Blog

07/11/2015 10:28

Au nom du père II: chapitre XI : Épousailles

 

Au nom du père (Chapitre XI ; Tome II)

 

Épousailles 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Paul poursuit : « En accélération, c’est le pilote automatique qui ne va pas assez vite et vous colle en voile noir. En décélération, c’est l’inverse : Il vous envoie en voile rouge à vouloir descendre trop vite. Et les combinaisons anti-G n’y font rien. Mon premier pilote a failli se tuer avec cet engin. Pourtant un expérimenté de l’armée de l’air. » 

Il faudra qu’il y songe. Peut-être une inversion des sièges passagers ?

 

« Personnellement, mais ça ne vaut que pour l’équipage au poste de pilotage, je verrais bien tout le poste pivoter sur son axe d’avancement. Mais tant qu’à faire, comme sur le « 002 » il s’agira de voler essentiellement sur le ventre, et parce que je veux éviter les « cassures » dans la continuité de la protection thermique avec les portes du train d’atterrissage, forcément que je le mettrais sur le dos à l’atterrissage.

Donc ça forcera à piloter à l’envers pendant les phases proches du sol. » 

C’est vous qui êtes fêlés ! 

« Vous faites ça comment ? » 

En faisant pivoter le poste de pilotage, et pourquoi pas toute la cabine d’éventuels passagers, en rotation sur l’axe d’avancement.

« Tout simplement ! » 

Et la visibilité du sol ? 

« Assurée par des écrans plats et des caméras « cheapest » placées sur les parties froides en avant et sur les côtés, juste derrière les protections thermiques. J’en ai d’ailleurs une bonne dizaine dans le coffre de ma voiture pour les tester ! » 

Une bonne idée : « Je retiens pour ma part l’idée de retourner les sièges de mes passagers. Peut-être que vous accepteriez de me montrer votre prototype, voire même de faire quelques embardées dessus : J’ai mon brevet de pilote ! » 

Paul n’est plus le patron de l’usine. S’il a racheté le prototype avec ses indemnités de départ, celui-ci est consigné au sol jusqu’à nouvel ordre. 

« Je cherche même du travail, actuellement. Si vous embauchez dans votre boutique, peut-être que… j’y réfléchirai, d’autant que je suis en principe un détaché de votre maison-mère ! » 

 

Ce qui était l’idée de Beauty au démarrage. Mais là, il est un peu moins chaud après ce premier entretien : Le gugusse le dépasse largement de la tête et des épaules. Un solide concurrent dont il fallait peser le pour et le contre que de le faire rentrer dans la bergerie : Paul pouvait lui ravir son poste en si peu de temps, que s’en est redoutable ! 

« J’y réfléchirai ! » promet-il.

« De toute façon, moi aussi. Je n’aime pas du tout la façon dont on est accueilli au siège de la maison-mère ! » lâche-t-il en prenant congé. 

Il garde une dent contre Barbara, la garce des RH du siège. 

 

Du mariage de Collette Morthe de l'Argentière, l’une des filles du vice-Amiral du même nom, chef d’État-major adjoint de la marine, Paul n’en a rien à faire : Collette n’est ni une « ex » ni une « future », il ne la connaît même pas ! 

En revanche, Gustave Morthe de l'Argentière, c’était son « big-boss » du temps où il était encore pilote des forces aéronavales françaises, au large des côtes Afghanes et pakistanaises, où il s’était rendu célèbre sous le nom de sa patrouille, « Charlotte », qui avait pu sauver un pilote de l’US-Air-Force en désobéissant aux ordres émanant du PC volant qu’était l’Awacs couvrant la mission, ordres relayés du « Bateau-Lavoir », le PAN CDG. 

Et « l’amiral Gustave », c’est lui qui avait sanctionné Paul des arrêts de rigueur, pour avoir utilisé « le feux des armes de la République » sans autorisation. 

Car, suite à ses « arrêts de rigueur », passés pour partie à bord, puis dans le Haut-var,  commués ensuite en « affectation » au diable Vauvert, qui avaient failli le faire mourir d’ennui, Paul en avait donné sa démission sitôt « son temps » fait, absolument écœuré de sa vie sous l’uniforme : Il aurait pourtant bien voulu en rempiler pour 5 ans, mais pas dans les conditions qu’il présumait. 

Et puis la vie a passé et il a fait autre chose de tout aussi passionnant, par moment seulement, il est vrai. 

L’invitation a donc un aspect incongru d’autant que le petit mot manuscrit sur le carton ne laisse aucun doute : Il est attendu. 

 

Paul s’auto-exempte de cérémonie religieuse : De toute façon, il quitte Toulouse en début de matinée après avoir flâné juste un peu dans la ville-rose dans l’après-midi de la veille pour se détendre de son entretien… « nerveux » avec Beauty. Les deux hommes se sont jaugés mutuellement pour se convaincre qu’il n’est pas certain qu’une « collaboration » soit souhaitable pour leurs agendas réciproques. 

Et la chasse à la « cuisse légère » de la soirée n’a pas été à la hauteur espérée : Il a dormi seul, pour une fois ! 

Et c’est « reposant », finalement… Il ne s’en souvenait plus. 

Pour débarquer au GPS avec son diesel crotté dans les jardins d’une superbe maison de famille, style « restauration-ravaudée », à l’immense pelouse qui accueille bien un demi-millier de personnes autour des buffets gigantesques sous un ciel « aléatoire ». 

Les mariés font l’accueil. Lui, deux barrettes, uniforme de marin, sec, fin, longiligne, la poignée de main qui se veut virile, le sourire carnassier qui lui barre le bas du visage fraîchement imberbe. 

Elle, une « grosse », petite, moche, myope, le cheveu indécis sous son bibi tout blanc comme sa robe fort jolie, qui bécote comme du pain béni absolument tout le monde ne manquant pas d’envoyer à Paul un coup de sein quand il se redresse, le sourire éclatant de sa joie d’avoir pu trouver « chaussure à son pied »… qu’on espère nombreux : L’affaire n’était pourtant pas gagnée, de prime abord ! Il fallait vraiment qu’elle tombe sur un type aillant un mauvais goût assumé pour son genre de beauté, et qu’elle lui fasse des « trucs » qu’il ne connaissait pas pour le garder, imagine Paul… 

 

À peine débarrassé du nouveau-couple, à la recherche des quelques têtes connues juchées sous leurs uniformes d’apparat, il se fait accoster par une petite-minette d’allure assez sympa, la vingtaine un peu dépassée, un peu beurette sur les bords, des formes « souples & molles » placées là où il faut, des yeux couleur myosotis, l’air gracile et pétillante. 

« Nathalie ! Vous n’êtes pas antisémite, au moins ? » 

En voilà une façon parfaitement improbable de draguer ! 

« Et vous n’avez rien contre les buveurs de bière, mangeurs d’ail, amateurs de fromage fort et goy par-dessus le marché, suppose-je ? » 

Quelle réplique… 

« Non pourquoi ? » Et puis elle comprend la « finesse » de la réponse à sa question idiote. 

Parce que tout peut être alors envisageable. 

« Je vais vous dire. Je suis une amie d’une amie de la mariée. La fille que vous voyez là-bas, Marie-Claire ! » 

Des « filles-là-bas », y’en a quantité. 

« La rousse ! » … Pas facile. Et alors ? 

« Nous avons parié toutes les deux à celle qui sortira la première un bel homme aujourd’hui. Je ne vous choque pas au moins, parce que vous me paraissez tout-à-fait approprié ! » 

C’est donc bien un plan-drague : Parfaitement invraisemblable, et pourtant ! 

Paul pense à se présenter : « Paul de Bréveuil pour vous servir, jolie Nathalie. Mais en fait, je ne suis pas venu pour faire la connaissance de vos charmes que je pressens ardents : je cherche le père de la mariée. Avant de m’éclipser discrètement », fait-il pour la décourager : manquerait plus qu’il se fasse repérer par des écarts de conduite sur les pelouses de l’amiral ! Déjà que de tirer au canon aérien, ça ne lui avait pas plu, alors « tirer » dans ses murs ou sur sa pelouse, Paul n’ose même pas en imaginer les conséquences… 

« Il est là-bas », fait-elle avec une petite moue un peu déçue qui lui va à ravir et met en valeur la couleur de son regard sous le ciel indécis. 

Même pas le temps de prendre congé, que déjà il est alpagué par un sous-officier en tenue qui le conduit dans un salon de la maison richement meublée. 

Il n’a pas longtemps à attendre. 

 

« Ravi que vous ayez pu venir ! » fait de sa voix au timbre grave si particulier, le vice-Amiral Gustave Morthe de l'Argentière qui pénètre de façon tonitruante dans la pièce à grandes enjambées alors que Paul lui tournait le dos. 

« Vous avez pris du poids, dirait-on ! » Et lui, quelques cheveux blancs supplémentaires. 

Il ne prend pas le temps de faire des discours, comme à son habitude. 

« J’ai suivi vos pérégrinations : Toujours une tête brûlée, à ce qui me semble… Malgré vos promotions ! » 

Il ne laisse pas le temps à Paul d’infirmer. 

« Mon cher Paul, ça tombe plutôt bien pour ce qu’on a à se dire. Figurez-vous que je suis devenu le patron de la Direction du Renseignement des Forces Navales, l’ancienne DRM. Vous connaissez, je suppose ? » 

S’il connaissait… 

« Je ne sais pas trop ce que vous fabriquez dans le civil, mais il se trouve que, je ne sais pas comment, ni encore moins pourquoi, j’ai été chargé de vous… comment dire ? De vous cornaquer dans une mission complexe que vous ne pouvez pas refuser. Car, si j’ai bien compris, vous avez encore fait une connerie qui a fâché le locataire précaire de l’Élysée. Je ne sais pas laquelle et je ne veux pas savoir. Mais il est et reste le chef des armées au moins jusqu’en 2012. Alors voilà, quand il a des exigences, on s’emploie tous à rester aux ordres. » 

Pas question, commence à bouillir Paul. 

« Amiral, je vous arrête tout net : Il est hors de question que je sois le complice d’un crime, même d’État, pour procurer une bite assez longue à notre Président pour qu’il engrosse sans FIV sa bonne femme ! Ou alors il utilise les prothèses que j’ai pour lui dans le coffre de ma voiture. » 

Quiproquo : De quoi cause son ex-officier navigant ? 

« Vous n’êtes pas au courant ? Il veut se faire greffer une grosse bite assez longue prélevée sur un prisonnier politique chinois ! ». 

L’amiral éclate de rire. 

 

Mais non, mais non : « Ce n’est pas du tout ça. Vous débloquez complétement et racontez n’importe quoi, mon jeune ami ! Il s’agit bien de chinois, mais plutôt de leur prototype d’avion de combat J20 dont nos alliés américains voudraient aussi en savoir plus à son sujet ! » 

L’amiral n’est manifestement pas au parfum du tout. 

« Là, je suis au courant. Ils veulent même que j’aille tâter du Sukhoï 50 par la même occasion et aller péter la gueule au futur candidat d’opposition qui crèche à Washington à la tête de la « Banque mondiale des pauvres » et autres États défaillants ! » 

Ah non ! « Je vous arrête. Pour le Sukhoï, nous sommes intéressés également. On a assez peu de précision à son sujet sinon que c’est un jet de combat de 5ème génération supérieur au Rafale. Le J 20, on s’en fout, mais ça les intéresse, eux. Quant à une intervention dans le domaine « politique », c’est totalement hors de sujet ! » 

Bien naturellement… 

Et puis il se ravise. « En tout cas, je, et avec moi tout le service, ne veux pas en savoir ! Nous nierons toute éventuelle implication ! » 

Voilà qui n’est pas clair. 

« Bon ! Et je fais quoi, moi alors ? » 

« Vous vous mettez à leur disposition et vous nous rendez-compte. Attention, vous n’apparaissez nulle part dans nos livres, pas même à l’occasion de la moindre petite ligne de crédit ou d’un formulaire de remboursement de frais. Même pas un ticket de métro : Vous vous démerdez, mon bon ami ! Ordre du « château » ! » 

 

Les ordres cons, décidément, ils ne savent plus faire que ça ! L’année dernière c’était un général et un colonel sous ordre du ministre, maintenant on passe à un Amiral des services de barbouzes de la Royale piloté par l’Élysée en direct ! 

C’est fou, ça ! 

Demain sera-ce carrément l’Europe ou l’ONU tant qu’on peut encore espérer en survivre ? 

« Leur idée n’est pas stupide. Je vous la livre et vous débrouillerez après. Vous avez un prototype qui n’aurait jamais dû exister. De plus, il doit être convoyé à Caritat-Air-Base. Ils suggèrent (qui « ils » ? Il ne saura pas…) que vous fassiez un dernier vol assez utopique qui consisterait battre le record d’un tour du monde avec votre prototype. » 

Paul sait que le record est détenu par Riccardo Mortara, un aviateur italo-suisse, et son équipage, avec escales et sur un appareil pesant entre 9.000 et 12.000 kg selon la quantité de carburant emportée. 

Parti de Genève à 07 h 12 un vendredi, le jet d'affaires, un Rockwell Saberliner 65, a fait le tour du monde en moins de 58 heures et est revenu à Genève le dimanche suivant à 17 h 06. Riccardo Mortara, alors âgé de 62 ans, son fils Gabriel Mortara, 28 ans, et Flavien Guderzo, 26 ans, ont franchi une distance de 36.900 kilomètres à une vitesse moyenne de 647 km/h en 57 h 54. 

33 pays ont été survolés pour l’occasion. Dix escales de ravitaillement ont été nécessaires et Riccardo n'a dormi qu'une heure et demie pendant tout le vol sans quitter son cockpit. Ils auraient même pu réaliser le périple plus rapidement, mais ils ont dû changer l'itinéraire en raison d'une éruption volcanique en Islande. Et de rappeler que le précédent record était détenu l'américain Arthur Godfrey qui avait fait le tour du monde en 1966 à une vitesse moyenne de 436 km/h. 

Mieux, en février 2006, l'américain Steeve Fossett a réalisé le tour de la terre et sans escale en 67 heures à bord d'un « Virgin Atlantic Global Flyer » dont il était question encore la veille dans son entretien d’avec « Beauty ».

Quant au record de la plus grande distance franchissable il est détenu par un B52 de l'US Air Force, sur 23.210 km sans escale, plus que devançant, depuis, l'aile volante furtive B2 qui peut parcourir 18.000 km sans se ravitailler, ou que l'Airbus A340 qui fit sensation lors du salon du Bourget 1993. Ce fut le premier avion de ligne à faire le tour du monde en ne faisant qu'une seule escale. 

Airbus démontra alors que son dernier-né de l’époque pouvait assurer de nouvelles liaisons directes. Actuellement, ce sont les A340-500 (16.500 km) et les B777-200 LR (17.400 km) et surtout l’A380 qui fait un demi-tour du monde sans escale avec la réserve de sécurité en plus dans les réservoirs, tous les recordmen de la distance franchissable dans le domaine de l'aviation commerciale. 

Très loin du Nivelle 001… Qui certes peut aller 3 à 4 fois plus vite, mais perdra un temps fou à ravitailler… surtout si on le garde au sol pour examen approfondi. 

« Même avec escale ce n’est pas commode en raison des temps de montée et de descente toutes les heures… Quel intérêt ? »

 

« Vous faire entrer dans la légende ! » 

Rien que ça ? 

Paul a dû refreiner une folle envie de piquer un sprint jusqu’à sa voiture, direction le premier bateau pour la Corse et filer à l’anglaise sur son « Lisbeth » vers des îles perdues qui ne figurent toujours pas sur les cartes maritimes, pour ne pas paraître ridicule…

 

Source :

https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/11/au-nom-du-pere-chapitre-xi-tome-ii.html

 

—————

06/11/2015 22:34

Au nom du père II : chapitre X : Projets de délire…

Au nom du père (Chapitre X ; Tome II)

 

Projets de délire… 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

C’est pourquoi « Jean Beauty » estime qu’on peut relancer le processus de formation des technologies via son projet d’avion hypersonique. 

Et le gars est intarissable sur le sujet. 

« Notre ZEHST, Zehst pour « Zero Emission High Speed Transport » permettrait de relier Tokyo à 2 h 30 de Paris sans pollution en 2050. C’est un avion-fusée qui ne polluera (presque) pas la planète puisque cet engin volera dans la stratosphère et dont l'objectif est zéro émission de CO2

Les moteurs du Zehst tourneront avec des bio-carburants à base d'algues. Dès qu’il a pris de l’altitude, l'appareil bascule sur des moteurs de type fusée. Des moteurs à l'hydrogène et à l'oxygène. Ils sont donc totalement propres et ne dégagent que de la vapeur d'eau. 

L'avion monte alors jusqu'à 32 km d'altitude. Il ne pollue plus, pour être dans la stratosphère, la pollution devient « transparente ». Pour atterrir, le pilote coupe les moteurs et amorce sa descente en planeur avant de se poser en remettant en marche les moteurs classiques de l'appareil pour les manœuvres d’approche. » 

Si on ne pollue plus l’atmosphère et sa couche d’ozone, on pollue la stratosphère : Ce n’est guère mieux, d’autant que les polluants dégénèrent en autre chose sous l’action des rayons ultra-violets et ne retombent jamais… 

Mais une pollution à la vapeur d’eau seulement. 

 

« Le Zehst, pourra embarquer de 50 à 100 personnes et EADS a déjà un calendrier : Une premier démonstration vers 2020, pour une mise en service vers 2050. 

D’autant plus sûrement que les technologies nécessaires sont déjà développées. Les moteurs fusées existent déjà : Astrium, filiale spatiale spécialisée dans la fabrication de satellite d'EADS, les développe pour le tourisme spatial de « Virgin galactic ».

Les carburants à base d'algues sont aussi déjà prêts et le Zehst est pensé en collaboration avec le Japon et avec la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) française. 

Son décollage, et les manouvres d’approche et d’atterrissage, se feront au moyen d’un turboventilateur traditionnel avant que des fusées d’appoint ne prennent le relais pour entamer une rapide ascension pour l’emmener au-delà de l’atmosphère. 

Les statoréacteurs, actuellement utilisés dans la construction de missiles, porteront l’appareil à 32 kilomètres au-dessus de la terre à une vitesse supérieure à Mach 4, quatre fois la vitesse du son. 

On travaille dessus depuis cinq ans. On a eu le temps de voir s’il était viable. Le ZEHST n’est pas une nouveauté, ce ne sont que des choses qui ont été déjà créées. »

Marrante comme idée. 

Un successeur de Concorde, alors ? 

« Mieux que ça : Une nouvelle ère dans le transport aérien pour une classe de touristes capable de payer un billet entre 8 et 10.000 euros. » 

 

Mais alors, que vient-il faire dans ses bureaux si tout est déjà prévu ? 

« Il reste quantité de choses à régler : Nous n’en sommes qu’à « caler » le concept. Sur le plan technique, il y a tout à intégrer. Mais vous, Mon Cher Paul, vous avez ouvert la voie à Mach 5 ! Vous avez votre place parmi nous ! » 

Parce que lui, le CNAM, il se paierait bien un « X Sup-aéro » sous ses ordres ? 

Un gros rêveur, là. 

« Vous n’avez pas besoin de moi. Les stato, c’est vieux comme les Leduc et à Mach 4, vous n’avez pas besoin de céramiques réfractaires. Mach 5 oui, c’est indispensable. Pas en deçà ! » 

Mach 5, c’est une demi-heure de gagné : Un must ! « Peut-être peut-on mieux faire. On a les moyens financiers ici, des labos compétents, toute une industrie derrière nous ! » 

Pas besoin de moyens colossaux pour faire de la céramique. 

« Vous savez, depuis que les chinois ont inventé la céramique, voire même les « antiques » qui se sont mis à cuire leurs briques de terre-crue, tout le monde sait faire avec un simple four à pain. » 

Oui mais les moules ? 

« Pas compliqué pour trois sous ! C’est un secret de fabrique qui ne vaut rien : Il est dans tous les manuels de sciences des collèges de France et de Navarre ! » 

Comment ça ? 

Là, c’est Paul qui s’amuse comme un petit fou. 

 

« Je vais vous dire l’erreur des américains avec leur navette : Ils ont fait des tuiles réfractaires en céramique pour leur navette après avoir usé et abusé des boucliers thermiques pour tous leurs engins précédents. Leur bouclier thermique qui protégeait leurs astronautes devait encaisser l'énergie cinétique transformée en énergie thermique pour atteindre quelque 86.000 kW/h. Alors qu'à l'extérieur de la capsule, sur la base circulaire du cône, la température atteignait 2.760°, elle n'était que de 40° maximum à l'intérieur de l'habitacle. Des boucliers non réutilisables, fabriqué par la société Avco, et dont l’épaisseur variait de 1,3 à 5 cm. Ils pesaient 1.360 kg pour Apollo, soit un quart de la masse du module de commande. Et ils étaient composés de six couches superposées de résines ablatives qui, chauffées à blanc, fondaient et se détachaient évacuant ainsi la chaleur avant qu'elle ne franchisse les parois du vaisseau. » 

Un dispositif « tout con » de simplicité. 

« Perso, j’ai fait l’inverse. J’ai pris les résines pour faire le moule dans lequel je cuis la céramique. On arrive au même résultat question résistance aux hautes températures, mais avec une tenue mécanique nettement accrue. En compression et en poinçonnement. En revanche, à la traction, la flexion et à la torsion, la céramique, ça reste aussi fragile que du verre ! » 

Pas d’acier spéciaux pour les moules ? 

« Et puis quoi encore ? Vous vous rendez compte du coût du moule à fraiser et à usiner quand on sait qu’aucune des tuiles de la navette n’est comparable à une autre ! 

D’autant que dans mon système, on fait le tout d’un seul bloc. Une matrice en plâtre, qu’on fait sécher et qu’on meule à la forme finale. On coule la résine autour et on attend que ça se solidifie un peu. Y’a plus alors qu’à casser et retirer la matrice, y couler la céramique et monter un four tout autour ! 

Simple, je vous ai dit ! » 

Et peu onéreux. 

« Le plus difficile c’est encore de faire circuler l’air chaud de façon homogène et en continu avec assez peu d’écart de température dans le four, de façon à ce que la céramique finale soit la plus homogène possible et conforme au dessin initial. » 

 

C’est si simple que ça ? « Pourquoi vous ne déposez pas le brevet ! » 

Peut-on breveter de la vaisselle ? « Non, bon alors ! La seule difficulté, ça reste quand même d’en calculer les performances thermiques souhaitées. Mais là, je vous renvoie à vos cours de physique reçus au collège. » 

Pan dans les dents du vaniteux, titulaire de belles rentes sur ses propres brevets à lui. 

La connaissance appartient à tout le monde, pas au détenteur d’un brevet d’exploitation. 

« Fascinant ! Et qu’elles sont les températures extrêmes que vous pouvez obtenir ? » 

Secret. 

D’autant mieux que Paul l’ignore lui-même. 

« Suffisante pour un Mach 5 et même un peu plus. Mach 25, non ! » 

« Vous devriez aller voir Richard Branson ! » 

Le milliardaire de Virgin Galactic ? 

Un cas à part : Virgin Galactic planifie d'envoyer 500 passagers par année au coût de 200.000 $US chacun, à une altitude de 110 km avec un total de 3 à 4 minutes en apesanteur. 

En 2011, elle proposera un voyage en orbite lunaire à partir de 2015 dans une capsule biplace pour 150 millions de dollars américains. 

Un délire ! 

 

Dans l'histoire de la conquête spatiale, au 4 mars 2010, seulement 514 astronautes différents ont décollé de la Terre. Actuellement, seule l'Agence spatiale fédérale russe envoie des touristes dans l'espace, pour un prix de 20.000.000 $US pour un séjour d'une durée de 10 jours. 

C’est en 2003, au cours d'une visite impromptue des hangars de Scaled Composites, que Monsieur Whitehorn, un des bras droits de Richard Branson chez Virgin Group, remarque un appareil aux formes étranges. Whitehorn venait au départ visiter le Virgin Atlantic GlobalFlyer, un planeur motorisé géant, sponsorisé par Virgin Airlines, destiné à faire un tour du monde sans escale. Piqué par la curiosité, Whitehorn n'obtient cependant aucune réponse de Burt Rutan, l'ingénieur en chef, sur le commanditaire de cet appareil. On apprendra plus tard que ce commanditaire était Paul Allen, co-fondateur de Microsoft. 

C'est cet appareil qui participera sous le nom de « SpaceShipOne » avec son avion porteur White Knight au fameux « Ansari X Prize ». 

Le 4 octobre 2004, au 2ème atterrissage de « SpaceShipOne » réalisé avec succès par la même machine, Scaled Composites et Burt Rutan gagnent le prix de 10 millions de dollars pour avoir été les premiers au monde à envoyer un même engin à plus de 100 km d’altitude par deux fois en moins de 15 jours. 

C'est alors que Richard Branson, qui le connaît depuis fort longtemps, revient le voir avec son projet de première compagnie astronautique : « Virgin Galactic ». 

Paul Allen ne souhaitant pas donner une suite commerciale au projet, Burt Rutan disposait donc d'une machine volante ayant gagné le Xprize, prête à être mise en exploitation. Burt Rutan et Richard Branson conclurent une association.

Pendant la course du « Ansari X-Prize », « Virgin Galactic » signe un accord d'une valeur de 21.000.000 $US avec « Mojave Aerospace Ventures » dans le but de financer le développement du tourisme spatial. 

L'accord est annoncé par Branson et Burt Rutan le 27 septembre 2004 à la « Royal Aeronautical Society » de Londres. Le plan prévoit la construction de 5 véhicules spatiaux basés sur le « SpaceShipOne ». Après avoir gagné le « Ansari X-Prize », la construction débute en 2005 en prévisions de faire des dizaines, voire des centaines, de tests en 2007 [1]. 

 

Le véhicule utilisé pour l'envoi de touristes sera doté de 6 places plus 2 pilotes. La durée totale du voyage sera de 3 heures incluant 3 à 4 minutes en apesanteur balistique. La compagnie prévoit de permettre aux passagers de se détacher de leurs sièges et de flotter dans la cabine pour profiter au maximum de l'expérience. 

Le véhicule volera un peu plus haut que le « SpaceShipOne » pour permettre une durée plus longue en apesanteur. 

Ainsi, « SpaceShipTwo » est le nom du véhicule prototype de Virgin. La construction de cinq « SpaceShipTwo » et de deux « WhiteKnight Two » sera nécessaire à la réalisation du projet. 

Le 23 janvier 2008, à la « Power House » de « l'American Museum of Natural History » de New-York, Richard Branson et Burt Rutan ont présenté conjointement avec leur équipe d'ingénieurs au complet la version définitive du projet. 

Bon nombre de journalistes spécialisés attendaient avec intérêt cette révélation, car quelques mois plus tôt en août 2007, au cours d'une simple manipulation d'un des composants du combustible, une puissante explosion avait dévasté l'ensemble de l'atelier tuant trois ingénieurs de haut niveau, et blessant gravement quatre autres. 

Le moteur-fusée de « Space ship one » utilisait du nitroxide d'azote, dérivé de gaz hilarant allié à un dérivé du caoutchouc, le polybutadiène. 

 

Malgré ce problème majeur, les recherches se sont poursuivies et la conférence de presse révèle ce 23 janvier là deux appareils fondamentalement modifiés. 

L'avion porteur d'abord : Il dispose d'une envergure beaucoup plus importante. Une seule aile de 42 mètres de long, tout en carbone, soutenant de part et d'autre de deux carlingues au lieu d'une, le tout propulsé par deux fois deux moteurs Pratt et Whitney. 

Ce quadriréacteur ressemble désormais fort au « global flyer » qui a fait ses preuves, avec cette fois l'envergure d'un Boeing 757, et une sur-motorisation pour emporter 16 passagers plus un avion fusée et ses 8 personnes.

Certaines informations ont filtré depuis sur l'exploitation commerciale envisagée. L'avion porteur, en vol autonome, pourra entraîner les candidats aux effets de l'apesanteur, en réalisant des vols paraboliques. 

Un seul pilote en place gauche dans le cockpit tribord, pilotera la machine « Whiteknight 2 ». Les membres de la famille, les amis, et le grand public pourront réserver un siège pour accompagner l'avion-fusée en ascension jusqu'à son lâché à haute altitude et sa mise à feu. 

 

Deux à quatre lâchés par jour sont envisagés en période d'exploitation commerciale à partir de plusieurs astroports dans le monde. Plus de 200 vols tests sont prévus jusqu'à l'obtention de l'agrément FAA. C'est ce véritable sésame qui permettra aux compagnies d'assurance de proposer des contrats en condition d'exploitation commerciale. Cette dernière étape ouvrant enfin la voie aux premiers départs commerciaux. 

La navette « SpaceShipTwo » rebaptisée « Virgin Space Ship (VSS) Enterprise » lors de sa présentation en décembre 2009, a effectué son premier vol d'essai le 22 mars 2010, suspendue à son vaisseau-mère, le Chevalier blanc (deux avions à réaction joints par une aile commune). 

Branson a suggéré le prix initial des billets à 200.000 $US pour les premiers vols suborbital incluant 2 jours d'entraînement, puis 30.000 $US pour les suivants. 

La compagnie estime cette année-là que le marché potentiel se situe entre 7.000 et 15.000 clients sur une période de 2008 à 2013. De plus, ils estiment que seulement 5.000 clients, sur ces 5 ans, serait suffisant pour rentabiliser l'entreprise. 

 

« Ce gars-là est un fou furieux : Il faut pouvoir encaisser les accélérations d’une mise en orbite en trajectoire finale ! Ce n’est pas donné à tout le monde. Combien il va en tuer avant d’arrêter le jeu de massacre ? Je préfère nettement votre avion quadri-sonique, quoique même, la phase d’accélération vers la haute altitude, vos passagers risquent d’être secoués du garde-manger. » 

2 G, grand maximum ! 

Deux fois son poids, pas plus. « Et même pas 10 minutes ! » 

 

« Votre vrai problème, Monsieur Beauty, à mon sens ce n’est pas la montée en altitude, ça peut se maîtriser en rallongeant un peu la durée du vol. C’est bien plus le retour des hautes couches de l’atmosphère. Juste après le décrochage de la stratosphère. J’ai le même problème avec le « Nivelle 001 ». » 

Ah oui ? 

 

-> Retour au sommaire <- 

 

[1] Depuis, le premier « space-drôme » a été inauguré…

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/11/au-nom-du-pere-chapitre-x-tome-ii.html

 

—————

—————