fermentations et huit distillations pendant sept mois. On garde ensuite l'alcool pendant quatre ans ou plus, et puis on le mélange avec l'alcool de 5, 10, 20, 30, 40 ans d’âge.

En région, on fabrique également le Xishui, très parfumé et à base de sorgho, et le vin de Dongjiu, mélange de sorgho, de blé et de plantes médicinales chinoises.

Citons aussi le Daqu (55°) du Guangxi, célèbre alcool de sorgho, et le Wuliangye du Sichuan, alcool de cinq céréales (millet, sorgho, riz, maïs et une graminée non comestible qui pousse dans les rizières), toutes choses que n’avait pas pu découvrir Paul lors de son court premier passage : il aura l’occasion de « visiter » quelques « grossistes » lors de ce second séjour, pour compléter sa gamme proposée aux grandes écoles d’Europe dans le cadre de sa « seconde activité »…

D’autant qu’il faut aussi essayer les « vins de riz », dont le vin de riz glutineux (nuomijiu), légèrement chauffé avant dégustation.

 

Mais la base alimentaire reste le riz accommodé de si innombrables façons…

Ce qui reste paradoxal pour cette région : la hauteur des précipitations annuelles y est de seulement 921 mm, ce qui est insuffisant pour permettre la culture du riz !

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xvi-chengdu-13.html

 

 

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16/08/2015 11:41

Mains invisibles II : Chapitre XV : Départ pour la Corée. (4/4)

 

Chapitre XV : Départ pour la Corée. (4/4)

 

La « correction »

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Paul virevolte dans les airs tel un danseur-étoile ou un combattant Kung-Fu expérimenté, lui qui n’a jamais pratiqué ce sport, même pas les rudiments, rebondissant à une allure et vitesse incroyable, enchainant les coups portés brutalement à chacun des huit hommes présents tour à tour, qui se tiennent ahuris autour de lui.

Il écrase les visages, les nez, les larynx et plexus des uns et des autres avec ses pieds, ses genoux, coudes, paume de main, tranchant des deux mains, fait des bonds de près de deux mètres de haut à reprendre de l’élan sur les murs, saisit bras et jambes de qui il s’approche pour les projeter violemment conte les murs, meubles et autres obstacles en quelques secondes.

C’est absolument phénoménal les effets de la capsule !

Stupéfiant.

Kim Jun Un est d’abord tétanisé, puis voyant sa garde rapprochée décimée, sans même avoir ouvert le feu, il se met à hurler comme une truie qu’on égorge. Un couinement qui se transforme en un cri strident qui sort du fin fond de ses tripes.

« Ta gueule ! » fait calmement Paul quand la lutte cesse faute de combattants, en se rapprochant du dictateur à cours de souffle, ses petits-yeux bridés véritablement exorbités tel qu’il en a presque l’allure d’un occidental.

« On m’a demandé de te laisser en vie. Je te tuerai donc une prochaine fois si tu m’en fournis le prétexte ! Mais je veux te faire passer l’idée d’une « prochaine fois » en te laissant ma signature. »

Il se saisit d’une arme de poing pris sur l’un des militaires au sol et inerte, et ajuste le dictateur qui est tétanisé, pris de violents trémolos et autres tremblements des membres, totalement silencieux tel qu’on ne l’entend plus ni geindre ni respirer.

Trois détonations lui arrachent un cri de douleur effroyable quand les balles déchirent, détruisent l’articulation du genou et les tibias et péroné du dictateur.

Un retour de monnaie de la pièce laissée à Florence.

 

Et maintenant, le plus dur : sortir de ce piège !

Paul a un atout extraordinaire avec la drogue ingérée : il ne ressent aucune douleur, pas même celle de ses blessures, celle reçue récemment en Algérie, et une plus ancienne au niveau de l’omoplate au large des îles Lavezzi (cf. « Au nom du père – tome II » à paraître aux éditions « I-Cube »). Il peut courir à des vitesses jamais atteintes par lui, faire des bonds qui dépassent, ou au moins atteignent des records olympiques, presque sans effort.

Surtout, il a une acuité visuelle démultipliée et réfléchit si vite qu’il a l’impression de « flotter » dans un monde immobile, ralenti.

C’est bien sûr l’alarme générale dans le pays en commençant par le palais du dictateur. Mais il est trop rapide pour n’essuyer que quelques tirs vaguement dirigés dans sa direction, au jugé, notamment sur le chemin du retour dans l’entrelacs de grandes salles gardées qu’il avait traversées à son arrivée.

En quelques minutes, il sort de la propriété, pique un sprint, chope un vélo enchainé le long d’une clôture d’un petit complexe industriel d’agro-alimentaire à quelques kilomètres de là.

Dévale la route, aborde à l’allure d’un cycliste professionnel une longue côte qui traverse la forêt voisine.

Une route secondaire qui ne l’essouffle même pas. Et sans faiblir l’allure. Pour rejoindre finalement l’autoroute qui mène à l’aéroport, quitte à en doubler quelques camions poussifs !

En moins d’une heure, il a rejoint l’aéroport où il retrouve Cécile attablée au bar-international, dans l’attente de la vérification de ses papiers et absence de visa, à un peu moins de 40 kilomètres de là…

Non sans avoir croisé plusieurs patrouilles lancées à sa poursuite : il va trop vite et il est trop agile pour s’inquiéter pour lui-même, quitte à passer sur les bas-côtés quand un simili-barrage se forme devant lui.

 

« Prend ça ! On décolle ! » lui fait-il quand elle bondit vers lui.

C’est quoi ?

De quoi arracher tout ce qui entravera leur course vers le tarmac.

« Des amphétamines de guerre ! »

Sauf que Cécile, elle a un défaut quand elle a une arme dans les mains et qu’elle n’a plus aucune inhibition : elle s’en sert en rafale désordonnées !

À pétarader de tous les côtés : l’aéroport est attaqué par les « impérialistes »…

Sans limite et jusqu’à épuisement du chargeur avant d’en retrouver une autre à sa portée.

D’ailleurs, surprise une première fois par le chargeur vide, elle en jette son arme à la tête d’un milicien qui en fait un bond en arrière de plusieurs mètres en la recevant sur le crâne, avant qu’elle ne s’empare de son arme à lui en quelques enjambées rapides.

Pour mieux recommencer sa polka de queues de détente de percuteur.

À elle aussi, ça fait de l’effet les « pilules magiques ».

« Par là ! On va voler un avion ! »

Justement, il y  en a un petit qui chemine vers l’une des deux pistes.

 

L’aéroport est curieusement installé dans une vallée étroite entourée de collines pas très élevées. En fait, les deux pistes sont alignées l’une derrière l’autre, un peu décalées l’une par rapport à l’autre, mais axées de la même façon. De quoi se planter quand on ne connaît pas les lieux.

Paul pique un nouveau sprint étonnant et rattrape le petit avion immatriculé localement qui chemine vers l’ouest.

Il arrache la porte du pilote, l’assomme presque dans le même geste rapide, déboucle la ceinture de sécurité et le jette sur l’asphalte du runway.

Son copilote, ou passager unique, tente bien de le retenir, mais à son tour, il est envoyé dans les pommes d’un rapide uppercut foudroyant.

Paul s’installe sur le siège libre, ouvre la porte opposée et jette à son tour son occupant après avoir dégagé la ceinture de sécurité 4 points.

Maintenant, il s’agit de récupérer Cécile en faisant un demi-tour rapide, quitte à mordre les pelouses du bas-côté.

Plein gaz vers l’aérogare.

Ça tire encore de tous les côtés. On peut voir au loin une colonne de camions militaires rappliquer par le réseau routier, venant de Pyongyang.

Cécile débouche à vive allure des bâtiments en direction de l’avion de Paul.

Celui-ci réduit l’allure brutalement en arrivant à sa hauteur. Pas assez pour ne pas la dépasser.

Elle finit par se jeter dans l’habitacle : plein gaz de nouveau !

Même pas la peine de s’aligner sur une des deux pistes, d’autant qu’un avion est en approche en face d’eux : on voit ses phares dans le ciel.

Des véhicules de piste sont lancés à leur poursuite, pendant que d’autres se positionnent pour leur barrer la route.

Paul tire sur le manche. L’avion consent à lever le nez. Les roues quittent le sol. L’alarme « stall » dite de décrochage hurle dans le cockpit.

Plein gaz, Paul enfonce d’un mouvement rapide et précis devant lui le manche, juste ce qu’il faut pour remettre l’assiette de l’avion à l’horizontale et redresse quasi-instantanément.

Ils volent !

À quelques mètres de haut, pas plus, mais c’est suffisant.

Virage à droite, puis cap à l’ouest, vers la mer. Il s’agit de voler assez bas pour ne pas se faire intercepter par la chasse.

Il fait un temps splendide : le soleil d’Austerlitz !

« Géniales tes pilules ! Maintenant, j’ai une de ces envies de baiser, moi, et vite ! »

Et de joindre le geste à la parole en se battant avec ses vêtements pour les ôter dans l’étroit cockpit à s’en faire des bosses de partout.

Dingues ! Les femmes et les émotions fortes…

Il avait déjà noté cet effet avec la conseillère hackeuse détachée de la chambre régionale des comptes à l’occasion de son détour en Afghanistan pour « extraire » un commando pris sous le feu de snipers hostiles, dans les montagnes (cf. « Opération Juliette Siéra »).

Là, avec l’amphétamine ingérée, l’envie décuple telle qu’elle en devient irrésistible.

D’autant que quand celle-là a le feu quelle que part, elle ne l’a pas ailleurs !

Et il ne faut pas seulement lui en promettre…

De toute façon, son honnête et opulente poitrine de « pulpeuse » naturelle, virevoltant en tous sens une fois libérée de son soutien-gorge, son pubis touffu s’ouvrant sur son sexe déjà détrempé sont un appel à la fornication immédiate qu’il est difficile, sinon impossible de refuser.

 

(Aparté n° 2) 

 

Court, intense, acrobatique.

C’est du sportif et heureusement que c’est l’électronique du bord qui contrôle la trajectoire de l’avion, d’autant que des Migs croiseront la route de l’avion de Paul à une altitude plus élevée, un peu plus tard, les sens partiellement rassasiés.

Mais trop haut et trop loin pour perdre inutilement leurs slaves tirées au jugé et tombées en mer.

Il leur faudrait des missiles.

Ce qui a demandé un peu plus de temps.

Le premier s’est autodétruit avant de toucher l’eau, très en arrière de la route de Paul pour avoir à voler trop bas.

Le second aura été abattu très loin par un drone sans doute américain, faisant hippodrome en altitude.

Paul Allen, ou on ne sait encore quel autre « service », qui aura bénéficié des écoutes téléphoniques d’il y a quelques jours, et se seront donc finalement « rendus utiles ».

L’arrivée à Tianjin n’est même pas plus mouvementée que ça, alors qu’ils rentrent d’une épopée tellement invraisemblable qu’elle est à peine crédible.

Même pour les autorités de Corée, des deux Corées et autres services…

Paul met « en panne » devant le bâtiment d’Airbus.

Le soir, ils partent par un vol spécial vers Chengdu.

 

Un raid qui aura plusieurs conséquences importantes.

D’abord la disparition des « écrans » médiatiques du « cher leader » pendant plusieurs semaines.

Il fait venir à grand-frais les meilleurs chirurgiens orthopédistes d’occident pour réparer les blessures infligées par Paul.

Durant sa convalescence, l’OGD veille. Là encore, la rumeur d’un coup d’État fait le tour du monde.

Fermement démenti par Pékin qui gère aussi la colère du dictateur, de loin, quand il n’est pas sous traitement médicamenteux pour le calmer : après tout, il est encore vivant, c’est une chance inouïe, et Paul a disparu pour être désormais au travail, à l’abri alors qu’on le fait passer pour perdu en mer.

D’autant que personne ne comprend comment les événements se sont déroulés.

Maîtriser, sans arme, la garde rapprochée du jeune dictateur, même pour un seul homme, même du « calibre » de « Charlotte », ça paraît complètement insensé !

Lui-même d’ailleurs n’en parle pas : il ne se souvient que d’une chose, son immense peur, la trouille, la vraie, de celles qui vous font vous pisser dessus sans retenue.

Et puis il délire de ses propres souffrances post-opératoires.

Alors que la prise de l’aéroport et l’évasion aérienne démontrent les faiblesses criardes du dispositif de sécurisation du pays : une vraie passoire !

Ce qui est le plus inquiétant pour les autorités qui gèrent l’intérim du pouvoir.

Il leur faut du matériel plus performant qu’ils trouveront plus tard auprès des russes, puisque les chinois, en froid, ne veulent pas les leur fournir.

D’où le rapprochement qui suivra entre les deux capitales, jusqu’à un voyage à Moscou de Kim Jong Un, encadré par l’OGD.

Et les rumeurs se seront éteintes quand le dictateur réapparaîtra, affublé d’une canne en déplacement à l’occasion de l’inauguration d’un complexe d’habitations neuf pour les « travailleurs du parti »… des travailleurs.

Puis plus tard, sans canne, à l’occasion de diverses manifestations.

 

Sans doute devenu fou de peur, le dictateur n’hésitera pas à faire régner encore plus la terreur dans les semaines qui suivront, même chez ses proches collaborateurs, tous suspectés d’incompétence ou de haute-trahison.

Le plus spectaculaire restera l’exécution d’Hyon Yong-chol, le ministre de la Défense qui était l’un des hommes les plus puissants de la dictature nord-coréenne, et apparaissait chaque semaine aux côtés de Kim Jong Un pour des commémorations officielles, des grandes manœuvres militaires ou les essais de missiles balistiques censés effrayer Séoul, Tokyo et Washington. 

 

Jusqu’en mars 2015, six mois après les événements de Ryongsong, c’est ce haut gradé, bénéficiant du titre rare de vice-maréchal, qui avait représenté la Corée du Nord justement à Moscou lors d’une grande conférence sur la sécurité en Asie, au cours de laquelle il avait mis en garde les États-Unis contre la possibilité d’un conflit nucléaire et préparer la cession de matériels militaires plus performants, même d’occasion.

Sa bravade avait été saluée par les médias officiels lors de son retour à Pyongyang.

En avril suivant, le 7ème mois, il aura perdu toute son aura et surtout la confiance du dictateur.

Selon les services de renseignements sud-coréens (NIS), Hyon Yong-chol a été exécuté en public … au canon antiaérien pour des « actes de trahison » et « un comportement blasphématoire ».

Des députés sud-coréens de la commission de défense de l’Assemblée nationale indiqueront à la presse que le ministre nord-coréen aurait notamment ulcéré Kim Jong Un après s’être endormi à un événement militaire filmé par les services de propagande et pour lui « avoir mal répondu ».

Bien sûr, ce n’est pas la vraie raison, tellement le prétexte est si ridicule et ne trompe que quelques « initiés », même si ils ne peuvent rien en dire.

Une exécution qui s’inscrit dans la continuité de la grande campagne de purge orchestrée par le jeune leader du dernier pays stalinien depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, suite au décès de son père Kim Jong Il.

 

Se méfiant d’une partie des cadres qui entouraient l’ancien homme-fort du régime et semblaient contester la dimension héréditaire de la dictature, Kim Jong Un a tenté d’instaurer, dès son accession au pouvoir, ce climat de terreur dans l’exécutif nord-coréen en faisant exécuter en 2013 son propre oncle et mentor Jang Song Taek, comme il vient d’être dit.

Souvent présenté comme le numéro 2 du régime, l’homme avait été accusé d’avoir comploté un possible renversement de Kim Jong Un, qui n’est alors âgé que d’une trentaine d’années. Dans la foulée, le pouvoir avait éliminé plusieurs proches de Jang Song Taek.

Plus d’une dizaine d’exécutions de dirigeants du Parti des Travailleurs avaient été recensées par les services nord-coréens.

En avril 2015, le NIS aura assuré que 15 officiels de haut rang avaient déjà été exécutés au Nord depuis le 1er janvier 2015.

En janvier, le vice-ministre des Forêts a été éliminé pour s’être plaint du plan de reboisement du pays.

En mars, ce sont quatre membres de l’orchestre nord-coréen Unhasu qui avaient été exécutés pour espionnage et pour avoir osé divulguer des secrets sur la famille du dirigeant Kim Jong Un. Selon les médias japonais, la purge devait protéger la réputation de la première dame de Corée du Nord, Ri Sol Ju, qui avait été, dans sa jeunesse, chanteuse et s’était peut-être retrouvée en mauvaise posture dans une « sex-tape » où apparaissaient plusieurs autres « artistes » officiels.

 

On apprendra plus tard à l’occasion d’un rapport intitulé « Mouvements particuliers en Corée du Nord » que le Service national du renseignement de Corée du Sud (NIS) a recensé au moins 70 personnes de haut rang exécutées depuis que Kim Jong Un est arrivé au pouvoir, en décembre 2011.

Selon ce rapport, le décompte des hauts responsables nord-coréens fusillés s’élève à 3 en 2012, puis 30 en 2013, et 31 en 2014. Il y en a également eu 8 depuis le début de 2015 et si l'on tient compte des citoyens « ordinaires » exécutés, ce sont 15 personnes de plus qui ont perdu la vie.

Toujours selon le NIS, « les gens liés aux exécutés et les membres de leur famille doivent se présenter sur la scène d’exécution et un affut antiaérien doté de quatre canons de 14,5 mm est utilisé. »

Dans certains cas « un lance-flammes est mis en batterie pour brûler des corps ».

Enfin, selon un autre rapport, des chars serviraient parfois pour « éliminer les traces avec des chenilles » et les personnes présentes « ont interdiction d’incliner la tête et de verser des larmes ».

Elles seraient aussi forcées d’écrire noir sur blanc un avis blâmant le condamné.

Un régime sanguinaire, dictatorial, brutal, moyenâgeux et pour certains, proche de l’agonie.

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xv-depart-pour-la-coree-44.html

 

 

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