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13/08/2015 10:02

Mains invisibles II : Chapitre XII : Départ pour la Corée (1/4)

 

Chapitre XII : Départ pour la Corée (1/4).

 

Fin tragique pour Hervé Gourdel

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

À l'annonce de son assassinat et pour lui rendre hommage, Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), appelle les « musulmans et leurs amis » à un rassemblement devant la Mosquée de Paris, auquel participent près de 500 personnes de religion musulmane et d'autres croyances, dont des personnalités publiques.

Du vendredi 26 septembre 2014 au dimanche 28 septembre 2014, trois jours de mise en berne des drapeaux marquèrent le deuil national en hommage solennel à Hervé Gourdel.

Message au peuple : « nous sommes solidaires ».

Messages aux troupes : « on rend hommage à tous les nôtres… », sans distinction, qu’ils soient ou non en tenue, civils ou militaires.

 

Son corps sera retrouvé par l'armée algérienne le 15 janvier 2015 au lieu-dit Tabounecht, dans la commune d'Abi Youcef (wilaya de Tizi Ouzou), près de la région d'Akbil, à une vingtaine de kilomètres du lieu de son exécution.

Et quelques jours seulement après les attentats de Charlie-hebdo et de l’Hyper-Cacher de la porte de Vincennes parisienne.

Après près de quatre mois d'intenses recherches, son cadavre aura été retrouvé par l’armée algérienne en Kabylie, sur les indications d’un djihadiste prisonnier.

Le corps était séparé de la tête, les deux parties étaient enterrées séparément.

Les militaires avaient dû faire appel aux artificiers pour exhumer le corps, des engins explosifs ayant été placés tout autour.

Il aura été enterré à Nice fin janvier.

Depuis, le groupe « Soldat du Califat » aura été décimé par les forces algériennes au fil du temps et des opérations d’enquête et d’investigation.

Une exigence des services français qui auront aussi prêté main-forte pour le meurtre d’un « citoyen ordinaire ».

Qui savait toutefois tous les risques qu’il prenait.

 

Paul, après avoir repris contact avec Anjo, le banquier portugais de l’ex-BES qui gère les « queues » d’argent récupérés l’année dernière sous forme de prêt à l’État français, histoire de se rassurer les « opérations annexes », rencontre une seconde fois le « conseiller » d’ambassade Tang-Tsé, bien en vue, boulevard Saint-Germain à la terrasse qui fait face à l’église du même nom.

Ce qui aura permis de discrètes « mises sur écoute » depuis les locaux du commissariat de police qui se situe un peu plus loin, à peine une poignée de dizaines de mètres, rue de l’Abbaye.

« Mon épouse est rentrée chez elle, et je vous en remercie. On passe à la deuxième phase et je viens ensuite à Pékin. »

Tang-Tsé n’est pour rien dans le retour de Florence…

« On dit qu’elle va mieux… »

C’est exact.

« Je peux bien sûr vous délivrer les visas nécessaires, mais … Vos autorités gouvernementales sont-elles au courant de vos projets ? Les ont-elles acceptés ? »

Non pas encore.

« Mais je suis salarié d’une société qui a pour maison-mère un groupe aérospatial européen. Et nous avons fait la démarche d’un détachement provisoire dans une des usines implantées sur votre territoire. Il ne manque plus que l’accord de vos autorités à vous ! »

Il sera détaché, non pas à Tianjin, là où se situe les ateliers de montage du A320 en Chine, mais à Chengdu. Loin de ses compatriotes. Le sait-il ?

« Je le sais bien. Et je ne compte pas m’enfuir comme ça sans que nous n’ayons expérimenté le prototype 002. Tout ce que je vous demande ce sont trois choses : selon notre accord passé le mois dernier, vous me faites rencontrer Kim Jong Un, que je puisse lui expliquer de vive voix qu’il a intérêt désormais à me foutre la paix. À moi et à ma famille ou il lui en cuira. Le reste le concernant, ça m’est égal. Deuxièmement, un visa pour une demi-dizaine de mes collaborateurs ardéchois qui viendront m’aider sur place. Troisièmement que nous soyons tous traités comme des « amis », des invités de marque, afin que notre sécurité soit assurée et qu’il n’y ait pas un connard qui nous fasse avaler de force un laxatif sur le chemin du retour ! On est bien d’accord ? »

Il garde un très mauvais souvenir de son retour à Hong-Kong… (Cf. « Au nom du père », tome II à paraître aux éditions « I-Cube »).

« Nous venons en ami et de notre plein-gré, pas comme des espions, d’autant que c’est vous qui allez bénéficier de nos savoir-faire. »

Tang-Tsé a bien compris. Il prend les assurances nécessaires et envoie rapidement les visas et sauf-conduits.

Dès que les détails avec Kim Jong Un seront réglés.

« – Mais pourquoi cette rencontre improbable, et contre-nature, même ?

– Pour être honnête avec vous, en fait et dans le fond, je n’en sais strictement rien. Ça va de pair avec la libération de mon épouse et je ne sais même pas pourquoi ! »

Sur la demande de qui ?

« Sur la demande de personne : une sorte d’intuition impérative. Je n’explique pas moi-même. C’est comme ça : à prendre ou à laisser ! »

C’est suspect.

« Je le sais bien. Mais je vous le dis, à prendre ou à laisser. Et puis les services coréens pourront prendre toutes les mesures de sécurité qu’ils voudront pour empêcher n’importe quoi, du moment que j’ai l’assurance de rentrer chez vous en un seul morceau pour faire ce que j’ai à faire avec et chez vous. »

Dans ces conditions…

 

D’autant que la Chine s’ouvre.

Sur son flanc continental avec la Russie et jusqu’en Grèce, et « ne verrait pas d’un mauvais œil de diversifier ses investissements avec la France, si… naturellement, votre collaboration se passe bien quant au projet à mener ».

Elle se passera bien, en tout cas au mieux, tel que le premier ministre chinois Li Keqiang ira même signer quantité de projets industriels et de « contrats » entre la fin juin et le début juillet 2015 à l’occasion de son déplacement qui est prévu dès ce moment-là, si les opérations autour du « 002 » se déroulent comme convenues, et se met en place doucement entre les chancelleries.

Déplacement sans manifestants pro-Tibet ! Une première pour des officiels chinois…

En effet, pour sa première visite officielle en France, Li Keqiang n'aura pas eu droit aux banderoles de protestation, mais au tapis rouge des entreprises et à une avalanche de contrats. Après Paris le premier jour, où le Premier ministre chinois a signé 17 accords - dont une commande historique pour Airbus - il était à Marseille le lendemain, fief de CMA CGM, pour y conclure encore deux contrats majeurs avec le transporteur maritime.

Plus un accord avec la banque chinoise Exim d'une valeur d’1 milliard de dollars, et un partenariat sur le projet chinois de « nouvelle route de la soie ».

Et pour finir par une visite à Toulouse, en présence d'une centaine d'entreprises chinoises.  

 

Le surlendemain, pas plus tard, Paul Allen soi-même téléphone à Paul.

La conversation dure un long moment : Ils évoquent leur rencontre au Salon du Bourget, version 2011 (Cf. « Au nom du père », tome II à paraître aux éditions « I-Cube »).

Ils se remémorent leurs rencontres à Venise avec, entres autres le fameux Harry Harison n°4 et plus tard, les mêmes à la maison blanche et New-York.

« – Tu ne m’appelles pas pour savoir si je suis ou non atteint d’Alzheimer ?

– Non, non. Aussi pour avoir des nouvelles de la sublime Florence.

– Elle va de mieux en mieux, merci pour elle. Même si il faudra qu’elle en passe par une chirurgie réparatrice après son accouchement.

– Elle est enceinte ? Félicitations ! Ça t’en fera combien ?

– Deux. Là, je lui ai fait le garçon. Louis. Après, je suppose qu’on reprendra des précautions… »

Comment peut-il savoir déjà que c’est un garçon ?

Il lui cause du prochain vol de son premier prototype suborbitale Spaceship 2 qui tuera un des deux pilotes d’essai fin octobre suivant.

Les deux hommes poursuivent des objectifs équivalents par des moyens différents, alors que les géants du net investissent dans des fusées récupérables pour couvrir la planète entière d’accès à leurs moteurs de recherche…

« Il est venu à mes oreilles que tu pars pour la Chine incessamment sous peu. J’espère que c’est une blague : Tu te rappelles que tu es attendu chez moi ! »

C’est une nécessité impérieuse : « Je viens chez toi juste après pour te raconter les progrès que nous aurons fait sur les céramiques réfractaires et comment. Promis. »

Et de lui rappeler à son tour que dans ce domaine, la NASA et les industriels américains font pour l’heure encore mieux que ce que lui sait faire dans ces ateliers ardéchois : « Crois-moi. J’y vais beaucoup plus pour apprendre. »

Le laisseront-ils repartir dans ses foyers ?

« J’ai des assurances. Mais en fait je passe aussi faire un tour chez Kim Jong Un juste avant, pour une petite « visite de politesse » protocolaire. Et là, c’est un peu l’inconnu… »

Il va faire quoi chez ce dictateur complètement cinglé, dernier avatar du stalinisme du millénaire précédant ?

« Lui expliquer la vie et lui passer l’envie de m’emmerder. Autrement l’ordre de me foutre la paix ! »

N’importe quoi, là ? Donner des ordres à un dictateur sanguinaire, il n’y pense pas sérieusement, tout de même !

« Si ! Ma femme va devoir subir une série d’opérations chirurgicales réparatrices à cause de ce connard-là qui se mêle d’affaires qui ne sont pas les siennes. Alors, je vais lui apprendre à vivre et lui rendre la pareille. »

Paul Allen pense sur le moment que son correspondant est fou à lier à son tour !

Mais il détecte sa détermination dans sa voix.

« Tu as besoin d’aide ? » demande-t-il après un moment.

Paul de Breveuil réfléchit à son tour : « C’est gentil de ta part, mais comme je ne sais pas comment ça va se passer, il sera toujours temps de me reposer la question au moment où j’en aurai effectivement besoin. »

Qu’il renonce !

« Non, jamais. Si je ne le fais pas moi-même, personne d’autre ne le fera pour moi. J’ai l’aide des Chinois, ce qui peut être considéré comme inespéré, même si eux parient plus sur le « 002 », mais je ne sais pas jusqu’où ils peuvent aller eux-mêmes. Si j’en trépasse, je te serai très reconnaissant, à titre posthume, que tu veilles sur ma femme et mes gosses… comme j’aurai pu le faire si tu en avais eu et que tu me le demandes ! »

Il emmène ses gardes du corps croisées à New-York, au moins ?

« Même pas. Y’en a une qui s’est fait estourbir, la Coréenne du nord justement, et les deux autres sont affectées autour de la maison normande. »

Il faudra qu’il y vienne, un jour où l’autre.

« Tu viens au salon du Bourget de juin 2015 ? »

Il ne sait pas : « Tu sais que les espions y grouillent et depuis les événements ukrainiens de l’été dernier, la « vieille Europe » n’a plus bonne presse auprès de nos autorités. Trop de choses dangereuses pour les intérêts de mon pays. Alors je ne sais pas. Mais un tour en Normandie, à l’occasion des célébrations du débarquement et des 70 ans de la paix, pourquoi pas !

Porte-toi bien Paul et prends soin de toi ! »

Qu’il en fasse autant de son côté.

Conversation qui aura été écoutée de part et d’autre de l’atlantique.

Transmise à divers alliés et commandements militaires de la zone, telle que l’agitation en mer Jaune et dans le golfe du Bohai aura connu un « pic d’activité » dans les semaines qui suivront, jusqu’à prendre une ampleur inattendue quand l’OTAN s’apercevra des projets chinois d’îles artificielles tout autour de leur littoral et bien au-delà au sud.

 

C’est le Mossad israélien qui, apprenant l’évolution de la situation, qui fait la gueule.

Non seulement ils n’ont pas eu le temps de se rendre utile à Paul à l’occasion de l’enlèvement de Florence, qui leur aurait rendu forcément la pareille un jour ou l’autre, car c’est un « homme d’honneur » qui paye ses dettes, même morales, mais en Chine, ils sont inopérants.

Et l’idée de laisser partir un ingénieur du calibre de de Bréveuil en Corée, même pour une « visite de politesse », loin de l’université de Tel-Aviv, ça n’est pas fait pour leur remonter le moral.

C’est que « les choses » ne vont pas si bien pour les services secrets de l’État hébreu à ce moment-là.

 

L’opération de récupération des deux milliards de dollars de DLK aura été un bide.

Avait été mandaté un « agent-financier », posé au Luxembourg et coté à Paris pour approcher l’ex-directeur de la « banque des pauvres » au premier trimestre de l’année.

Au démarrage, il s’agissait de s’attacher un « expert » international notoirement connu et de bon calibre pour faire fructifier le « petit pactole » mis à disposition de l’agent « Thierry » : un coup de pub en quelle que sorte.

Et améliorer les rendements qui sont une façon de financer discrètement quelques opérations « discrètes », hors les finances officielles du gouvernement.

Et puis les deux hommes avaient sympathisé de telle sorte qu’ils créent une structure chapeautant l’ensemble déjà en place, sous réserve de mettre à disposition « l’épargne personnelle » de l’ex-jouisseur des hôtels de luxe new-yorkais et d’ailleurs.

Même si ça reste très artificiel, puisque le sieur était bourré au viagra en permanence (cf. « Au nom du père », tome II à paraître aux éditions I-Cube).

Il était question de deux milliards de dollars, réduits à 500 millions, à lever auprès des grandes-fortunes des Tycoon chinois ensuite, ce qui donnait de toute façon et tout d’un coup une autre dimension à la petite structure de blanchiment de l’agent « Thierry ».

Et puis le Mossad avait un peu fouillé les archives et les déplacements de « la cible », pour se faire confirmer ce que le service savait déjà, grâce à ses contacts avec la CIA, à savoir que les détournements de Thiersmirant autour de la première guerre du golfe et de l’affaire Ferrayé dans laquelle le quidam avait joué un rôle déterminant, des sommes qui avaient eu le temps de faire « des petits ».

Publié par Ignoble Inf

 

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11/08/2015 11:44

Mains invisibles II : Chapitre X : Libération de Florence (4/5)

 

Chapitre X : Libération de Florence (4/5).

 

Rencontre d’un énième type.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

« Mais c’est quoi, ça » s’étonne Matilda !

Pas un « triangle noir » attendu : « Une nouvelle forme d’ovni ! » s’exclame le pilote.

« Je peux demander un check radar ? »

Non, pas maintenant. « Quand j’aurai sauté, vous serez le seul maître à bord, captain’. Pour l’heure, on reste discret. »

Paul file à l’arrière pour s’équiper et Matilda a sorti son GMS et commence à mitrailler.

Tu penses, un agent du SIV qui ramène à Rome des photos d’un Ovni, elle va … se faire virer !

« Paul ! Méfiez-vous, j’ai l’impression qu’on se bat au sol ! » crie « Haddock » pour couvrir le sifflement de l’air autour de la porte ouverte.

Pas possible ? Paul se penche : il y a effectivement des éclairs brefs qui éclairent le sol là où justement il doit atterrir.

« J’y  vais ! À demain ! »

Et Paul s’extirpe hors de son appareil pendant que Matilda s’empresse de refermer la porte et qu’Haddock prend la radio pour demander un balayage radar de sa zone à « Biskra-Approche » avant de relancer le moteur, une fois un peu éloigné.

On lui répondra qu’il y a des perturbations électromagnétiques au-dessus de lui.

 

La chute est longue, et s’il n’y avait pas les lumières au sol, par intermittence, et la « luciole » au-dessus, le vent aurait été insuffisant pour estimer sa vitesse.

L’altimètre, en revanche, lui commande l’ouverture de son « ombrelle ». Ce qui va lui permettre de s’approcher au mieux, jusqu’à entendre les détonations qui parcourent sa cible.

Trois secondes entre un éclair et le son, un kilomètre, comme pour les éclairs d’un orage.

On se bat sous ses pieds : il n’y aura pas d’effet de surprise, où il comptait « neutraliser » quelques membres du commando.

Et il s’agit désormais d’aller au plus vite, de se rapprocher au maximum, en espérant que Florence n’ait pas pris une balle perdue ou ait été exécutée dans l’urgence par ses ravisseurs.

Mais qui sont les « gentils » et les « méchants » dans ce désordre et ce noir ?

Qui sont ces « intervenants-exogènes », là où il lui avait été vivement recommandé d’être « absolument » seul ?

Quand même pas les « forces spéciales » algériennes ? Ni un groupe dissident et concurrent ?

 

Une fois au sol, il avance prudemment mais rapidement vers les bâtisses qu’il distingue parfaitement avec ses lunettes de combat d’amplification lumineuse.

Une silhouette se détache au détour d’une anfractuosité, à moins de 100 mètres.

Curieusement, le gars stoppe sa course, se retourne vers Paul pour lui faire un signe de la main – il doit être équipé du même matériel de vision nocturne – alors que Paul l’épaulait déjà, puis reprend sa course.

Il est rapidement suivi d’une ombre, manifestement en djellaba et équipé, semble-t-il, d’une kalachnikov d’après la forme du chargeur.

Paul ajuste et tire. La silhouette s’abat.

Paul avance encore, sur ses gardes.

Ça tiraille sur la gauche, sur la droite. Il y a des ordres qui fusent, en arabe, brefs, de-ci, de-là. Des invectives. Des appels.

Ils doivent être au moins trois qui se parlent de la sorte : on sent de la peur dans leurs voix.

Il faut dire qu’ils ne sont pas les seuls à pétocher. Paul lui-même en tremble comme une feuille de frêne. À moins que ce soit l’effort de la course : il n’a décidément plus « la forme » d’antan.

Faudra qu’il se méfie à l’avenir…

 

Maintenant, il lui faut entrer dans le bâtiment. Il trouve une fenêtre, puis une porte.

Ça tire aussi à l’intérieur. Il y a des agonisants qui expirent leur dernier souffle après quelques courtes rafales.

C’est une sorte de hangar, avec une mezzanine en pourtour intérieur.

Il fait sombre hors une lumière à l’étage.

Paul explore les pièces une à une, avec mille précautions : il y a des lits, des équipements de vie, des placards, des armoires, des jerricans, un ordinateur éteint.

Des armes.

Un homme équipé, celui lui ayant fait signe avant d’arriver, ou un autre, semble le couvrir de l’autre côté de la grande pièce. Il avance parallèlement, dans la même direction, un peu en arrière, mais à la même allure.

À un moment, il fait signe à Paul de stopper sa progression.

Mais qui sont ces « alliés » là ?

Deux ou trois minutes comme ça, et son « ange-gardien » lui fait signe d’avancer vers une pièce attenante en la désignant du doigt, mais plus loin.

Il entre.

Rien qu’une paillasse en désordre.

Il va pour ressortir.

« Paul ? » C’est la voix de Florence. Elle s’est recroquevillée dans un coin plus sombre que les autres depuis le début de combats et des tirs.

Et elle a reconnu le pas de Paul.

« Mais… Qu’est-ce que tu fais là ? C’est toi, Paul ? »

Paul s’approche, mais ne reconnaît pas toute de suite la « boule » qui s’anime sous ses yeux.

Il note les hayons, les bandages, les joues creusées, le regard hagard, les cheveux sales et en broussailles qui se révèleront blancs à la lumière du jour.

Retournant sur ses pas il répond : « Florence ? Viens, on s’en va ! »

Elle ne peut pas se lever : « Mais Paul, qu’est-ce que tu fais là ? Je rêve ou c’est bien toi ! »

Viens la puce, on se casse…

Miho Mihado surgit alors à l’improviste dans l’embrasure de la porte et fait feu au jugé.

Paul sent la brûlure de sa balle sur le côté gauche au niveau du haut du ventre, sans doute sur une côte flottante, là où le gilet pare-balle n’offre pas de protection pour ne pas gêner les mouvements du bras !

Ça lui en arrache un cri de douleur.

« Que ça fait mal ! », même si c’est manifestement un « petit-calibre » et la blessure semble rester assez superficielle : il peut toujours bouger.

Mais il n’a pas le temps de lâcher Florence pour se retourner et la flinguer en riposte, que son « ange-gardien » lui explose la tête avec une munition nettement plus grosse, dans un grand vacarme : Il y en a partout !

« Dégueulasse ! »

 

Il s’agit de s’extraire au plus vite : le bâtiment est peut-être piégé et il peut y avoir d’autres menaces. Paul sort, Florence accrochée à son épaule, claudiquant atrocement à chaque avancée, quand déboule un pick-up qui stoppe devant lui.

Un « ange-gardien » en débarque, mains bien en vue.

« Des renforts vont arriver avec tout notre vacarme. Prend ça. Tu en auras besoin en Corée. Pas plus d’une toute les trois heures. Tu verras, c’est vraiment très efficace. »

C’est quoi ?

« De la fénéthylline améliorée. Tu verras ça donne une pêche d’enfer, tu ne ressens plus aucune douleur, tu te peux te battre avec une force démesurée à en briser même tes menottes, et sans te fatiguer. Tu marches droit devant, sans t’arrêter et tu ne connais plus la peur. Assez génial. Mais n’abuse pas : quand les effets se dissipent, on a soif et une envie de dormir pendant plusieurs jours ! Et puis fais gaffe aux limites de résistance de tes tendons et il faut savoir rester prudent, se ménager. »

Cette voix-là, derrière la visière d’un casque d’un modèle inconnu, lui ait curieusement familière sans qu’il ne puisse l’identifier…

Et le gars part vers le désert, rejoindre d’autres silhouettes semblables à la sienne.

« Mais tu es qui l’ami ? »

Il le découvrira bien assez tôt : « File, c’est plus urgent ! Chaque chose en son temps ! »

Tu parles d’une rencontre…

« Merci, tout de même ! »

Pas de réponse et puis il a mal sur le côté gauche.

Salope de Miho !

Il ne l’avait même pas vue venir, ni entendue d’ailleurs malgré ses sens en éveil maximum, tendus vers l’improbable.

Quant à Florence, elle est retombée dans les pommes en finissant de geindre.

Sa jambe est moche et ne sent pas bon.

Il l’installe sur la banquette et démarre sur le chemin caillouteux, sans doute tracé par des générations de dromadaires pour n’aller à aucun moment tout droit.

Du moment que ça descend vers le fleuve ou la route nationale…

Même s’il se perd à plusieurs reprises : 45 bornes, près de 4 heures d’enfer « autoroutier »…

 

L’hydravion est là où il était prévu qu’il soit, une fois le soleil levé. Avec Haddock et Matilda qui aident Paul à hisser Florence dans la carlingue.

En piteux état, la jeune-fille. Qui hérite d’une chevelure effectivement toute blanchie de la racine aux pointes, comme totalement peroxydée, quand elle n’est pas noircie par la crasse ; le visage ravagé par des boutons et des crevasses de furoncles pas soignés : elle qui était si soigneuse…

Sa jambe est enflée, déformée. Elle a une fièvre carabinée et Matilda essaye de la faire boire après avoir retrouvé une petit-cuillère, des crayons et couleur et ses cahiers dans les poches de ses hayons.

« On devrait retourner en ville. Il y a sûrement un médecin. Où jusqu’à une grande ville où elle pourrait être hospitalisée, Alger par exemple. »

Qu’elle n’y pense pas !

« Attends, on est venu pour la sortir de ce foutu pays, alors on la sort le plus vite possible de ce foutu pays sans demander notre reste et même en rase-mottes s’il le faut ! Direction Marseille et à bride abattue en plus ! »

Haddock lance la turbine et déjauge impeccablement pendant que Paul vide un bidon d’eau et se laisse aller tellement les événements de la nuit l’ont rincé.

Matilda, une fois qu’elle a bien calé Florence, s’occupe de désinfecter la blessure de Paul : ça fait presque aussi mal que quand il a reçu la balle qui en a fêlé une côte.

Haddock s’impatiente. Dès qu’il a fini de régler la route de l’hydravion, il se retourne :

« Alors ? »

Bé rien.

« Comment ça rien ? » s’enflamme l’ancien commandant de bord de 747 cargo, souffrant un peu de l’exiguïté du poste de pilotage.

« Et vous ? Pas eu de problème ? »

Aucun.

Et l’Ovni ?

« Il n’y avait que du « flou » aux radars de la région, mais il y avait quelque chose d’inconnu. Et puis il a disparu un peu après les une heure du matin des écrans.

Quand même extraordinaire ! On attendait soit un ovoïde, soit une soucoupe, soit un triangle et on a une luciole-folle mais fixe dans le ciel ! C’est la première fois que j’en entends parler. »

En fait, ce n’est pas la première fois qu’un tel engin est filmé, notamment dans l’Utah mais bien plus spectaculairement, et le même soir de janvier 2011 au-dessus du Dôme de  Jérusalem :https://www.youtube.com/watch?v=YRwC_HIL3A8.

En fait, hier soir, ça ressemblait plus à ça : https://www.dailymotion.com/video/x2j9p0l, (autour de la minute 6’) des images prises en 2012 par des journalistes de la TV publique.

« Combien de civilisations, chacune avec ses propres technologies, manifestement différentes vues la forme de leurs engins, nous visitent-elles ? »

Paul n’écoute pas la réponse tellement il est fatigué.

 

« Il y a beaucoup plus de questions que de réponses : combien y a-t-il de civilisations spatiales qui nous rendent visite ?... Avec quels types de vaisseaux ?... D’où viennent-ils ?... De quelles distances ?... Comment font-ils pour parcourir des distances de plusieurs centaines ou milliers d’années-lumière ?... Quels sont leurs différents stades de développement ?... Maîtrisent-ils la « flèche du temps » ?... Nous ressemblent-ils ?... Interviennent-ils dans l’évolution du réseau social ?... Depuis combien de millénaires la Terre est-elle visitée ?... etc…

Les « formes » changent, mais est-ce vraiment surprenant ?... Combien avons-nous de type d’avions sur la planète ?... Les vaisseaux ou objets observés sont-ils progressivement adaptés à notre évolution technologique, à nos moyens de communication, à notre perception du monde ?... »

 

Pour l’instant, il est possible de commencer à évaluer la possibilité statistique de civilisations humaines nous ressemblant.

« Je reprends une analyse sommaire que j’ai réalisée récemment :

La « zone habitable » est la région autour d'une étoile où la pression atmosphérique d’une planète est suffisante peut maintenir l'eau à l'état liquide sur sa surface.

Le Jet Propulsion Laboratory a annoncé que la millième exo-planètes venait d’être découverte par le télescope spatial Kepler de la NASA et que HUIT de celles-ci sont de la taille de la Terre (moins de deux fois sa masse) et orbitent dans la zone habitable.

Ce qui fait, statistiquement, que 1/100 des étoiles de la Galaxie, soit 4 milliards, auraient une planète de la taille de la Terre !... »

Les étoiles de type « G V », identiques à notre soleil sont appelées des « naines jaunes » et représentent environ 10 % des étoiles de la Voie lactée.

Le nombre de planètes de la taille de la Terre orbitant dans la « zone habitable » d’une étoile semblable au soleil serait ainsi d’environ 400 millions dans notre Galaxie !...

 

« Notre soleil est âgé de 4,5 milliards d’années et la vie évoluée a commencé il y a 300 millions d’années.

La durée de vie de notre étoile est de 10 milliards d’années et sa brillance augmentera d’environ 7 % par milliard d’années, ce qui fait que notre Terre deviendra certainement inhabitable d’ici 1,75 milliards d’années…

Ainsi, les « naines jaunes » ne peuvent avoir une planète habitable comme la Terre que durant 1/5ème de leur vie ce qui veut dire qu’environ 100 millions de « naines jaunes » ont une planète qui permet la vie pendant une durée d’environ deux milliards d’années !... »

La question qu’il convient de poser est celle-ci : « Combien de planètes comme la Terre, orbitant autour d’un soleil comme le nôtre, ont une civilisation spatiale ?... ».

Il faut, bien sûr, émettre des hypothèses : « une civilisation spatiale a une durée de vie moyenne d’UN million d’années ; ce qui est complètement hypothétique, et même optimiste, quand on considère la vitesse à laquelle nous détruisons notre environnement et le fait que je retiens l’hypothèse qu’une civilisation spatiale se développe à un moment sur chaque planète !...

Malgré tout, avec une telle durée de vie, franchement optimiste, ce n’est pas 100 millions de planètes qui sont concernées mais deux mille fois moins !... Soit, environ, 50.000 planètes dans notre Galaxie !... »

Autre question : « Quelles sont les civilisations extraterrestres qui ressemblent aux Terriens ?... ».

Sachant que les dinosaures ont bien failli devenir intelligent (il y avait une espèce à gros cerveau), on peut estimer qu’il n’y a pas plus d’UNE civilisation extraterrestre sur CENT qui ressemble au Terriens !...

« Et on arrive à 500 civilisations de type humaines, et spatiales, dans la Voie Lactée !...

Cela représente, en fait UNE CIVILISATION SPATIALE HUMAINE PAR MILLIARD d’ETOILES !...

Et c’est même franchement optimiste… »

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-x-liberation-de-florence-45.html

 

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