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05/11/2015 14:43

Au nom du père : chapitre IX : Détour à Toulouse

 

Au nom du père (Chapitre IX ; Tome II)

 

Détour à Toulouse 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Le surlendemain, il reçoit deux invitations : La première au mariage de la fille aînée de son amiral d’antan, celui qui l’a jeté du CDG pour son coup de feu sans ordre en 2002, une vieille connaissance que le vice-amiral Gustave, Charles, René Morthe de l’Argentière, qui célèbre sa fille dans le Gers à proximité de Marciac, avec un petit mot manuscrit pour le moins étrange : « Vous êtes prié de ne pas refuser ! Amiralement-vôtre. » 

Bizarre. 

Et le second qui l’enjoint de passer à Toulouse-Blagnac dans les locaux d’Airbus. Comme les deux dates coïncident à peu près, il ira aux deux. 

Mais il est il n’y aurait pas eu le mot « bizarre » de la première invitation, il aurait refusé la seconde : Trop cons, dans cette boutique-là ! 

 

Ç’aurait d’ailleurs été dommage, parce que le sieur « Beauty » a un sacré pedigree : Il est directeur technique (CTO) d'EADS, membre du Comité Exécutif d'EADS et a la responsabilité d'entreprise pour la Technologie, qualité et information. 

Avant d'occuper ce poste en mai 2006, il a servi en qualité patron de l'exécutif d'affaires pour la Propulsion et exécutif chez « Fuel Cells directeur » de Delphi Corporation. 

Il a débuté sa carrière en 1978 chez Renault et est devenu ingénieur-principal de projet. Il rejoint ensuite « General Motors » aux États-Unis en 1989. 

En 1990, il devient ingénieur du projet « personnel » de la Division Systèmes de direction, « Saginaw » chez General Motors. 

De 1992 et jusqu'en 1997, il revient en France en tant que Directeur de l'ingénierie européenne pour ensuite être nommé Directeur du « Client Solution Center », un poste qu'il a continué à tenir à la « Delphi Corporation » jusqu'en 2002. 

De 2002 à 2004, il a géré la dynamique des entreprises nouvellement créées, au « Propulsion & Innovation Center thermique » en qualité de chef de technologie. 

Il est réputé pour détenir 12 brevets dont 11 brevets en dehors de « Delphi », avoir fait au moins quatre publications défensives pour son travail chez « GM » et « Delphi ». 

Diplômé de l'INSA de Toulouse en 1986 en maîtrise en génie mécanique, il a également un MBA de l'Université « Central Michigan » en 1991, et un doctorat en génie mécanique au « Conservatoire National des Arts et Métiers », à Paris en 1995. 

En lisant ce détail, Paul pense immanquablement à un « self-made-man » psychorigide qui a la bougeotte : La CNAM, elle ne forme que ça ! 

 

Le « Docteur Beauty » a par ailleurs reçu des mains du Président du « Conseil General Motors », l’Award de 1998 de la « Fellow de la Society of Automotive Engineers ». 

Il est membre de plusieurs associations de technologie et du Centre National de Recherche Technologique (CNRT) de Belfort, France. En 1991, il a complété sa formation en gestion de la recherche et de développement à l'Institut de Technologie du Massachusetts (MIT). Élu au Conseil européen de la recherche en tant que représentant pour l'aéronautique et l'espace et il est membre du Conseil de l'ONERA (l'Institut français de recherche pour l'aéronautique et l'espace), il est aussi un « Fellow de la Royal Aeronautical Society » (Royaume-Uni) et est titulaire d’un doctorat « honoris causa » de l'Université de Bath au Royaume-Uni… 

Et c’est dans son vaste bureau situé au-dessus des locaux des bureaux d’études qu’il reçoit Paul à Toulouse où il est en escale. 

Naturellement, il a entendu parler du « Nivelle 001 ». Et Paul doit déchanter : Aucune embauche en perspective, mais tout simplement un « échange » entre deux porteurs de projet. 

Paul s’est inspiré du projet « Hermès » pour imaginer le « 002 » et s’ouvrir la porte des étoiles. L’autre est parti de Concorde pour voler dans la stratosphère. 

 

Deux mots d’Hermès : En 1973, l’échec des fusées Europa, dû à un montage industriel tripartite mal adapté, oblige la Conférence européenne de construction de lanceurs et d'engins spatiaux (CECLES/ELDO) et le Conseil européen de recherches spatiales (CERS/ESRO) à se réorganiser sous l’égide de la France en Agence spatiale européenne (ESA) en vue, notamment, d’acquérir une indépendance en matière de lancements de satellites de communication commerciaux, via le programme de lanceur L III S (Lanceur de 3ème génération de substitution), renommé en Ariane 1 (France) et du laboratoire Spacelab (RFA et Italie). 

De la fin des années 1970 et jusqu’au début des années 1980, c’est la période faste pour le CNES et l’ESA, grâce aux succès commerciaux d’Ariane 1, mais aussi au choix par la NASA des deux laboratoires européens Spacelab (LM1 et LM2) devant être embarqués dans la navette spatiale américaine, tout autant qu’au lancement de projets de laboratoire spatial européen et de véhicules habités de transfert associés. 

En 1977, le CNES lance une étude de faisabilité d'un avion spatial habité, déjà dénommé Hermès, destiné à des missions à basse altitude (200 km) sur une orbite inclinée à 60° sur l'équateur ou à des rendez-vous avec une station spatiale à 400 km sur une orbite inclinée à 30°. 

Une sorte de mini-navette spatiale à 3 spationautes (120 kg de bagages plus 400 kg de fret) lancée par Ariane 4… Le CNES envisage en 1978 l'utilisation d'Ariane 5 première version d'une capacité de 10 tonnes en orbite basse. À l'époque, Hermès ne comporte que de petits moteurs de changement d'orbite et embarque cinq spationautes dans un module pressurisé de 6,3 mètres de long et de 15 m³. 

Le coût du projet est estimé à au moins 10 milliards de francs. En 1980 et 1981, le CNES lance des études sur la fourniture électrique par piles à combustible et sur les protections thermiques. Des essais aérodynamiques concernant les phases de vol de retour hypersonique et d'atterrissage sont effectués par l'ONERA. 

En 1984, Hermès présente toujours le profil d'une mini-navette spatiale à aile delta mais dotée de deux empennages verticaux inclinés en bout d’aile : Une solution aérodynamique qui sera reprises pour les avions gros-porteurs, qui en revanche gardent tous une large gouverne de queue. 

Elle est capable d'embarquer de 4 à 6 spationautes plus une charge utile de 4.500 kg et doit être mise sur orbite par une Ariane 5 première version, en fait une Ariane 44L avec un nouveau 2èmeétage.

Or, entre temps, les maîtres d’œuvre du Spacelab, Aeritalia (depuis Alenia Aeronautica) et MBB, puis l’Aerospatiale (depuis EADS Space Transportation) proposent dès 1982 des dérivés de ce laboratoire, après des études de 1981 concernant la plate-forme Solaris. 

MBB et Aeritalia soumettent un système intégré purement européen, nommé « Columbus » quelque temps avant que le Président des États-Unis Ronald Reagan propose à l’ESA de se joindre au projet américain de « Space Station Freedom », lancé en 1984, ce qu'elle fait en mai 1985, après d'âpres négociations. 

 

L'ESA se plaint, en effet, du peu d'accès aux transferts de technologie concernant les modules pressurisés tandis que le Congrès des États-Unis insiste pour que Columbus ne mène pas d'expériences de microgravité à but commercial et que la NASA affirme que le contrôle autonome de Columbus est techniquement impossible. 

L'ESA ne cède pas et la construction du MTFF est décidée en 1985. Il peut s'arrimer aux stations « Freedom » ou « Mir » pour des missions de 90 jours. 

La mission principale d'Hermès est, cependant, la desserte du laboratoire autonome MTFF de 3 à 4 fois par an pour une durée de dix à douze jours dont sept accostés. 

Après la décision du président de la République française de lancer le programme le 7 février 1984, à partir de 1985, le « carré Hermès » constitué de l'Aerospatiale, de AMD-BA et du CNES enchaînent les actions de lobbying en direction de l'ESA afin d'entraîner d'autres pays européens à hauteur de 50 % du budget. 

Et le 31 janvier 1985, le Conseil des ministres européens de l'espace réunis à Rome prend note de la décision française d'entreprendre le programme d'avion spatial habité Hermès et de la proposition d'y associer les partenaires européens. 

 

Deux prototypes sont alors en concurrence : 

– Le projet d’AMD-BA à aile delta sans empennage vertical, doté d'une soute non pressurisée et présenté au salon du Bourget ; 

– Le projet de l'Aerospatiale à aile en double delta avec empennage vertical, qui est finalement retenu le 18 octobre 1985. 

Le 25 octobre 1985, le CNES présente le projet aux délégations et industriels européens. À cette époque le coût du projet est estimé à 14 milliards de francs. 

L'Aerospatiale est maître d'œuvre industriel, responsable de la cellule, des installations, des zones de travail et de l'avionique. 

AMD-BA est maître d'œuvre délégué responsable de l'aérodynamisme, de la protection thermique et des commandes de vol. 

Matra est responsable de l'électronique fonctionnelle, MBB de la propulsion, Dornier du contrôle-environnement et support-vie ainsi que de la pile à combustible, ANT des mesures et communications, Aeritalia du contrôle thermique, ETCA de l'alimentation électrique de bord et Deutsche Hermès/MBB du système de sauvetage et d'évacuation. 

La phase « 1 » dure de mars 1988 à février 1990. La phase « 2 » démarre en janvier 1991 avec pour objectif que les 1er essais subsoniques débutent en 1996. Le premier vol habité « H02 » est alors prévu pour le début 1999, suivi par la première mission de desserte du MTFF la même année. 

Le 10 décembre 1990 est même créée la holding « Hermespace France » (51 % Aerospatiale, 49 % Dassault Aviation), qui détient 51,6 % « d'Euro-Hermespace » aux côtés de DASA (33,4 %) et d'Alenia Aeronautica (15 %). 

 

Mais voilà, en 1985, le CNES espère que le coût total du programme (pour la construction de deux véhicules) n'excédera pas les 1,9 milliard de dollars. 

Lorsque l'ESA débute la phase préliminaire B2 d'Hermès en mai 1986, le coût est encore estimé à 1,5 milliard de dollars. Une rallonge de 35 millions de dollars est accordée en octobre 1986. 

Les projets Ariane 5 et Hermès sont approuvés lors de la conférence de l'ESA à La Haye, les 9 et 10 novembre 1987. La décision d'abandonner le démonstrateur « Maïa » à l'échelle 1/3 augmente légèrement le coût du projet à 21 milliards de francs, comprenant un vol de qualification automatique sur Ariane 4 H01 à la mi-1998. 

Hermès tend également à prendre de l'embonpoint, ce qui, selon un rapport de l'Assemblée nationale française, « constituait une des difficultés majeures du programme. ». Le débat sur la capsule de sauvetage apparaît interminable. Hermès devait désormais être équipé avec une capsule éjectable pour servir de véhicule d’évacuation d’urgence en cas d’un accident au lancement de la navette. En raison de l’augmentation considérable de son poids, la charge utile s’en trouve réduite à 3 tonnes et le nombre de l’équipage est de nouveau limité à trois. On renonce également à la possibilité d’une soute ouverte pour injecter les satellites sur orbite. Plus tard, la conception d’une capsule de sauvetage sera également écartée et remplacée par une solution avec des sièges éjectables. 

 

Ce système, certes plus léger que la capsule de sauvetage, est capable de fonctionner jusqu'à Mach 2, c'est-à-dire dans les premières minutes du lancement ou peu de temps avant l'atterrissage ; 

Du coup, le véhicule spatial Hermès (VSH), d'une masse maximale en charge en orbite de transfert de 23.000 kg, est alors composé de trois éléments : 

– L'avion spatial Hermès (ASH) avec une masse maximale en charge en orbite de transfert de 15.000 kg et d'une longueur de 12,69 m qui possède une forme de corps portant (lifting body) doté d'une voilure à aile delta avec élevons sans empennage. Il comprend une cabine de pilotage de 8 m³ (hauteur de 2,96 m, diamètre de 2,74 m) pour 3 spationautes, une soute pressurisée de 25 m³ consacrée à la cargaison, aux activités scientifiques et à la vie de l'équipage ;

– Le Module de ressources Hermès (MRH), d'une masse maximale en charge en orbite de transfert de 8.000 kg (charge utile : 1.500 kg) et d'une longueur 5,40 m dispose d'un volume de 28 m³ comprenant le système propulsif d'accostage et d'arrimage, la centrale de contrôle thermique sur orbite, les réservoirs d'oxygène, de carburant et d'eau. Il est détaché de l'avion spatial avant sa rentrée atmosphérique ; 

– Enfin le Module de propulsion Hermès (MPH), n’est autre que 3ème étage du lanceur Ariane 5. Il est utilisé par Hermès pour modifier son orientation et sa vitesse avant d'être largué. 

 

Et dès 1990, le CNES et l'ESA étudient donc avec l'aide des industriels (Aerospatiale et DASA) des alternatives à Hermès, essentiellement des capsules spatiales habitées devant défricher des techniques comme la rentrée atmosphérique et l'atterrissage par parachute, l'aérodynamique, la thermodynamique, les systèmes de protection thermique, les méthodes de pilotage, etc. 

Mais sans succès. 

 

« En fait, Hermès n’est pas vraiment abandonné, mais est condamné par plusieurs facteurs : L’abandon probable de l’ISS et de la navette par les américains qui vont se consacrer à la conquête de la planète Mars comme annoncé par Bush, le coût prohibitif des recherches sur les techniques de rentrée dans l’atmosphère, d’autant mieux que les américains ont refusé le transfert de leur technologie, une fois de plus, et la crise qui assèche les tiroirs caisses des bailleurs de fonds européen », affirme-t-on à Paul une fois sur place. 

Ce qui n’est pas faux.

 

Source : https://flibustier20260.blogspot.fr/2015/11/au-nom-du-pere-chapitre-ix-tome-ii.html

 

 

 

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04/11/2015 18:27

Au nom du père II : chapitre VIII : Les délires d’embauche…

 

Au nom du père (Chapitre VIII ; Tome II)

 

Les délires d’embauche… 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« Et que recouvre la notion de baronnage ? » C’est la technique qui consiste pour un croupier de casino à faire gagner indûment un « baron » complice. 

« En réalité, comme il s’agit d’argent en cash, le casino sert de lessiveuse. Un type y apporte de l’argent au black. Il le perd. Un autre le gagne en trichant un peu et le casino garde un petit pourcentage : L’argent, de la menue monnaie qui peut aller jusqu’à plusieurs dizaines milliers d’Euro ou de dollar par soirée, permet de blanchir en toute légalité des sommes fastueuses qui nourrissent les filières de crapulerie. 

L’argent change de poche ainsi sur tous les terrains hippiques, sur les tables de casinos, dans les cyber-cafés-casino, avec certificats de gains estampillés. Imparable. » 

Mais il faut tricher. Comment ont fait au casino ?

« On le fait plus facilement sur les terrains de courses en enregistrant des paris après l’arrivée. Au casino, les croupiers savent aussi y faire le « tiers du plateau » à volonté ! » 

Les banques font pareil. Tu fais investir ton « baron » sur un titre peu actif dont tu vas manipuler le cours à travers une Sicav dédiée ou un FCP, voire un autre support. La Sicav, qui ne vaut rien, souscrit les titres de la cible, ses actions, ses dérivés, ses créances… Ça fait monter son cours au fil du temps et d’autres investisseurs vont noter la surperformance et y venir en spéculant. S’il s’agit d’actions, on peut même faire circuler des rumeurs d’OPA, ou balancer une étude sur la société support, si les montants en valent la peine. 

Puis quand les cours sont assez hauts, la Sicav se retire en faisant chuter le cours plus ou moins fort et le baron n’a plus qu’à racheter ses titres en encaissant la plus-value. 

« À l’inverse, tu peux même préparer le terrain, si tu connais le calendrier et les montants. Il suffit d’acheter en avance des options à bas prix et à terme éloigné. Tu fais monter le cours en souscrivant en direct et tu fais jouer les options en plus. Mais il ne faut pas être trop gourmand. Les « plumés » n’aiment pas jouer les pigeons, ils te le feront payer si tu es identifié. C’est la loi de la jungle, les marchés : Tous les coups sont permis. » 

Intéressant, intéressant. 

 

« Je te le dis, les banquiers vendent du temps. Ils ont parfaitement bien assimilé le précepte « Time is money ». C’est leur pain quotidien. 

Mais t’en fais pas, il y aura un moment où ils se mordront les doigts, quand ils auront rendu insolvable tout le monde. La crise des subprimes sur la tête des ménages américains leur a fait très peur. Alors ils ont fait très peur aux autorités monétaires qui ont allongé la planche à billet pour éviter la thrombose. Résultat, tout le monde va payer sous forme d’inflation, ce qui va réduire d’autant la valeur de leurs avoirs, si ça ne provoque pas une récession globale, qui serait l’hypothèse encore la meilleure pour eux ! » 

Ah bon ? 

« Bé oui, en cas de récession brutale et durable, qui va sauver les lourdeurs administratives et payer les plans sociaux ? Les banquiers, naturellement, qui ressortiront leurs pactoles pour prêter aux États. Et qui payent les États ? L’impôt versé par les citoyens, non. Et comment ceux-ci vont-ils pouvoir payer ? Bé en empruntant. Et d’habitude, on emprunte à qui ? Aux banquiers, qui lui, réclame des garanties. Et quand il y a cessation des remboursements pour cause de récession, qui devient propriétaire à vil prix des garanties offertes pour les saisir ? Toujours les banquiers. Et qu’en font-ils ? Ils les remettent à l’exploitation de telle sorte que tu bosses pour eux en ayant à peine de quoi survivre pour persister à faire tourner la machine. Et si tu n’y arrives pas, y’a assez de chômeurs pour prendre ta place ! » 

Un vaste hold-up planétaire : Tout ça rappelle le discours de « Lady Margaret », sur les maîtres du monde d’il y a quelques semaines [1]. 

« Oui ! C’est exactement ça qui va se passer. Et personne n’y peut rien, sauf à tous crouler sous des inflations à deux chiffres. Or, tu auras noté que les banques centrales, la BCE notamment, ont pour unique mission de ne pas « voler les petites gens » avec trop d’inflation. 

Marrant comme tout, non ? » 

Non, pas drôle du tout, même. 

 

À quoi ça sert, tout ça ? 

« Le pouvoir, le pouvoir, sur la vie de tous et de chacun. Le pouvoir pour exploiter encore plus, pour avoir encore plus d’argent pour avoir toujours plus de pouvoir, et ainsi de suite ! » 

Un cercle infernal et suicidaire. 

« Oui mais c’est ça le mythe originel de Kronos ! Roi des titans qui mange ses enfants. De peur d’être détrôné par eux, ce que fera Zeus qui survécu. 

Cronos, comme par hasard, c’est aussi le dieu du temps, fils d’Ouranos le dieu primordial, le ciel, et de Gaïa, la terre. Tu suis la symbolique, là, le polytechnicien ? » 

Paul suivait… 

 

« Maintenant une question. Tu me cites dans ton roman [2], heureusement sous un pseudo, publié sur ton blog, Comment tu as eu ces renseignements-là sur mon compte ? » 

M’enfin, ils m’emmerdent tous avec leur « infreequentable » à la con ! 

« Je suis désolé, mais ce torchon n’est pas de moi et ne je connais pas ce mec. À mon sens, c’est un plagiaire quelconque et sans intérêt qui s’est inspiré de mon rapport final sur la dite opération. Il a dû broder autour ! » 

Parce que ça c’est vraiment passé comme ça ? 

Coincé ! 

« C’est nettement plus compliqué et ce n’est pas tout à fait ça. Il n’a jamais été question de détournements de quiconque ni de sommes aussi astronomiques. Juste une petite escroquerie qui n’a jamais inquiété personne et dont un de mes clients a voulu que je dénoue l’ensemble, c’est tout ! » 

Dommage, ça respirait tellement « le vrai »… 

 

« Maintenant, je peux te proposer une autre version, celles de malfaisants manipulateurs qui ont voulu porter cette « petite affaire » sur un terrain politique. »

Qui ? Pas le Capitaine haddock, il le connaît et l’apprécie ! 

« Je penche plutôt pour des fadas du type WikiLeaks ou des mecs manipulés par un service secret quelconque, soit de notre propre pays, soit d’une puissance étrangère. Je ne sais pas. » 

Mais toi, tu existes. 

« Au moins autant que toi, mais je ne suis pas un trousseur de jupon. Je suis marié, j’ai des mômes qui vont à l’école, je paye mes traites comme je peux et je suis au chômage, alors tu sais, les âneries de l’autre con ! » ment-il. 

Qui t’as donné mon adresse mail. « Tu as fait état d’un ami commun ! Haddock ? » 

Non ! « Un commissaire de police qui m’aime bien et apprécie ta prose, je suppose, mais qui ne te connaît que de nom. Cherche !

Et comme j’ai un peu de temps pour te répondre, j’ai donc pris contact avec toi sur ses conseils… Je crois que lui aussi me prend pour « l’infréquentable ». Et il a pensé que nous avions des choses à nous dire entre romanciers ou un truc de ce genre. 

Mais bon, si tu as un boulot d’ingénieur agronome pour moi, ça m’arrangerait. » 

Non, lui c’est un « voileux », ex-banquier. 

Paul ne saura jamais si son mensonge a pris. 

 

Parce qu’entre-temps, un type d’EADS veut le voir, suite aux différents appels au secours à la recherche d’un boulot. Après tout, il s’était mis en disponibilité. D’autant qu’EADS, c’est bien pour lui, ça. Ce sont des avionneurs, des missiliers, des équipementiers. Un gros conglomérat dirigé par une flopée d’X, de mines, de centraliens et de sup-aéro, dans laquelle il avait fait un séjour après son retour à la vie civile et son équipée depuis Bora-Bora en voilier en 2005 [3]. Il n’y était pas resté longtemps, pour avoir été envoyé en audit à la MAPEA [4] où il était resté un peu plus de 5 ans. 

Un retour au bercail en perspective ? 

 

Le problème avec les « grosses » structures du type d’EADS, c’est qu’il y a des « sièges » un peu partout en Europe, sans compter ceux des filiales. 

Et leurs filiales sont nombreuses, à commencer par Airbus, d’abord un GIE avant que d’avoir été une société commerciale dès 2001. 

C’est d’ailleurs par cette « porte » d’entrée dans le groupe à Toulouse que Paul s’est retrouvé à l’effectif chez EADS-France en 2005. 

Directement au siège du boulevard Montmorency pour aller « auditer » un peu les comptes et projets d’Astrium, partenaire d’Eutelsat, mais aussi co-filiale de Thalès, avant de filer à Aubenas pour remettre un peu d’ordre dans l’activité de la MAPAE, sous-co-filiale et fournisseur de Safran et de SNPE, elle-même également co-filiale d’EADS via la CDC… 

On lui avait fait passer de multiples tests, divers entretiens avec parfois des « nabots du neurone », parfois avec des ingénieurs véritablement passionnés ou carrément géniaux et contagieux. 

Alors, devoir remplir une fiche basique devant une nana méprisante juchée sur haut-talons et nippée pour plus de 2.000 euros de « fringues et d’accessoires » dérisoires, qui vous liste son QCM à devoir répondre par oui ou par non, il y’a rien de tel pour le mettre en rogne ! 

Paul est en « disponibilité », ils le reprenaient tel quel ou ils iraient se faire voir. 

 

Mais alors quand il aurait fallu repasser le test-machine de personnalité avant de se tamponner celui sur le QI, d’une banalité désarmante l’un et l’autre, qu’il avait déjà passés, il craque. 

« Jolie Madame ! Vous savez que vous me faites hautement caguer avec vos âneries de potache boutonneuse ? Votre test, je le connais par-cœur pour lui avoir déjà cassé les compteurs. Regarder votre dossier ! » 

Elle ne veut pas en démordre : C’est la procédure, même pour rempiler. Et de toute façon, il n’est plus à l’effectif : Ses archives en attestent. 

Manquerait plus que ça, tiens ! 

« Vous voyez ce qu’on va faire : Vous allez rechercher dans la poussière de votre cave les dites archives, pour mettre à jour votre dossier et quand il sera complet, nous pourrons papoter utilement ! » 

Mais Monsieur, etc. 

Et pour mettre fin à l’entretien, Paul se lève et lance un : « Je ne cause pas avec des gens qui ne font pas leur travail correctement ! Ils font perdre un temps précieux à tout le monde », pour mieux justifier de s’en aller. 

Pas sûr que ce soit la meilleure façon de se faire réembaucher par le conglomérat. Ils n’allaient quand même pas le remettre en situation face à un « grand-jury » : Il a déjà donné dans le harcèlement-humiliant ! 

Exit une reprise : Décidément des macaques primitifs. Et elle, Barbara, pas mieux qu’une guenon, accorte tout de même, à l’esprit aussi court que sa jupe et que ses talons sont hauts. 

« Guenon » n’est pas tout à fait le terme idéal. En fait, de profil, elle ressemble un peu plus à cette actrice du « Grand Bleu » jouant le rôle de « Johanna », alias Rosanna Arquette, croit se souvenir Paul après s’en être fait la réflexion : Un bas du visage un peu avancé par rapport au front, un nez en trompette, qui lui donne plutôt l’air d’un grand singe. 

De face, ça va : « Acceptable », mais dans d’autres circonstances. 

 

C’est à cette occasion qu’il file à Caen passer à l’improviste faire la fin de journée chez Jean-Luc. Le bonhomme est en plein… « tournage » quand il passe la porte. L’occasion de se rincer l’œil. 

Marrant comme les « hardeurs » sont assez moches et « petits », une fois le maquillage et les « accessoires » ôtés, de ceux qui font illusion parfaite sur les appendices sexuels du titulaire. Surtout les « hardeuses » : On ne se retournerait même pas sur leur passage dans la rue ! 

Et pourtant, la petite planète du « porno » sexe tourne autour de « ses héros » et de quelques volontaires anonymes qui, moyennant quelques picaillons, se butinent le fion sans conviction sous les « sunlights » et quelques caméras numériques : Des images à retoucher pour les rendre plus « performantes ». 

« Et ça se vend toujours, ce genre de choses ? » 

Et oui, et oui… 

Paul apprend qu’avec une séance de prises de vue d’une matinée et une cinquantaine de séquences, il décline ainsi une trentaine de format « 5 minutes », deux ou trois formats de « 20 minutes » et parfois un long métrage de « 52 minutes ». 

« Il suffit de changer l’arrière-plan, de mélanger un peu les scènes, ou de mixer avec d’autres prises de vue antérieures ou à faire. Avec un bon ordinateur, c’est une journée de boulot. Ça ne coûte pas très cher et ça se vend encore moins cher, mais tout de même pour une bonne centaine de boîtes payantes qui diffusent sur internet et se payent en abonnements ! Du bon business, même si la concurrence est rude ! » 

Bref, il en vit depuis la disparition du « Newvox », où il faisait de vrais scénarios avec des images volées de coïts plus délirants les uns que les autres : Faut dire qu’il avait une faune particulièrement bigarrée sous l’objectif, à cette époque-là ! 

En bref, il dépense 500 à 1.000 euros et en récolte 5 à 10 fois plus dans les semaines qui suivent : «Deux séances par semaine, c’est largement suffisant. Je passe mon temps restant à filmer des décors et gérer les chèques et les virements ! 

Et toi, qu’est-ce que tu deviens, le « petit-génie » ? » 

Il cherche du boulot. Jean-Luc lui fait alors une fleur à 100 euros la journée, s’il est capable de bander sans discontinuer, il le prend. 

« Simplement, il me faut un certificat de moins de trois mois de séronégativité ! » 

Comique, ça vaut combien entre l’ordonnance du toubib et l’analyse en labo ? Au moins la moitié. Il ira loin avec deux séances par semaine maximum : 400 euros/mois à tout casser. 

« Et pas de détection des MST ? » 

Pour les filles seulement. « Mes hardeurs sont tous dotés d’orthèses qui rallongent leur pénis. Ça s’enfile comme d’un préservatif, mais un préservatif qui est troué : Il faut que leur jus s’extraie quand même devant l’œil de la caméra, sans ça on utilise du blanc d’œuf cru. C’est en mousse, silicone et latex et l’illusion est parfaite ! » … Après retouches. 

Intéressant, ça. Et on n’en trouve dans le commerce ? 

« Non. Ça vient des USA. » 

Mais, mais… « J’ai un problème avec une femme qui a une « cheminée » démesurée et dont son mec n’arrive pas à l’engrosser parce que sa bite est nettement trop courte. Tu crois que ça peut les aider à avoir un gamin ? » 

Oui, à condition que le monsieur prolonge le coït et que la dame reste les fesses en l’air. 

« Justement, elle n’aime pas ! »

Alors, elle prend la position de la levrette-pointue, « mais très cambrée, tout le temps et même au-delà. Et il faut que lui soit au-dessus et qu’il gicle de haut en bas ! » 

Intéressant, ça aussi ! « Parce que tu en as besoin pour ta moitié. Je ne me souviens pas que tu fusses si mal doté que ça par la nature. » 

« Tu es gentil, mais il ne s’agit pas de moi. Par ailleurs, on ne me paye pas pour coucher ni encore moins pour engrosser ! » 

Très bien, très bien : « Pas de problème si tu me fais ça à l’œil ! Je te ferais une exception à mes principes… » 

Il en a encore ? 

En revanche, il est preneur de bons scénarios : 1.000 à la commande après remise d’un synopsis retenu à valoir sur les 10 % des recettes, après. 

Rapide calcul : Si une journée lui coûte 1.000 pour en gagner 10 fois plus, plus tard, 10 % de 10.000, il n’est jamais perdant du « plus après » ! 

 

Paul lui parle de ses deux histoires vécues par procuration : Celle du violeur en série jamais identifié et celle de la maîtresse qui fait tuer son mari par son amant pour toucher l’assurance-vie et qui lui est toujours actuellement en prison pendant qu’elle en a vraisemblablement mis le grappin sur un détenteur d’usines. On pourrait en rajouter une à inventer, celle du type qui paye les amants de sa femme pour qu’elle tombe enceinte parce qu’il est impuissant. Et comme c’est un personnage public, il les fait assassiner par ses services secrets pour que le secret ne soit jamais éventé. 

La première lui convient bien. Mais ni la seconde : « Bien trop classique et pas assez de cul ! ». Ni la dernière : Trop invraisemblable… 

S’il savait, enfin, passons ! 

Paul y réfléchira, si vraiment il a le temps et a besoin d’argent. Pour le moment, il a autre chose en tête. 

« Voilà ce à quoi je pense : Est-ce que tu as toujours ces mini-caméras à dissimuler dans une chambre d’hôtel ? » 

Il a nettement mieux en plus petit et en pagaille. « Mais je ne les utilise plus, les optiques sont de qualité très moyennes. Tu veux en faire quoi ? » 

Pour le moment, il ne sait pas. 

« Ça vaut combien ? » 

Pour 500 euros, Paul repart avec une dizaine de ces « mini-puces-optiques » et le DVD du logiciel qui gère tout ça sous Mac-OS, avec même une application « iPhone » et deux orthèse en silicone. 

Faudra qu’il essaye avec Miho, quand Mylène aura trouvé un point de chute hors ses murs. 

 

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[1] Cf. L’épisode des enquêtes de Charlotte : « Au nom du père » ; Chapitre XI, Tome I, publié aux éditions I-Cube. 

 

[2] Cf. L’épisode des enquêtes de Charlotte : Chapitre XVI « Opération Juliette-Siéra », publiée aux éditions I-Cube. 

 

[3] Cf. L’épisode des enquêtes de Charlotte : « Au nom du père », Chapitre XVI Tome I, publié aux éditions I-Cube.

 

[4] Cf. L’épisode des enquêtes de Charlotte : « Ardéchoise, cœur fidèle », à paraître aux éditions I-Cube. 

 

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